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 What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]

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MessageSujet: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Jeu 10 Aoû - 21:02

Réveillé à l’aube, Tariq avait fait le tour de ses caches pour s’assurer que personne ne les avait stupidement pillées. Mais les autres n’en étaient pas encore à développer ce type d’instincts. Il revenait de l’endroit où il avait mis à sécher le papier glané sur la plage. Bientôt, ces braves gens seraient bien contents de sa tendance – comment avaient-ils appelé ça, déjà ? Maniaco-compulsif ? - à ramasser tout ce qui flottait et à le classer dans des caches différentes. Le fait d’avoir eu raison ne lui apporterait aucune satisfaction particulière ; il le savait très bien.

Tout en marchant, il se posait une question existencielle : est-ce qu’un homme attaqué par un fauve crie de la même façon s’il y a des gens autour pour l’aider, ou s’il est complètement seul sur une île déserte ? Est-ce que la qualité de sa voix est en rapport avec les personnes qui sont effectivement autour de lui, ou avec les personnes qu’il imagine et espère voir surgir autour de lui ? Il penchait plutôt pour la deuxième solution. En fait, il se disait qu’il pouvait certainement diviser l’humanité en deux en fonction de cette tendance. Mais il devait bien s’avouer qu’il n’avait rencontré, au fil de ses crimes, que des gens qui criaient comme si on allait les aider, même s’il leur avait soigneusement démontré que ça n’arriverait pas.

Il avait envie de s’amuser avec les compagnons d’aventure que le destin lui avait attribués. Il y avait forcément, chez chacun d’entre eux, quelque chose d’amusant. Il suffisait de trouver ce que c’était pour chaque personne. Pour Ray, il savait : l’alcool et l’amnésie. Il apprendrait à les connaître de mieux en mieux, les uns et les autres, et il plaquerait sur chacun l’étiquette d’un petit jeu. Mais d’abord l’îlot où ils se trouvaient. C’était son meilleur ami pour l’instant, après tout, quoique Tariq ait toujours été profondément imperméable au sentiment de patriotisme. Il songea que ce sentiment était probablement lié à celui de culpabilité d’une façon ou d’une autre, et c’était, comme on dit vulgairement, une case qui lui manquait.

L’environnement ici ne correspondait pas à ce qu’il connaissait en Australie. C’était plus diversifié, surtout au niveau des plantes et des insectes. Il trouvait ça très étrange ; il y avait sans doute, pas très loin, d’autres îles plus vastes, ou même un continent, dont les spores, graines et autres petites créatures pouvaient voyager, portées par le vent lors des tempêtes. C’était difficile à croire d’après le plan de route, mais ils avaient dû dériver beaucoup plus qu’ils ne s’en étaient aperçus. C’était la seule explication rationnelle qu’il trouvait. En tout cas, il s’arrêta soudain pour considérer un bouquet d’arbres aux troncs gris, où s’accrochait une liane qu’il reconnaissait. Il sourit, cueillit une feuille en forme de coeur, puis commença à suivre la ligne maigrichonne du bout des doigts, comme une veine, en quête du coeur : l’endroit où elle s’enfoncerait sous terre.

Voilà encore quelque chose qu’il pourrait faire sécher, et les autres se demanderaient pourquoi : puisque ça ne se mangeait pas… Mais ils comprendraient, bien assez tôt. Sur certains, cela pourrait même lui donner un pouvoir intéressant. Sur Ray, s’il parvenait à le convertir. Ce ne serait pas un remplacement légitime à ce qui lui manquait, mais ce serait un substitut. Alors qu’il creusait patiemment le sol pour atteindre la racine des lianes, il perçut des voix non loin de lui. Deux personnes qui bavardaient. Il s’interrompit quelques secondes, puis reprit sa tâche. Là où il se trouvait, au sol, ils ne pouvaient pas le voir ; et ils ne l’entendaient certainement pas creuser. Ils étaient occupés de leur côté, et faisaient du bruit.

C’était sympathique d’espionner leur activité tout en travaillant, comme s’il avait laissé tourner la télévision en fond. Il connaissait l’une des deux personnes, l’autre a priori non. Mais il est vrai qu’il n’avait pas mémorisé l’intégralité des occupants du Pacific Queen. Tandis qu’il commençait à deviner le manège de l’inconnu, il sourit en se souvenant que quelqu’un, la veille, avait ramené des noix de coco ; c’était parfait, quand il aura séché et écrasé la racine en poudre, il pourrait même doser le mélange… Un choc sourd retentit, un cri étouffé, et quand il jeta un rapide coup d’oeil, l’inconnu avait filé, laissant la rouquine méfiante sur le carreau. Il attendit encore quelques secondes : et puis, la racine du poivrier n’était pas facile à extraire. Elle pesait bien ses dix kilos. Il la posa sur le sol et inspira profondément, s’essuya le front, puis déroula ses manches qu’il avait roulées pour l’exercice, posément.

D’un pas tranquille, il se dirigea vers la rouquine inconsciente. Il avait suivi leur échange et ne doutait pas que l’inconnu avait volé tout leur butin pour sa consommation personnelle. Mais en arrivant au niveau du corps, sa haute taille dressée pour distinguer tout mouvement inquiétant aux environs, prêt à traiter l’éventuelle menace comme il se doit si elle réapparaissait, il réalisa qu’une seule boîte de médicaments était demeurée à terre. Juste à côté de la main de l’évanouie ; ça n’avait pas l’air d’un accident, presque d’un cadeau d’adieu. Il n’en était plus à s’étonner des bizarreries de l’âme humaine, depuis longtemps ; frapper quelqu’un à la tête, lui arracher un précieux matériel de subsistance, dans une situation générale de vie ou de mort, et cependant avoir un petit geste humain en partant, n’était finalement pas si étrange.

Il s’assit auprès du corps inanimé et regarda la mer. Il faisait cela souvent, depuis le naufrage, lui qui n’y avait pas prêté attention de toute la croisière. Peut-être parce que ce vaste miroir lumineux était désormais le tombeau de sa femme, et de sa vie telle qu’il l’avait toujours connue ? Un fauve qui venait de le dévorer, lui aussi, et auquel il n’avait envie de dire qu’une chose : un immense merci.

La boîte sembla sauter d’elle-même dans sa main, puis dans sa poche. Avec cette gamine aussi, il pouvait maintenant jouer. D’ailleurs, elle semblait se réveiller lentement, ses paupières agitées de frissons, puis ouvertes sur un regard brumeux. Il se tourna rapidement vers elle et fit mine d’examiner sa tête.

« Tout va bien ? Qu’est-ce qui vous est arrivé, une insolation ? Ne bougez pas : on dirait que vous vous êtes cognée en tombant. »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Dim 20 Aoû - 23:45



Tariq & Grisha  @Bizarre



Au loin quelqu'un utilisait certainement une foreuse, vu le vrombissement qui raisonnait à ses ouïes. Elle soupira légèrement dépitée car elle eut souhaité dormir beaucoup plus. En effet son travail de serveuse sur le bateau-croisière ne se révélait pas de tout repos. A la ville on pouvait retourner chez soi, se détendre, oublier tous les idiots alcooliques qui squattaient le bar en racontant des inepties incompréhensibles. Ici impossible de se cacher ou que ce soit, sauf dans sa cabine, mais il se trouvait toujours quelqu'un au-dessus de vous qui toquait à votre porte pour vous ordonner de retourner servir des passagers tardifs, nocturnes et imbibés. Cependant Grisha elle refusait de se laisser battre par un simple outil ... D'ailleurs pourquoi quelqu'un utilisait-il une telle chose ? Elle tenta de se relever sur son lit afin de mieux écouter, pour se rendre compte qu'en réalité le son provenait de sa propre caboche. Et qu'il s'agissait d’une douleur sourde. Une migraine ? Un mauvais rêve ? Ah oui un affreux cauchemar ou le navire chavirait entraînant tout le monde dans la noyade. Tout ça se terminant par une scène apocalyptique ou tous se retrouvaient sur une plage appartenant à une île perdue au milieu de la mer. Ouf il ne faudrait plus qu'elle mange aussi tard, ça lui procurait toujours un très mauvais sommeil. Elle porta doucement sa main à son front pour apaiser la douleur et y rencontra une certaine humidité ... Mais aussi quelque chose de rugueux se sauvant sous ses doigts, des grains de sable !

Ses paupières frémirent un peu avant de se soulever pour entrevoir un ciel qui s'azurait doucement alors que le soleil commençait à montrer sa bobine, amenant une légère clarté à la scène. En réalité la rousse savait qu'aucune preuve ne se révélait nécessaire pour qu'elle retourne dans ce qu'elle prit quelques instants pour une fausse certitude. De toute évidence son corps ne reposait pas sur un matelas ou le plancher d'un cargo. Doucement elle se redressa pour se retrouver en position assisse alors qu'une ombre attirait son attention. Elle tourna la tête pour apercevoir cette silhouette à contre-jour qui s'adressait à elle. Une impression à la fois floconneuse mais aussi dramatique l'imprégnait. Des petits bouts d'images surnageant dans son cerveau s'assemblaient comme un puzzle avant de la replacer au cœur de son histoire  « Je ne sais pas .... Je ne sais pas  » Commença-t-elle par répondre aux interrogations de l'homme, encore un peu égarée à la sortie de son semi-comas. Pourquoi se trouvait-elle ici ?  Et lui avec elle ? D’un geste mu par l'inconscience elle toucha sa ceinture pour vérifier si son sac s'y trouvait toujours, et ne rencontra que de vide. Une soudaine panique effleura son visage envahissant ses prunelles. Maintenant elle se rappelait, il y avait eu cet inconnu « Il y avait un homme ici, vous ... vous ne l'avez pas vu ? Il était parti rechercher les valises ... On les a ouvertes ensemble, il ... il m'a assommé » Termina-t-elle légèrement bégayante.

