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 I guess I'm an underwater thing [PV Sancho]

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MessageSujet: I guess I'm an underwater thing [PV Sancho]   Lun 25 Sep - 20:15

Il lui aurait suffi de suggérer un test. Stannis descendrait au fond, confiant, et il suffirait de plonger le bout du tube respiratoire sous la surface. Loin dans les profondeurs, invisible et silencieux, Stannis mourrait. Mais ce serait lâche. Il fallait que Tariq ait les deux mains plongées dans son acte, qu’il plonge son regard dans celui de sa proie, qu’il soit rouge de sang jusqu’aux coudes. Sans ça, plus rien ne lui appartenait.

Blue avait tout porté : son courage, sa capacité de concentration, sa force, son sang-froid, sa mémoire… toutes ses qualités ; son instinct protecteur, dirigé sur le pauvre Tariq, mutique, inadapté, gauche, terriblement faible face au poids écrasant du monde, et que personne ne prenait au sérieux, qui ne manquerait à personne s’il disparaissait. Maintenant, sans ce protecteur, il ne restait plus que le gamin solitaire qui traînait ses guêtres au fond de la cour pour éviter d’attirer l’attention, terrifié par la douleur hypertrophiée que déclenchaient dans son système nerveux les moindres interactions humaines. Il ne restait qu’un faible. De quoi ce faible était-il encore capable ? Telle était la question. Tuer ? Survivre ? Etre, ou ne pas être.

Il ramassa une pierre dans son poing, au hasard, et serra sa main sur cette surface solide, millénaire et rassurante, froide malgré le soleil. Stannis dut percevoir quelque chose dans sa voix, une faille dans son vernis de sympathie apaisée. Son regard se fit méfiant et il fit mine de reculer. Tariq le retint et leva le bras pour frapper un premier coup, le coup décisif. Il lui fallut plusieurs secondes avant de parvenir à s’y résoudre. L’acte lui semblait extraordinairement difficile ; il n’avait jamais été seul au moment de le faire, il s’était toujours senti possédé, presque passif, un simple observateur amusé. Là, soudain, il ressentait tout, de cette manière exacerbée qui l’avait rendu fou autrefois : chaque caresse de l’air était un coup de fouet, chaque son était une épingle enfoncée dans son tympan, chaque crissement du sable sous ses pieds agressait son système sensoriel tout entier. Il avait envie de hurler, comme si c’était Stannis qui l’attaquait.

Brièvement, il analysa cette déconstruction totale. Etait-ce ce qu’il avait ressenti à chaque fois qu’il avait tué ? Etait-ce cette panique que lui cachaient les black-out orchestrés par la présence souveraine de Blue ? C’était une pensée vertigineuse, qu’il laissa fuir comme elle était venue.

Pendant les plusieurs secondes qu’il lui fallut pour passer en mode défensif, sa victime, brillant intellectuel échoué dans cette vile enveloppe de naufragé, avait bien compris ce qui l’attendait, même si les raisons n’en étaient pas claires pour lui et ne le seraient jamais, dût-il survivre mille ans.
Stannis se mit à se débattre frénétiquement en poussant des cris dans sa langue maternelle, à mi-chemin entre insultes et supplications.

Un quart d’heure plus tard, la lumière avait changé.
Il faisait un temps magnifique, parfait pour une baignade. Tariq n’arrivait pas à s’arrêter de trembler. L’effort physique qu’il venait de fournir l’avait épuisé. Mais il y était arrivé, et il se sentait déjà un peu mieux. Il ne savait pas encore comment interpréter ce succès, il se laisserait le temps pour cela ; il essayait juste de s’interdire une chose, le réflexe encore bien présent qui lui ordonnait de fixer les flots, et d’attendre que Blue en surgisse pour lui dire que ce n’était qu’une mauvaise blague, qu’il ne l’abandonnerait jamais. Chaque seconde qui passait depuis sa disparition était un véritable électrochoc nerveux, celui de la prolongation de sa solitude. Cela durerait jusqu’à ce qu’il s’y habitue, comme à une crampe lancinante.

Oui, il était temps de tester son masque de plongée. Il lui appartenait légitimement, à présent, puisqu’il venait de tuer pour l’obtenir. Et Tariq ne pouvait pas rester sans rien faire ni rien planifier. La reprise de son emploi du temps concret l’aiderait à se restructurer sur des bases positives. Après avoir couvert de sable le cadavre déchiqueté, il fixa sur son propre visage l’assemblage hermétique de débris étanches récoltés au long des plages voisines. Une plaque de plastique translucide courbée autour de ses yeux les laissait apercevoir. Le reste du casque lui enserrait la tête aussi étroitement que celui d’un scaphandrier, ou que le turban d’un bédouin face à une tempête de sable. Un long tube, qu’il roula autour de ses épaules pour le transporter, le relierait à l’air libre pour le temps de sa plongée.

Il disparut dans l’eau, sous le couvert des palmes qui pendaient dans les flots clairs, et s’éloigna de la plage pour se rapprocher du site de l’épave. Il demeurait au maximum sous la surface, mais les environs proches semblaient bel et bien déserts. Peut-être avait-il rêvé toutes ces présences qui l’environnaient depuis le début. Avait-il rêvé Blue ? Ou était-il la seule présence réelle ? Alors qu’il chargeait de pierres la ceinture de lest qu’il avait accrochée à ses hanches, une envie morbide l’envahit : celle de ne plus remonter vers la surface, de se perdre dans tout ce bleu apaisant qui le berçait. Il fixa l’extrémité du tube respiratoire à un rocher, et plongea pour de bon. Plus la pression augmentait, plus il se sentait chez lui. Les bulles qui s’envolaient en guirlandes transparentes de ses vêtements en lambeaux semblaient se détacher de son corps pour regagner un autre monde. Des poissons d’argent s’enfuirent alors qu’il se laissait couler parmi eux, entraîné par le poids du lest. Il finit par toucher le fond. Le sable se souleva légèrement sous ses pieds. Tout se mouvait au ralenti. Il était sur une autre planète.
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