Il lui sembla alors que tout ce qui sortait de sa bouche ressemblait à un conte un peu surnaturel. Pourquoi qui que ce soit eu pu agir de la sorte ? D'ailleurs en la cognant le malotru avait rouvert la blessure de son front, voilà l'explication de l'humidité qui maintenant parcourait sa joue. Elle s'essuya vivement, légèrement énervée, mais surtout anxieuse reportant son attention sur celui qui se trouvait à ses côtés. Elle le remettait désormais, l'homme étrange, trop serviable et qui ramassait les cadavres. Cela l'empêchait-il de dormir au point qu'il se promenait au petit matin sur la plage « Vous ne saviez pas dormir non plus ? » Interrogea-t-elle légèrement suspicieuse. Néanmoins elle lui était reconnaissante de lui venir en aide « J'avais déjà une blessure due au naufrage, je crois bien qu'il a frappé dessus et que c'est ce qui vous fait penser que je me suis cognée en tombant. Quoi que ce soit possible aussi. Je n’ai pas de miroir pour vérifier... Vous ne sauriez pas regarder si il y un sac aux alentours ? » En dehors de toutes ces valises défoncées ou balafrées que son interlocuteur n'avait pas du manquer de remarquer. A moins qu'il ne crut que ce ne fut que le résultat du flux et du ressac qui rapportaient quelques débris de la catastrophe. Elle se rappelait bien de celui qui lui suggérait de ne pas bouger, et bien qu'elle en eut très envie, la terre tournait encore bien trop autour d'elle pour que la rousse s'y risqua pour le moment.

Malgré tout elle ne put s'empêcher de fouiller le sol d'or qui l'entourait, elle creusa même à l'endroit précis où son corps percuta le sable. Que sous le choc il ne se fut enfoncé dans cette terre meuble, un peu illusoire bien sur, mais elle ne résolvait pas à croire que cet homme si sympathique eut pu faire un tel geste. Elle rechignait un peu à demander de l'aide à l'autre dont elle ignorait le prénom, mais Grisha ne détectait pas d'autre portes de sorties, surtout que ça concernait un point crucial pour elle. « Il m'a dit s'appeler Ace  » Expliqua-t-elle encore un peu rétive « Vous ne voyez pas qui c'est ? Enfin ça m'étonnerait qu'il nous attende bien tranquillement la bas maintenant ... Il doit se cacher » Elle espérait bien que le ramasseur de cadavres ne mettrait pas sa parole en doute. Et bien qu'elle eut été la première à proposer que des insulaires se cachaient derrière les arbres à les observer, lors de sa petite expédition avec d'autres naufragés pour trouver de l'eau. La rousse n'imaginait pas une seule seconde que d'autres rescapés parcouraient cet endroit. « C'est que dans mon sac il s'y trouvait des médicaments assez importants pour moi, je dois absolument les retrouver. En plus je conservais quelques antidouleurs pour les malades » Bien qu'elle en eut volontiers avalé un juste maintenant, car la blessure de sa jambe, plus importante que l'égratignure sur le cuir chevelu se faisait à nouveau ressentir cruellement...
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Lun 21 Aoû - 1:21

Tariq secoua la tête. Il n’avait aucune idée de qui pouvait être « Ace », et c’était de toute évidence le surnom évasif donné par quelqu’un qui ne voulait pas qu’on l’identifie. Un as en effet, à sa façon. Il se sentait soudain très intéressé par une rencontre en tête à tête avec ce mystérieux individu ; ils auraient eu des choses à se dire. Il ne savait pas encore s’il aurait aimé le tuer ou faire alliance avec lui, mais l’un n’empêchait certainement pas l’autre et un mélange des deux serait très excitant.

Pour l’heure, il était face à face avec une perspective de divertissement moins épicé, mais plus durable. La patience qu’il faudrait déployer avait son charme également, qui valait bien celui de l’action. Il posa la main sur l’épaule de la demoiselle, dans un geste rassurant, avant de se lancer dans l’examen de la plaie qui avait mauvaise mine.

« N’ayez pas peur. Restez calme. Vous êtes en vie, c’est ce qui compte. Cet homme sera bien obligé de revenir dans le groupe, on l’interrogera à ce moment-là. »

Avec un sourire triste, il haussa les épaules et poursuivit d’une voix douce, comme s’il se perdait dans les souvenirs récents et pourtant inaccessibles d’une vie qui lui avait été brutalement arrachée :

« Il n’y a plus de police, ici. On n’a plus de moyen de pression sur les individus mal intentionnés. Il faut rester groupés. Dire que c’était mon métier de gérer la sécurité à bord… Je me retrouve à gérer les agressions après la bataille. Et encore, je suis passé ici complètement par hasard. »

Elle était curieuse des raisons de sa présence ; après tout, la pauvre venait de tomber sur un malfrat, c’était bien naturel. Il pouvait tout à fait lui aussi prendre l’avantage sur elle, physiquement, et elle n’avait pas plus de raison de se fier à lui qu’à l’autre. Mais il ne pensait pas intéressant de lui détailler son emploi du temps réel. Il fallait la rassurer, pas lui donner prise sur ses activités. Il balaya donc ce sujet d’un air presque négligent. Allons, la blessure de mademoiselle était bien plus préoccupante...

« L’habitude de se lever tôt pour la première ronde. Pourquoi pas, après tout ? Au cas où un bateau passe à l’horizon, autant qu’il y ait toujours quelqu’un de réveillé. »

Il ne savait même pas comment il réagirait s’il voyait effectivement un bateau sur l’horizon. Essaierait-il de le cacher ? Après tout, un sauvetage ne serait jamais qu’une péripétie de plus ; il n’avait rien contre. Il était cependant soudain conscient que plus il se permettrait de petites folies, plus l’addition serait lourde à payer en cas de retour à la civilisation. Cela ne le mettait guère en joie. Mais c’était une contrainte qu’il faudrait garder à l’esprit.

« Concernant les antidouleurs… J’ai peut-être trouvé un substitut dans la clairière, une plante ; une sorte de poivrier. Ce ne sera pas prêt tout de suite et il faudra faire des tests, bien sûr, mais… s’il y a un jour des opérations à pratiquer... »

Il haussa les épaules et reporta son regard sur l’horizon. Oh oui, voilà qui l’intéresserait. Une opération avec les moyens du bord. Il avait jeté un œil à l’état des blessés plus tôt, mais personne ne requérait d’amputation pour le moment ; on pouvait toujours espérer qu’une grave infection se déclare, cela dit. La jeune femme avait l’air beaucoup trop innocente pour connaître les bars à kava du Pacifique, mais il pouvait se tromper ; il n’avait pas forcément envie de lui dévoiler son trésor avec précision pour le moment. Ce n’était pas une alliée, c’était un cobaye.

Tiens, il n’avait pas entendu parler d’une personne diabétique parmi le groupe, à la réflexion. Il fit une petite moue, qui aurait pu être attribuée à ses inquiétudes pour l’état de santé de sa « nouvelle amie ». Elle n’avait rien de grave, elle avait déjà repris ses esprits. Il suffisait de l’escorter jusqu’au campement, de lui donner à boire… Pour cela, il y avait une solution toute proche. Un veloutier qui avait recueilli la rosée dans le creux de ses larges feuilles. Avec des gestes délicats, il cueillit l’une de ces feuilles et l’enveloppa dans ses mains ramenées en coupe l’une contre l’autre, pour la présenter à la blessée comme un calice.

Ils n’avaient pas vraiment l’opportunité de se montrer difficiles. Et mieux valait ne pas penser aux insectes qui avaient peut-être eu le temps de pondre leurs larves dans cette eau, entre les heures bleues et l’aube.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Jeu 24 Aoû - 1:27



Tariq & Grisha  @Bizarre



La voix douce et suave de l'homme lui faisait l'effet d'un somnifère, un peu comme si ça la poussait à se recoucher afin de se reposer et retourner dans des beaux rêves, loin de ce cauchemar. Qui sait si cette fois elle ne se réveillerait pas vraiment sur une mer douce, prête à se rendre dans le bar pour y prendre son travail. Autant eut-elle voulu y croire qu'elle ne pouvait plus fuir la réalité qui l'envahissait depuis un moment déjà. Dubitative sur le fait que le voleur se montra après son forfait elle suggéra à son interlocuteur « Vous croyez ? S'il s'est enfoncé dans la jungle il y trouvera peut-être la mort. Sinon il doit avoir récupéré assez de vivres pour se cacher, ne pas avoir à partager et resurgir à la dernière minute quand les secours arriveront » En tout cas si elle avait créé un tel personnage, voilà comment elle l'eu fait agir. La rousse jeta à nouveau un regard furtif, et surtout soupçonneux en direction des arbres, certainement ils cachaient des secrets, et non elle ne désirait pas les apprendre trop vite. Quant à sa blessure, elle cicatriserait à nouveau, mais elle accepta tacitement de ne pas se relever directement? le temps que sa tête cesse de bourdonner comme si un essaim de guêpes tournoyait autour de sa personne. D'ailleurs elle vérifia malgré tout en se retournant à plusieurs reprises, dans le cas où ... Autant éviter une mauvaise surprise de plus.

Les paroles qui suivirent la forcèrent à poser son regard avec beaucoup plus d'attention sur l'homme. Jusqu'à présent, Grisha restait assez distraite, n'apportant pas une immense importance à resituer les gens lors de ses derniers événements. Se concentrant sur ses propres problèmes, notamment celui très personnel de la chirurgie qui lui restait à subir, très compromise si elle se retrouvait coincée en ses lieux. Malgré tout apaisée par la perspective de posséder une médication essentielle pour les mois à venir elle ne se montra que fort peu soupçonneuse. Même si celui-là, qui retenait à nouveau son attention, l'intrigua quelques instants. « Oh ça c'est vraiment très bizarre, je suis ... enfin j'étais engagés comme serveuse sur la croisière et je ne vous ais jamais croisé du côté du personnel ...  » Commenta-t-elle sans pousser plus avant - du moins tout haut - sa réflexion. Pouvait-il être de mèche avec l'autre, et rester sur place pour s'assurer qu'elle ne les trahirait pas, ou pire pour l'achever ? Elle éternua brusquement car plusieurs grains de sable venaient de s'infiltrer dans son nez. L'écrivaine décida de modérer un peu ses ardeurs. Bien que les circonstances y ressembla, en réalité elle ne se trouvait pas dans une fiction, projetée dans un de ses romans « Quelqu'un de réveillé  » Répéta-t-elle néanmoins, reprise par son écholalie, pendant que ses effarantes déductions la troublait plus que la rousse ne le souhaitait.

« Ah c'est une bonne idée pour les bateau à l'horizon, personne n'y a pensé je crois, on était trop épuisés, et puis faudrait qu'il nous remarque genre ... Est-ce qu'on a seulement des fusées de détresse » D'autres avaient pu s'en préoccuper,  plus vifs et aptes à se rendre compte de la problématique présente, alors qu'elle même se contenta de se protéger dans une bulle , imbibée de l'espoir que des sauveteurs viendraient la percer rapidement. « Opérations à pratiquer ...  » Comme cela se révélait ennuyeux parfois cette manie de répéter bêtement la fin des phrases de ceux qui parlaient non loin d'elle. Elle tenta une dissimulation rapide, mais cela se répéterait fatidiquement dès que le stresse ou l'inquiétude s'emparerait de la rousse « Oui je devrais subir une opération un de ces jours, assez importante pour moi mais rien de vital ... et puis je doute qu'on trouve le matériel nécessaire par ici pour le faire » Et surtout ça s'annonçait préférable pour elle qu'elle ne s'enfonça pas dans ce sujet en particulier « Des antidouleurs ? Une plante ? J’espère que nous serons partis bien avant de devoir ... Mais il faudra me montrer cette plante » Termina-t-elle tout en continuant à creuser nerveusement la terre dans le but de retrouver ses boîtes miraculeuses.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Jeu 24 Aoû - 9:44

Elle était terrifiée. Pauvre petit agneau tremblant, qui sursautait et observait les environs sans cesse. Elle ne demandait qu’à lui faire confiance, mais c’était difficile ; il fallait qu’il l’aide un peu. Après l’avoir écoutée calmement, immobile et attentif, Tariq lui prit les mains pour tenter de la calmer. Il s’était contenté de secouer la tête avec un triste sourire quand elle avait parlé d’être secourus rapidement, ou de lancer des fusées de détresse ; elle n’avait pas encore intégré dans quelle situation ils se trouvaient, ou peut-être se figurait-elle que l’océan comportait des autoroutes bien visibles, et qu’ils étaient simplement tombés dans le fossé, à deux pas de la circulation générale… Mais il n’était pas temps de la faire paniquer encore davantage. Un autre jour, peut-être.

« Vous ne trouverez plus rien ici, qu’à vous casser un ongle. Mais s’il s’est vraiment autant chargé, il a pu laisser tomber quelques boîtes à terre dans sa fuite. Ecoutez, j’ai pratiqué la chasse » - c’était un joli euphémisme - « je pourrais peut-être suivre sa piste. Il n’a pas dû prendre le temps de couvrir ses traces. Je ne compte pas lui mettre la main dessus, ça serait dangereux pour nous trois, mais je vois bien qu’une petite découverte vous apaiserait. »

Il se mit à examiner le sol autour d’eux, dessina du bout du doigt une ligne dans la terre sur une piste qui semblait s’éloigner, puis sur une autre : la première était la sienne, la seconde celle de Grisha, il l’établit en regardant ses pieds. Comme pour s’excuser de ces manières taciturnes, il lança :

« Je suis Australien. Et vous ? J’étais à la sécurité, assez discret, j’intervenais quand les choses tournaient mal… C’est peut-être pour ça qu’on ne s’est pas croisés. Mais si vous étiez serveuse, vous avez dû fréquenter pas mal l’ami Archer. »

Cette fois, il sourit sans avoir à se forcer. Le genre de sourire qui en disait long, comme l’emploi du mot « ami ». Ce bonhomme lui avait donné du fil à retordre, c’était clair. Il était passé plus près du mot « ennemi », à plus d’une occasion. Mais avec le recul, Tariq semblait quelque part content d’avoir eu cette interaction mouvementée. Il se disait que c’était une réaction normale après un naufrage, et qu’il pouvait la montrer : la jeune femme ne serait pas spécialement choquée de réaliser qu’ici, sur l’île, c’était sans rancune, quoi qu’il soit arrivé auparavant. Ça ne dénotait pas d’un système moral dénaturé… si ? Il lui jeta tout de même un coup d’oeil prudent, pour voir comment elle réagissait.

Cette fille était en attente d’une intervention chirurgicale. Comme elle en parlait, ça n’était pas une ablation de l’appendice, mais il ne s’agissait pas non plus de se faire refaire le nez ou autre fantaisie. Tôt ou tard, au fil des mois qui passeraient, elle n’aurait plus le choix. Tariq adorait cette idée. Il était déjà passionné par cette affaire. Il ne fallait pas qu’il la perde en lui faisant peur ; il fallait qu’elle le considère comme son meilleur ami. Si elle s’était risquée ici seule, c’est qu’elle n’avait pas beaucoup d’autres connaissances avec qui se regrouper physiquement – ou qu’elle agissait encore comme au temps où les gens qui s’apportent un soutien mutuel peuvent rester en contact par téléphone et par Skype. C’était possible également. Mais il avait une vague idée de la façon dont il allait pouvoir se l’attacher tout spécialement.

Il se mit finalement à marcher, assez lentement, sur des traces presque indiscernables, en se penchant pour ramasser tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un médicament tombé à terre – caillou, coquille… et dès que la jeune femme se détourna pour observer elle aussi quelque chose, il sortit de sa poche la boîte qu’il y avait cachée. Il l’ouvrit immédiatement pour en inspecter le contenu. Plus besoin de se cacher maintenant : c’était ce qu’aurait fait n’importe qui à sa place.

« Ah, je crois que j’ai trouvé quelque chose ! Désolé, ce ne sont pas des antidouleurs. »

A quel point un pauvre garde comme lui était-il censé s'y connaître en biologie humaine ? Pas beaucoup plus que dans les œuvres de Shakespeare, songea-t-il sombrement, résolu à jouer les imbéciles encore un temps.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Sam 26 Aoû - 15:34



Tariq & Grisha  @Bizarre



Evidement, bien que Grisha fut cultivée, eut voyagé en avion pour se déplacer jusqu'aux Etats-Unis afin de rejoindre son idiot de faux-fiancé tout en espérant subir sa dernière opération, elle ignorait comment fonctionnaient les sauvetages dans de telles situations. La rousse supposait que tout déplacement en avion ou bateau se trouvait enregistré, et suivit pas un radar. Et que si on en perdait trace, on envoyait immédiatement une escouade de sauveteurs au point de disparation. Et dans leur cas, elle imaginait qu'ils ne devaient pas avoir dérivé loin du lieu de leur accident. Donc qu'il serait très facile de les retrouver. En grande naïve, la rousse crut même, au départ, avoir accosté sur un continent, mais on la détrompa très vite. Cela ne l'empêcha pas de rester persuadée qu'au bout de quelques heures quelques hélicoptères les dénicheraient pour les ramener au bercail. Malheureusement pour elle la journée touchant à sa fin, elle déchanta doucement, sans pour autant abandonner l'idée que ça ne durerait surement pas plus d'une semaine. Dormir sur le sable, dans une telle humidité se révéla très compliqué, mais l'aida à se tenir éveillée pour s'éloigner quand elle le souhaiterait, et que tout le monde eut cédé à l'épuisement. Enfin visiblement deux ou trois passèrent à travers les trous du filet, tout comme elle... Alors que ses mains semblaient en bonne voie de créer un cratère, la voix de l'homme réussit, à la fois par son ton et ses paroles, à l'apaiser. Si bien qu'elle reposa ses mains sur ses cuisses pour réfléchir à ses paroles.

« Vous feriez ça ? Je me demande si ce ne serait pas plus discret d'ailleurs que de rameuter l'attention à ce sujet ou créer la panique, et puis ça le mettrait peut-être en confiance et il ferait une erreur ... » Pensa-t-elle tout haut, reconnaissante à cet inconnu, qui le devenait un peu moins chaque seconde, et qui prenait le temps de s'occuper de ses "petits" ennuis. De plus, d'après ce qu'il lui racontait, il possédait de nombreuses habilités plus qu'utiles vu la débandade qui se profilait pour le futur. A moins qu'il ne fasse parti de ces gens qui passent leur temps à se vanter pour attirer l'attention de tous, cet homme promettait d'être un atout précieux pour l'avenir. S'il fallait envers et contre tout y demeurer plus qu'une poignée de jours... « Oui vous avez raison ça m'apaiserait de comprendre ce qui à pu se passer, mais c'est vrai aussi qu'il serait inutile de provoquer trop de tension entre nous. Une fois qu'on saura hors de danger on pourra régler nos comptes » Admit-elle bien qu'elle eut adoré dire ses quatre vérités à celui que s'octroyait le droit de léser tout le monde en essayant de se faire passer pour un bon samaritain. De toute évidence, bien que de petits doutes viennent chatouiller son cerveau, elle lisait très mal au fond de l'âme des gens. A moins qu'elle ne voulut surtout croire en la bonté de celui qui se trouvait à ses côtés ! La Rousse fut soudainement interpellée par le comportement différent que l'homme manifesta, un peu comme s'il se mettait en branle

« Australien ? Vous étiez tout à côté de chez moi alors, avant que je déménage aux Etats-Unis, je suis malgache ... » Lui répondit-elle ravie de découvrir un presque compatriote en ces lieux. Elle ne précisa pas que finalement son origine resterait toujours un peu mystérieuse puisqu'elle avait été adoptée. Mais comme on l'avait découvert dans un village de Madagascar, la question ne se posait plus pour personne depuis longtemps « Ah oui ça doit être ça surement, un peu comme un policier en civil quoi ... Archer, oui, il venait régulièrement boire dans le bar, je ne le connaissais pas beaucoup mais il m'a gentiment soigné sur l'île. Et nous avons cherché ensemble un point d'eau dans la journée ... C'est votre ami ? Il est un peu taciturne mais ... possède un sacré sens des réalités » Enfin elle le trouvait très terre à terre et plutôt intéressant, sauf qu'il paraissait s'être volatilisé à la fin de cette journée. Probablement désirait-il un peu de solitude. Alors que Grisha lui répondait, le chasseur s'éloigna, ce qui lui donna un peu l'impression qu'il l'abandonnait. Alors elle se força à se relever, tout en rechignant à s’éloigner du lieu ou son bien le plus précieux lui avait été dérobé. Alors qu'elle chassait le sable humide logé dans ses vêtements, la rousse cru voir son bienfaiteur se pencher. Elle reconnut instantanément sa boîte alors qu'il dévissait le couvercle pour inspecter l'intérieur. Grisha tenta de s'élancer mais trébucha, encore étourdie du coup reçu sur sa tête. « Ah non ... ce n'en sont pas  » Lui concéda-t-elle en se retrouvant à ses côtés « A mon avis on ne les reverra pas, ceux-là sont surtout ... pour mon moral ... » Bien que reconnaissante, et surtout soulagée qu'il lui soit revenu une boite, elle restait hésitante à dévoiler son problème. Bien que son camarade australien ne donna pas l'impression d'un esprit bridé par des œillères « Enfin sans eux au bout d'un moment il se pourrait que vous ayez un peu l'impression que je sois une autre personne  »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Sam 26 Aoû - 16:11

« Oh, maintenant oui, mais pas à bord... Dans mon métier, on n’a pas d’amis. »

Encore un euphémisme à se tordre de rire, mais naturellement, il fallait garder un visage parfaitement naturel. Pour ça, Tariq était devenu, au bout de tant d’années à pratiquer ce sport quotidiennement, un vrai professionnel. Il maintint cette attitude concentrée jusqu’à ce qu’il arrive au bout de sa petite mise en scène, mais ensuite, la réaction de la demoiselle eut le don de briser son vernis de calme olympien. Et en particulier, trois petits mots innocents.

Une autre personne ?…

Immédiatement, les rouages les plus obscurs dans l’esprit de Tariq se mirent en mouvement. Il hésitait entre plusieurs espoirs sans doute assez ambitieux, mais qui auraient pu correspondre à une telle promesse. Un traitement psychiatrique ? Pour maîtriser des pulsions violentes, peut-être ? Ou des pulsions autodestructrices, il prenait aussi, c’était toujours une forme de violence. Ou peut-être pour éviter d’avoir des hallucinations ? Un peu de paranoïa aurait déjà été très distrayante. Oh, il s’en faisait déjà une joie. Pour un peu, il aurait serré dans ses bras cette messagère de bonne nouvelle.

Dans un coin de sa réflexion, qu’il n’analysait pas vraiment, il se réjouissait de la perspective d’avoir, peut-être, rencontré par hasard quelqu’un de très fragile, de très tordu déjà, qu’il pourrait aisément rediriger vers une structure mentale comparable à la sienne. Une autre personne qui aurait, en lieu et place de son ombre, cette silhouette inquiétante qu’il appelait « Blue » et avec laquelle il conversait pour meubler sa solitude. Quelqu’un avec qui agir, et quelqu’un avec qui en parler. Il n’avait jamais vraiment envisagé une telle chance. Il se maîtrisa ; il se laissait emporter. D’abord, il fallait s’assurer de quel type de dénaturation de la personnalité on lui parlait.

La déception s’empara de lui lorsqu’il réalisa à quel point son espoir était vain. Le nom du traitement, le dosage, l'attitude presque suppliante de la demoiselle, ses formulations équivoques pour éviter le sujet... Il n'y avait pas vraiment d'illusions à se faire. Tsss. Pauvre petite fille riche, songea-t-il avec dépit. Il n'y avait pas là matière à travailler, non plus. Cliniquement parlant en tout cas, il s'était fourvoyé : elle n'avait pas l'étoffe d'un alter ego.

« ...Oh. Bien sûr. »

Adieu les plans sur la comète… Pas d’altération dramatique de la personnalité en perspective. Enfin, rien de vraiment psychotique. Il était si désabusé qu’il en oublia de jouer l’imbécile. Sa compréhension pleine et entière de la situation se lisait sur son visage soudain très neutre. C’était la seule manière dont il avait coutume d’exprimer un accès de tristesse. Il se fermait comme une coquille, et fixait un point indéterminé dans l’espace, plongé dans une contemplation silencieuse. En l’occurrence, le point coïncidait plus ou moins avec la boîte de médicaments – sérieusement… il n’aurait même pas appelé ça des médicaments.

Cependant, son interlocutrice attendait toujours, et elle risquait de se poser des questions. Allons, il n’avait tout de même pas fait ce cirque pour rien… autant terminer ce qu’il avait commencé, mais vraiment, il avait du mal à mobiliser son énergie en ce sens. Elle craignait encore de se voir dénier son petit traitement, peut-être. Il aurait sans doute été avisé de lui dire quelque chose d’aimable, mais la déception n’avait jamais été un grand stimulant pour l’esprit de Tariq, qui fonctionnait infiniment mieux sur un système de récompense. Il resta une seconde silencieux, perdu dans ses pensées, puis se ravisa : certes, ce n’était pas tout à fait Noël, mais c’était presque Halloween. Il fallait savoir se contenter des petites choses, dans la vie.

Il la dévisagea rapidement ; le temps de renoncer à cette perspective si plaisante d'avoir trouvé une petite graine, capable de se développer en une merveilleuse fleur, une sorte de petite soeur dans le crime, grâce à ses bons soins.

« Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horacio, que n’en peut rêver votre philosophie, » sourit-il en tournant son regard vers l’épave, faisant appel comme souvent aux citations du Barde pour se tirer d’un mauvais pas. Voilà ; elle se contenterait très bien de ça, sans doute. Il serait plus inspiré une autre fois.

« Eh bien, vous en tout cas, vous voilà tranquille. Mis à part la septicémie, l’intoxication alimentaire, les parasites, le simple fait de ne pas pouvoir se laver les cheveux… On devrait tous se raser le crâne avant que ça devienne vraiment douloureux, » murmura-t-il en faisant mine de retrouver d’autres traces. Il songea uniquement après avoir prononcé sa phrase que pour une dame, et peut-être à plus forte raison pour une dame telle que celle qui l’accompagnait, c’était une solution inacceptable.

Mais il ne voulut pas s’excuser. Il y avait autant de chances de la vexer en lui conseillant la coupe à zéro qu’en suggérant qu’elle était trop sensible pour l’envisager. Que les êtres humains étaient donc compliqués. Pas moyen d’avoir une technique qui marcherait avec chacun d’entre eux. Il fallait à chaque fois prendre la peine de les connaître personnellement !

« Bon… la piste se perd. Ne prenons pas de risques. Je ferai une autre tentative quand j’aurai trouvé de quoi m’armer un peu mieux. »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Lun 28 Aoû - 23:41



Tariq & Grisha  @Bizarre



« Oh ... Pourtant même les bourreaux ont des amis, enfin je suppose, d'ailleurs est-ce que cette professions existe encore de nos jours ? Bref il faut bien des gens pour occuper des postes dit peu sympathiques mais dont tout le monde a besoin  » Lui confia-t-elle, un peu pour partager ses opinions, mais aussi afin de lui remonter le mora. Surtout qu'il venait littéralement de lui sauver la vie en retrouvant une partie de ses pilules - hormones -. Bon ça eut été bien plus intéressant si toutes les boîtes eussent été récupérées, mais pour l'instant La rousse ne pouvait pas se permettre de faire la difficile. Elle n'imaginait pas non plus à quel point ses réponses dirigeaient Tariq sur une fausse piste de façon complètement innocente. Elle s'inquiétait surtout à le voir un peu dans ses songes, peut-être doutait-il de son explication. Connaissait-il ce genre de médicaments ? Possédait-il des gens ayant eut ce genre de problèmes dans son entourage ? Après tout il semblait avoir l'œil pour plein de petits détails. Ou alors la considérait-il comme une folle ne racontant que des inepties ? Quelque chose d'indescriptible se dégagea soudain du visage de l'homme, ce qui inquiéta légèrement Grisha. Elle tendit alors la main pour l'encourager à lui rendre ce qu'elle considérait comme son trésor. Dans le cas improbable ou il lui viendrait l'idée saugrenue de le garder pour lui « Ce n'est pas que je suis égoïste mais tout le monde ne eut pas en prendre, ça pourrait être même considéré comme du poison pour certains »

Autant l'encourager à le lui rendre en frisant l'appel au drame. La naufragée demeurait légèrement perplexe face à l'apathie qui envahissait inopinément le jeune homme. Trop de fatigue, trop d'effort après leur engloutissement. Les yeux de ce dernier ne lâchaient plus l'horizon. Elle dressa cependant l'oreille quand il cita un de ses auteurs préférés, car oui si elle ne s'était pas encore fait un nom très prestigieux dans la littérature, elle grandit dans une maison parmi laquelle les livres régnaient, et lui donnèrent ses premièrs désirs d'écriture « William Shakespeare ... Je vois que vous êtes connaisseur » S'exclama-t-elle le sourire aux lèvres pour retenter de faire revenir le soleil dans les iris de son interlocuteur. Au même moment elle saisit son bien pour s'empresser de le faire disparaître dans une poche dont le trou n'était pas assez large pour laisser filer l'objet. Néanmoins il faudrait malgré tout raccommoder ça très vite avant que ça ne devienne le cas « Oui, enfin en se bandant les cheveux ça devrait aller par contre si jamais il traîne des poux, faudra bien y passer et trouver quelque chose d'assez précis pour ne pas trop s'entamer le cuir chevelu ... » Mais certainement avant que cette option ne fut envisageable la plage se découvrirait vide de toute présence humaine, car ils seraient tous retournés chez eux « Tant pis, c'est un malin il a sans doute effacé ses traces ... Retournons au campement, en plus vous avez vraiment l'air d'avoir besoin de vous reposer »


*************

La voilà sautillante comme une sauterelle en cette fin de soirée. L'un des rescapés est venu lui apporté une nouvelle, d'importance ... Un bateau existe, sur le départ, pas très grand, mais ils ont donc une chance de partir. De quitter ces abris de fortunes, de retrouver la civilisation. Depuis l'accident ils n'ont pas vraiment bougés de place, ils se sont organisés, pas encore de manière parfaite. Il a fallu trouver des tâches à chacun, et elle s'est portée volontaire pour aller ramener chaque jour de l'eau potable avec d'autres rescapés. Certains chassent plus ou moins bien, d'autres pêchent, rien de bien extraordinaire mai ça leur permet de tenir le coup pour le moment. Grisha ne s'est pas rapprochée d'un grand nombre de personne, Véra un peu, avec qui elle aime bavarder, Ray aussi elle l'apprécie, mais elle le trouve aussi glissant qu'une anguille. Et puis il y a Tariq. La rousse ne le comprend pas toujours mais, difficile à déchiffrer mais elle ne peut s'empêcher de voir comme il se préoccupe beaucoup des blessés. Et le temps qu'il le leur consacre, une âme beaucoup plus charitable qu'il n'accepte de l'avouer. Et puis, les petites attentions qu'il lui prodigue arrivent à l'émouvoir régulièrement. Alors elle doit absolument le prévenir, elle sait bien ou le dénicher. Il s'en va toujours du côté de la forêt la nuit, discutant tout seul ou alors à un ami imaginaire. Grisha n'a pas encore choisit la version qu'elle préférait. Elle refuse de perdre une minute et s'élance vers l'orée des arbres, elle ne l'aperçoit pas mais elle l'appelle dans le noir « Tariq Tariq j'ai une merveilleuse nouvelle pour nous ! »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Mar 29 Aoû - 9:52

Les choses suivaient leur cours. Tariq avait l’impression de voir l’humanité se développer à partir de ces quelques graines semées au vent. Il surveillait la pousse des mauvaises herbes et encourageait quelques fleurs, mais dans l’ensemble, il conservait un regard scientifique sur la situation, contemplatif et extérieur. Ils n’étaient pas si bêtes. Ils avaient appris à cuire des crabes, des poissons et des oiseaux sur le feu. Ils avaient trouvé des fruits comestibles pour équilibrer leur régime. Ils arrangeaient le sable et les pierres en abris pour protéger leur sommeil. Les plus âgés apprenaient aux plus jeunes, ou inversement, selon le degré d’expertise ; on échangeait des informations qui soutenaient le moral, des chansons, des souvenirs de la civilisation.

Des aiguilles à coudre en arête de poissons, des miroirs en couvercles de boîtes de conserve… On se serait cru dans l’une de ces décharges à ciel ouvert, où l’ingéniosité fleurit à son plein potentiel, sur le terreau de la misère humaine la plus désespérée. Quelqu’un avait même bricolé des brosses à dents avec de petites branches, ce qui avait mis fin à des plaintes de plus en plus douloureuses de la part des naufragés ; pour les cheveux, en revanche, on n’avait pas trouvé de solution viable. On se baignait dans l’océan, en priant pour ne pas rencontrer un cadavre égaré, à demi dévoré par les bêtes des profondeurs. Une sorte d’équilibre précaire régnait entre le cauchemar dont on n’était pas sorti, et l’étrange rêve éveillé d’un camping sans date de fin.

Tariq avait toutes sortes de romans, lus à des âges plus ou moins jeunes, qui lui revenaient en mémoire. Il n’osait en parler avec personne, mais il en était continuellement habité. Il n’aurait jamais cru qu’il s’en souvenait aussi bien, des passages entiers qu’il aurait pu réciter. Il se rappelait tout : ses théories sur la fin d’un livre qui lui paraissait bâclée, et l’explication toute simple qu’on aurait pu en donner si les personnages, bien réels, étaient venus trouver l’auteur pour lui recommander le secret… Il ne s’isolait cependant pas tout à fait ; et puis, avec Blue, il n’était jamais seul. Blue guettait, attentif. Ce n’était plus qu’une question de jours. Bientôt, on aurait besoin de son intervention. Il était prêt.

La racine de kava était prête, elle aussi. Il n’avait pas encore prévu dans quelles circonstances il l’utiliserait, mais il avait dédié l’une de ses caches de matériel spécifiquement à cela. D’ailleurs, il l’avait vidée de son papier ; il était arrivé, lors de l’une de ses expéditions solitaires aux aurores, à le presser et à le relier entre deux solides morceaux d’écorce, en le perçant et en le liant d’une petite tresse de lianes. Il n’avait plus qu’à trouver le moyen de produire de l’encre. Dans un coin de son esprit, l’idée de sa cloche de plongée n’avait pas disparu. Il y avait sans doute des créatures sous-marines qui contenaient tout l’encre dont il pourrait avoir besoin.

Tout avançait donc lentement mais sûrement dans la direction d’une harmonie charmante, de son point de vue en tout cas ; et il se reposait en observant sa petite communauté de loin, comme un berger pacifique, alors que le sommeil commençait à s’emparer de lui. Il dormait plus agréablement, ici, et plus facilement. Quand soudain, la voix de miss Faulkner le ramena à la réalité. Il se redressa sur la branche basse où il s’était allongé, ouvrant ses yeux brillants dans les ténèbres, comme aurait pu le faire une panthère, et s’étira. D’un bond souple, il se laissa glisser à terre pour faire face à la demoiselle.

Une chose l’amusait avec elle : il en avait fait la conquête assez facilement. Ce côté malléable, sans doute dû aux circonstances, la rendait plus prometteuse que son simple profil médical ne l’avait suggéré. Il n’avait plus l’espoir de la voir perdre l’esprit soudain et attaquer les autres dans leur sommeil, certes ; mais il restait attentif à de possibles crises de nerf, dépressions, confusion et autres bouleversements du système moral. Il verrait bien ce qu’il pourrait faire à cet effet. Pour l’heure, elle semblait d’humeur radieuse, et il se dégagea de la végétation dense pour apparaître à la clarté de la lune, en l’observant avec curiosité :

« Merveilleuse… Est-ce qu’on a retrouvé de nouveaux débris ? Une radio peut-être ? »

Il restait parfaitement calme ; la vérité, c’est qu’il aurait détesté qu’on retrouve une radio en état de fonctionnement. Certes, cela n’aurait pas immédiatement déclenché un sauvetage, et peut-être que ça n’aurait rien changé, mis à part les espoirs ravivés du petit groupe ; mais le risque existait toujours qu’un point de repère quelconque puisse être donné, qui guiderait les secours jusqu’ici. Et ça, c’était beaucoup trop tôt. Il aurait eu l’impression qu’on venait lui arracher ses jouets.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Jeu 31 Aoû - 19:29



Tariq & Grisha  @Bizarre



La silhouette quasi fantasmagorique de Tariq glisse contre le tronc de l'arbre provoquant quelques bruissements de feuilles. L'une d'elle d'ailleurs se détacha du sommet, tourbillonnant dans un air doux mais à la fois humide pour atterrir dans la chevelure rousse de Grisha. Ses Prunelle vertes débordaient carrément de ses yeux tellement l'excitation envahissait la jolie demoiselle. Une telle nouvelle ! Inattendue ! Bien que son attention se fixa sur l'horizon, chaque jour depuis la catastrophe. Parce que malgré sa mésaventure avec Ace - jamais réapparu, à croire qu'elle avait rêvé -, tous ils stagnaient dans les mêmes lieux, ne s'aventuraient pas trop loin, à quelque exceptions prêt, au-delà d'un certain périmètre. Elle s'imaginait béatement que s’ils cohabitaient avec des sauvages, tant qu'ils ne franchiraient pas une limite imaginaire, rien de fâcheux ne se déclencherait. Mais que d'autres êtres vivant désirent s'évader au point de construire un bateau et ne se fussent jamais manifestés à eux, la laissait à la fois dubitative, et ravie. Oui très contradictoire. De loin elle préfère s'attarder sur la deuxième impression qui accélére les battements de son cœur. « ... Une radio peut-être ? » Ne peut-elle s'empêcher de répéter sous le joug du trouble de la nouvelle. Ses doigts jouèrent automatiquement avec la boite qui se trouvait dans sa proche reprisée, presque un TOC.. Elle sautille quasiment sur place, impatiente de voir la surprise, puis l'espoir coloré le regard de son Camarade. En réalité elle ne détermine pas complètement comment le considérer mais il lui parait que cette dénomination lui convient parfaitement.

« Ouf j'avais peur de ne pas vous trouver  » Commence-t-elle évoquant la tendance de celui-ci à disparaître au crépuscule, sans assurance de jamais le revoir à l'aube « Vous ne devinerez jamais ! » Non elle ne s'amuse au jeu de la devinette. Quoi que ça aurait pu être marrant, mais la Rousse ne tiendrait pas sa langue à moins que l'homme ne démasque le pot aux rose très vite « Il ... Il y avait d'autres naufragés sur cette Isle que nous ...  » Déjà cette nouvelle ne sonne pas de manière anodine, et à elle seul pourrait entraîner une âpre discussion sur le pourquoi personne ne se présenta pour venir les sortir de leur misère, tout en faisant partager son expérience. Mais la jeune femme ne souhaite pas s'attarder sur ce pan de l'histoire afin qu'aucune seconde ne soit retirée de cette possibilité de départ . Car forcément Elle Grisha, lui Tariq, et tous les autres ne pourront pas être exclus de la nouvelle clarté qui illumine la nuit « Et ils ont construit un bateau ! ... ou un radeau, je ne l'ai pas vu moi-même, mais un des nôtres l'a aperçu, et je vais certainement aller m'en rendre compte de mes propres yeux ! » Voilà ! La rousse souffle à l'oreille de l'agent de sécurité la plus belle part du gâteau ! Peut-être lui accordera-t-il enfin un sourire, un vrai, pas celui qu'il utilise pour cacher sa mélancolie, et qui ne la trompe pas. Cependant elle se garde de lui en parler puisqu'elle déteste entrer dans l'intimité des autres. Et ici ... Réussir à faire sa toilette, sans divulguer son petit secret, relève de la haute voltige ! « Je pensais m'y rendre pour aller espionner un peu pour commencer, voir à quoi ça ressemble ... Vous m'accompagnez ?  »

Qu'il n'aille pas prendre ça pour une fausse excuse, dans le simple but obtenir un rendez-vous au clair de lune ! Si elle l'inclut dans cette ballade, au lieu de faire cavalier seul comme elle ne doute pas qu'un bon nombre s'empressera de faire, c'est pour la gentillesse et le dévouement qu'il exerce sans compter auprès des plus mal en point. Bien que l'entraide ne soit pas complètement absente parmi les survivants, un long chemin s'esquissait avant qu’une véritable communion exista entre eux tous « Je crois que c'est la plus belle surprise qui me soit arrivé dans ma vie jusqu'ici, et si j'avais une bouteille de whisky sous la main je célébrerais bien cet instant ! » Elle songe à Ray, certainement il se montrerait soulagé de s'envoler enfin de ce petit bout de terre sans aucun magasin de liqueur à disposition. Néanmoins lever trop vite le drapeau du triomphe s'avérerait prétentieux, jusqu'à preuve du contraire personne n'àt encore engagé le dialogue « Vous en avez déjà vu un vous ? Un des comme nous arrivés avant ? Vous ne croyez pas que celui qui m'a assommé en était un ? Va t'on devoir se battre comme des chiffonniers pour embarquer ? » Car non elle n'en doute pas, personne ne pourra leur refuser cette chance, peu importe la longueur du séjour obligatoire dans ce trou perdu ...
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Ven 1 Sep - 12:43

Sans un mot, Tariq s’approcha de son cobaye numéro 2. Sa voix fluette et agitée répétait les mots qu’il avait prononcés : elle était dans un état de grande agitation. Il reconnaissait maintenant ce signe, comme de nombreux autres, sans problèmes. Ce n’était pas de l’inquiétude, c’était de l’euphorie, ce qu’il jugeait très inquiétant. Attentif et impassible comme un psychiatre, il se contenta de lui passer la main sur l’épaule ; il savait qu’il pouvait se permettre ce genre d’attitude en sa présence, désormais. Ça ne la rendait plus méfiante, elle s’était habituée. Quel confort, notamment, de ne plus être obligé de sourire…

Il eut un moment de soulagement en apprenant la présence d’autres naufragés : voilà, en effet, une nouvelle qui était passionnante pour eux deux. En effet, il avait lui aussi perçu de telles présences, même s’il n’en aurait jamais parlé aux autres. Mais la rencontre était inévitable, et il était ravi que le jour soit arrivé. Son champ de recherches allait s’étendre à un point qu’il n’aurait jamais espéré en débarquant sur cette île. Elle n’était donc pas déserte. Et elle n’était pas non plus habitée par une tribu locale, socialement équilibrée, qui saurait lire ce qu’il y avait de toxique dans ses intentions. Qui saurait peut-être les mettre en contact avec la civilisation, ou faciliter grandement les conditions de leur survie. Non, c’étaient d’autres âmes perdues. Il se rappelait une phrase qu’une de ses victimes lui avait adressée avant de rendre son dernier souffle : il y a une place spéciale réservée pour vous en enfer.

Cette fois, il sourit sincèrement, d’un sourire étincelant qui reflétait la lune. Oui, on appelle ça le trône…

C’est alors que Grisha termina sa révélation, qui s’articulait en deux temps ; et cette fois, il fut catastrophé. Il conserva son sourire par convention, mais intérieurement, il en tremblait presque. Il se plaça à contre-jour par rapport à la lumière des astres et à la mer qui s’en illuminait. Il fallait qu’il dissimule son désarroi. En face de lui, Grisha, qui s’était tournée pour continuer son babillage, accrocha soudain toute cette lumière dans ses cheveux cuivrés. Seul son visage, sur lequel tombait l’ombre de Tariq, comme une large tache d’encre, était indiscernable. Aller là-bas ? De quoi parlait-elle ? Il ne se sentait pas capable de saboter une telle entreprise comme ça, sans aucune préparation, sans avoir pu étudier les êtres qui s’y attelaient. En fait, il ne se sentait plus capable de rien. Cela ne dura que quelques secondes, puis Blue intervint.

Il était un peu tôt pour mettre son plan en application, mais tout était prêt. C’était toujours une solution. Puisqu’elle insistait… Puisqu’elle se faisait la messagère de la mauvaise nouvelle, puisqu’elle parlait spontanément de boire pour fêter ça… elle paierait pour tous les autres, et il se sentirait instantanément beaucoup mieux. Promis.

« Oui, c’est peut-être un tel personnage que j’ai croisé… J’ai eu l’impression de voir un fantôme rôder, l’autre jour, mais comme j’étais seul, impossible de vérifier si j’avais rêvé ou non. Et comme il n’y avait pas de traces… Ces gens semblent beaucoup plus adaptés que nous. » La vérité, c’est que sa mémoire sélective avait coupé court à ses souvenirs de cette vision. Ça n’était pas clair dans son esprit, mais il faisait confiance à Blue. S’il le protégeait de cette information, c’était pour une bonne raison. Il n’y avait pas à chercher plus loin. Ni à s’en confier à quelqu’un d’autre. Pourquoi parler à quelqu’un d’autre alors qu’il avait déjà Blue ? Personne ne serait jamais plus fiable qu’une voix qui habitait dans sa tête, pas vrai ? Une sorte de jumeau absorbé. « ...et votre… Ace en faisait sûrement partie, lui aussi. C’est rassurant, si on y réfléchit. Ça veut dire qu’aucun de nos compagnons n’a cédé à l’attrait de la sauvagerie aussi rapidement. »

Il se mettait à la place de la jeune femme : pour elle, bien sûr, c’était rassurant. Pour lui, c’était une déception. Avec la sauvagerie reviendraient des capacités inexplorées. D’ailleurs, il se permit de développer un peu ce point, sans montrer trop de précision dans ce qu’il pouvait avoir de moralement discutable, en apaisant Grisha de quelques pronostics optimistes. Il avait déjà remarqué qu’elle trouvait cela charmant chez lui. C’était pourtant une aptitude douteuse : pouvoir toujours retourner une situation entre ses doigts, à la manière d’un diamant inégal, jusqu’à choisir la facette qui lui convenait le mieux. Comme s’il ne se trouvait pas à l’intérieur de cette situation, mais à l’extérieur. Bah, peut-être qu’elle aimait juste se sentir protégée.

« S’ils ont construit un radeau, c’est que c’est possible. Je crois qu’on devrait les approcher pacifiquement, demain, en pleine lumière ; sans armes, et sans chercher à se joindre à eux de force. Si on peut observer leur réalisation, échanger avec eux sur la manière de reproduire leur travail, ce sera déjà immense. Et s’ils réussissent, ils diront au monde que nous sommes là. »

Il était temps de déclencher son plan. Pour marquer l'étape qu'il franchissait dans leur "relation", il se mit soudain à la tutoyer.

« Bon, je crois que c’est l’occasion de te montrer mon petit projet secret. J’y travaille depuis l’autre jour, et je ne pensais pas qu’on aurait l’occasion de le tester si tôt... »

Il était parfaitement sincère jusqu’à ce point. « Certes, ça ne vaut pas un whisky, mais j’ai reconstitué une boisson de chez moi, artisanalement, et… je crois que je suis arrivé à lui donner quelques degrés d’alcool ! Promis, je goûte le premier, et si c’est du vinaigre, je te préviens. »

Il en riait sous cape, mais ça n’avait rien à voir avec de l’humour. Il était sûr de son dosage. Il avait une explication toute trouvée si elle lui demandait pourquoi il avait perdu son temps à ça. Il avait un nom tout prêt pour les fruits, même s’il était sûr qu’elle ne traînait pas dans les bars proposant des substances hallucinogènes, il préférait ne la mettre sur aucune piste. Tout était paré ; le compte à rebours était lancé, et l’adrénaline fusait dans ses veines, effaçant peu à peu le choc qu’elle lui avait causé et qu’il n’était pas prêt à assimiler. Tant pis, il allait gâcher sa première racine de kava. Le jour où elle aurait besoin de son opération, il en aurait trouvé une autre. Ou une autre solution que l’anesthésie générale, pourquoi pas ; les seules limites qu’il s’imposait étaient celles de son imagination.

Six tasses. Qu’elle en accepte seulement six tasses. Avec sa constitution, elle n’aurait pas la force de lever la septième jusqu’à ses lèvres.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Mar 5 Sep - 15:29



Tariq & Grisha  @Bizarre



La joie l'emporta en priorité quand la nouvelle lui atterri dans l'oreille, et la jeune femme eut bien volontiers dansé en rond avec son informateur, et tous ceux qui se trouvaient autour d'elle. Mais visiblement ce dernier ne souhaitait pas s'attarder auprès d'elle, sans doute désirait-il préparer son départ comme tous les autres qui s'agitaient sur la plage. Une poignée dormait encore, innocents, préservés de la probable déception qui leur tomberait sur la tête. Et ça Grisha ne s'y arrêtait pas une seconde. Après la célébration de la victoire, elle se fut volontiers jetée dans une course folle, pieds nus, cheveux aux vents, humidifiés par la fraîcheur de la nuit pour découvrir le spectacle de ce bateau construit par des naufragés bien discrets. Pas assez pourtant pour que ça ne s'ébruite jusqu'à eux. Une camaraderie naissante la poussa alors à la recherche de celui qu'elle estimait le plus fiable de la troupe. Bon, il y avait Ray aussi, mais on ne pouvait jamais deviner dans quelle état d'esprit on le trouverait, il pratiquait le sarcasme avec amour, et la rousse ne décortiquait pas toujours ce qui se cachait derrière ses paroles. Tariq, lui, ne rechignait jamais à l'écouter même si il ne disait pas toujours le fond de sa pensée. Ça ne l'ennuyait pas à priori, elle non plus ne s'étalait pas forcément sur ses affaires privées, elle espérait surtout que les autres ne mettraient pas leur nez ou elle ne le permettait pas. Alors elle ne le poussait pas à la confidence.

Bien qu'il ne pratiqua pas le sourire à tour de bras, elle l'englobait dans une espèce de bonté environnante dont il eut été l'émetteur. Un peu comme le point d'encrage qui les eut tous secourus. Forcément si une décision devait être prise, il se transformait en la personne parfaite à qui s'adresser pour qu'elle indique le meilleur chemin à prendre. Si pas tous, la plupart des naufragés lui accordaient leur confiance. Sauf bien entendu les mauvais coucheurs qu'on retrouvait partout. Cependant elle ne parvenait pas à lire les réactions de Tariq, le visage de celui-ci, maquillé par un étrange jeu d'ombre provoqué par la lune s'amusant avec le feuillage, se dissimulait à elle. Grisha se rapprocha donc pour tenter de mieux l'observer, alors que l'homme demeurait silencieux. Trop ému sans doute par cette douce promesse de départ pour enfin retrouver vers leur Eldorado. Le son la voix résonna finalement, se joignant au hululement lointain d'un hibou traînant quelque part d'en l'île. Sa tonalité ne laissa transparaître aucune joie mais ce fait particulier ne déconcerta pas l'écrivaine. L'Agent de sécurité se montrait tellement maître de lui, de manière à éviter toute agitation chez les autres, un vrai personnage de roman ! Grisha décida à cet instant de s'inspirer de lui pour son prochain roman. . « Oui ... C'est rassurant au sujet des nôtres, et surtout je n'ai plus besoin de suspecter tout le monde ... Mais d'un autre coté c'est décevant de leur part, peut-être que certains de nous auraient pu être sauvés s'ils étaient intervenus au lieu de nous voler »

Et ça, elle le concevait difficilement ! Surtout si ces individus qui se cachaient se révélaient être passés par des affres similaires ? Ne se dissimulait-il pas toujours un cœur dans leurs poitrines ? Pleurant leurs disparus  ... N'eussent-ils pas apprécié une main tendue vers eux au plus fort de la tourmente ? Préféraient-ils donc juste les voir crever sur le sable souillé oui ils échouèrent ? Pour finir par s'en aller en catimini comme des malfaiteurs ? Sans même leur offrir une échappatoire ? Voilà soudainement que son enthousiasme menacait d'être remplacé par un sentiment plus sombre et annihilateur ... Tariq s'exprimait enfin, exposant sa propre vision qui requinqua instantanément Grisha « Et moi qui allait dire qu'on pouvait leur propose de faire comme dans la chanson *Il était un petit navire*. Tirer à la courte paille pour savoir qui serait sacrifier parce que ça laisserait une chance à tout le monde  » Certainement ces inconnus lui riraient au nez, après tout ils en étaient les bâtisseurs de cet espoir, ils ne possédaient aucune obligation envers les rescapés du Pacific Queen. Qui les jugerait pour essayer de se sortir de cette terrible situation ? « C'est juste ... Les prendre de front, avec agressivité éliminera probablement toutes nos chances, on ne sait même pas combien ils sont. Ça se trouve ils auraient tout aussi bien pu nous occire lors de notre sommeil ... Ou de notre échouage » Malgré tout on n'allait quand même pas les absoudre complètement de cette non-assistance à personne en danger !

Elle tiqua quand Tariq la tutoya, mais la curiosité de la rousse fut piquée ! Un projet secret ? Et il se confiait à elle « ...  l’occasion de le tester si tôt.. » Répéta-t-elle émue en attendant la suite. « Oh ... » S'exclama-t-elle en écarquillant les yeux à la étonnée mais ravie « Vraiment ? Mais quand as-tu trouvé le temps ? La nuit ? Tu ne dors jamais ?  » Comme il a commencé elle continuait sur le Tu ... En plus elle jugeait que ça donnait une certaine force à leur amitié « Et tu veux qu'on essaye maintenant ? Ici ? ... Ben oui puisque je parlais de fêter ça, on peut tenter mais faudrait pas se retrouver à terre à se tortiller avec les mains sur le ventre. Il y en a, ils ont mangé des baies c'est ce qui leur est arrivé ! » Ses prunelles glissaient sur tout ce qui les entourait, car il semblerait plus judicieux de s’asseoir au cas où ... Et pour savourer aussi, plutôt que de se tenir bêtement debout. Ah là, un vieux tronc, probablement frappé par la foudre, effondré, rongé par la vermine mais qui fera parfaitement l'affaire « D'accord ... tentons cela et ensuite on ira les observer ensemble  » Pour engager l'expérience Grisha se déplaça vers le morceau de bois et y prit place légèrement impatiente de goûter ce nouveau breuvage « Faudra quand même que tu me dises avec quoi tu as concocté ça ! Mais j'essayerais de devenir d'abord, peut-être que je reconnaîtrais un fruit ou une plante ! On va boire dans une gourde ?  »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Mar 5 Sep - 16:25

C’est vrai qu’ils auraient pu les tuer dans leur sommeil. Tariq lui-même, bien qu’il se tienne à l’écart dans la mesure du possible, devait parfois fermer l’oeil, et il était trahi par le manque de discrétion flagrant de ses compagnons d’infortune. Il aurait emporté quelques adversaires dans l’au-delà, ce qui aurait été une certaine consolation, mais il aurait fini par succomber. Enfin, ce n'était pas à craindre : il imaginait sans problèmes que des naufragés de longue date avaient renoué avec une nature animale qu’il comprenait fort bien, intuitivement ; bien mieux qu’il ne comprenait ses camarades actuels. Ils n’auraient pas attaqué sans raison. Il y aurait eu dans une telle entreprise l’absurdité d’une dépense d’énergie injustifiée. Non, ils s’étaient rendus invisibles. Il les appréciait presque, sans les connaître ; voilà ce qu’il appelait des gens simples, des gens logiques.

Et maintenant, ils allaient tenter leur chance sur les flots, sans doute après avoir longuement pesé le pour et le contre ; c’était à faire craindre que l’île se soit soudain montrée trop hostile pour eux. Activité volcanique ? Epidémie ? Famine ? Quelque chose les poussait à quitter cet abri. Etant donné le temps qu’il avait sans doute fallu pour élaborer une embarcation viable, c’était un phénomène ancien. Alors, Tariq et « les siens », bien qu’il répugne à les appeler ainsi, seraient sans doute bientôt confrontés au même phénomène. Mais il n’était pas temps de s’en soucier. Une chose était claire : tout le monde ne pourrait pas embarquer. Premiers arrivés, premiers servis. Et s’il avait proposé un assaut meurtrier afin de décimer les anciens et de s’emparer de leur création… On l’aurait regardé en haussant un sourcil, et on lui aurait dit d’aller faire une sieste à l’écart du soleil, sans doute.

« Le désespoir peut faire perdre la raison... » murmura-t-il d’une voix un peu absente. « De toute façon, lors d’un premier contact, observer et réfléchir sans agir est toujours la meilleure solution. »

Il parlait d’un contact paisible, naturellement. Que cette paix soit le fruit de la détresse générale et de l’incapacité à se battre efficacement, ou de sentiments plus humains, n’avait aucune importance. Demain, lors de la rencontre, chacun serait focalisé sur un objectif : sauver sa peau. Sans chef valide, sans obstacles autour d’eux pour les concentrer en un même point, il n’y aurait pas de bataille rangée.

« Tu devineras peut-être… ça se boit peut-être aussi à Madagascar, » mentit Tariq, en allant soulever une natte de branchages au sol.   Au-dessous, au frais dans une fosse qu’il avait creusée dans la terre sablonneuse, s’alignaient de petits ballots de feuilles, où le breuvage expérimental fermentait tranquillement, déposé dans des coquilles de noix de coco fendues en deux. Il dévoila précautionneusement son trésor. La quantité était assez importante : sa précieuse racine était de taille à saupoudrer une grande quantité de breuvage. Il n’aurait pas voulu qu’une quantité de kava trop chargée rende la boisson imbuvable. Et la moitié des récipients ne contenaient que l’alcool de coco ; il fallait bien qu’il puisse boire lui aussi, pour convaincre la personne à qui il destinerait ce traitement particulier.

« Promis, je te porterai à ton lit si tu piques du nez, Je l’ai fait assez souvent avec Ray, à bord. Tu pèses clairement moins lourd. »

Il faisait souvent référence à sa vie à bord lorsqu’il parlait avec Grisha, ayant remarqué qu’elle associait ses bizarreries avec des automatismes liés à son métier. Autant qu’elle croie qu’il y était resté ancré, incapable de se détacher de ces habitudes qui le reliaient à la civilisation. Par contre, il ne parlait jamais de sa femme, que tous savaient disparue au moment du naufrage. Et on ne l’ennuyait pas avec ça. C’était une chance. Il ne savait pas s’il aurait été capable de canaliser sa joie féroce à cette pensée en une grimace qui aurait pu s’apparenter à de la tristesse.

Il ramena un « bol » à son invitée en faisant attention à ne pas le renverser, et le lui déposa dans les mains, avant de se servir lui-même pour trinquer. Tant qu’elle aimait les boissons sucrées, ça ne pouvait pas lui déplaire ; le goût dominant était celui du lait de coco.

« Je me lève très tôt, c’est mécanique. Tu l’as constaté l’autre jour. Alors je m’occupe : je fais des rondes, je ramasse ce que je trouve… J’ai quelques caches comme celles-là. Pas mal de débris se sont échoués depuis le naufrage, et il y a des tas de choses qui valent la peine d’être récupérées. » Il se tut quelques instants. Il parlait vraiment comme quelqu’un qui avait encore la conviction de rester longtemps sur cette île, et de devoir y survivre en faisant feu de tout bois. Elle allait finir par se méfier, s'il continuait ainsi. « Je sais que ça ne servira peut-être à rien, mais c’est plus fort que moi, l'inactivité me rend maniaque... Tu sais quoi ? Si on sort d’ici bientôt, ça me ferait plaisir de rester en contact avec toi. Ta bonne humeur a fait beaucoup pour nous soutenir, dans les moments difficiles. Tu es vraiment quelqu'un de spécial. »

Il porta lui-même la boisson à ses lèvres et but de bon coeur. Pas mauvais, même la version qu'il s'était attribuée, celle qui était purement récréative... pas utilitaire. Tiens, ils n’avaient pas porté de toast. Mais il n’était pas très habile pour décider de ce genre de choses. Grisha aurait peut-être une idée. Au salut de tous, probablement… ou une autre ânerie du même tonneau.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Sam 9 Sep - 2:19



Tariq & Grisha  @WeirdBeverage



Dans sa précipitation la jeune femme oubliait de lui faire part de "l'assaut" subit par les anciens habitants. Ces autres, bien trop nombreux dont elle refusait l'agressivité. Elle préférait imaginer dans sa tête que quelques âmes perdues, désespérées par ce long isolement hallucinèrent collectivement en les prenant pour des ennemis. Parce qu’honnêtement, ne serait-il pas plus facile de demander tout bonnement de l'aide en plein jour que de se faufiler au milieu de récents naufragés qui ne pouvaient que mal réagir face à une telle intrusion. Mais certainement Tariq avait pu observer cet épisode de loin, et La rousse lui donnait raison de s'être préserver. Ou alors il s'était assoupi et inutile de l'alerter davantage avant d'en savoir plus à propos des autres occupants. D'ailleurs l'agent de sécurité abondait dans son sens sans qu'elle doive l'avertir de quoi que ce soit ! Néanmoins son visage esquissa une petite moue dubitative à propos d'une de ces remarques ! « Sans doute, mais encore faut-il savoir que c'est un premier contact, si on nous raconte des cracks avant de nous assommer sans pitié ! J'ai l'impression que ce sage conseil ne sera pas toujours suivit pas tout le monde ... » Après l'écrivain acceptait encore de croire qu'il existait des êtres agréables sur ce bout de terre perdu au milieu de l'océan, parce que malgré tout une Isle enchanteresse résonnait beaucoup plus joliment à son esprit, qu'un territoire plein de danger au détour de chaque arbre.

De plus ils ne s'organisaient pas vraiment, pour le moment aucun réel leader ne se détachait, et Grisha ne songeait aucunement à ce côté plus terre à terre de leur aventure. Evidemment les conditions de vie ne tenaient pas du grand palace, et beaucoup de petites facilités lui manquaient. Particulièrement son café du matin et sa douche quotidienne, ici elle devait ruser pour se laver le plus discrètement possible. Si la rousse ne s'affolait pas plus c'est qu'elle continuait à espérer sur une arrivée flamboyante de secours qui remuaient, à n'en pas douter, ciel et terre pour les dénicher « Donc tu me poses une Devinette, allez chiche que je devine, j'ai quand même été Barman pendant quelques années pour me faire un peu d'argent de poche pendant mes études ! » Alors qu'elle eut pu s'appuyer complètement sur la fortune de ses parents. D'ailleurs, ici elle trouvait plus sain de ne pas révéler ce côté riche héritière dans son groupe. Déjà ils ne comprendraient pas son choix de se faire embaucher comme serveuse, ensuite il viendrait sans doute à l'un deux l'idée d'en tirer profit. Et cela, malgré sa tendance à ne voir que le bon en chacun, car elle en fit plus d'une fois l'expérience lors de son enfance, puis adolescence, pour finir avec la cerise sur le gâteau que se révéla son ancien fiancé ! « Ce ne serait pas du vin de palme quand même ? » On y concoctait beaucoup d'autres spécialités locales à Madagascar, mais elle pensait avoir aperçu un ou deux palmiers dans les environs.

Impatiente comme une jeune enfant à qui on promettait un superbe jouet, elle admirait la façon dont en si peu de jours il se débrouillait, pour organiser aussi bien sa petite réserve de liqueur en la tenant au frais « C'est fou ce que tu es ingénieux » Laissa-t-elle échapper les yeux écarquillés, alors qu'il manipulait ce qui s'apparentait selon elle presque à de l'ambroisie, le breuvage des dieux ! La rousse tiqua néanmoins quand il mentionna la transporter dans son lit - à elle -, non pas qu'elle suspecta des sous-entendus sous cette proposition. Au contraire Grisha le découvrait attentionné, comme toujours. Mais il n'eut pas fallu, que par un malencontreux mouvement, il devina son petit secret. « C'est très gentil à toi mais je tâcherais de repartir avant de piquer du nez, puis je tiens très bien l'alcool » Joli petit mensonge quand tu nous tiens, on peut bien dire ... Adieu prudence ! Elle ne manqua cependant pas de laisser poindre un petit sourire de contentement quand il mentionna son poids. La jeune femme y faisait particulièrement attention, et appréciait grandement qu'on le lui dise. Elle s'empara du bol que l'homme lui tendait avec un tel empressement qu'il eut pu croire qu'elle lui arrachait carrément des mains. Elle le renifla légèrement méfiante, nullement parce qu'elle s'imaginait qu'il l'empoisonnerait, mais qui sait si il ne tentait pas une polissonnerie possédant un gout immonde ? L'odeur ne lui rappelait rien mais ne dégageait rien de répulsif, elle y trempa donc les lèvres ...

Le premier contact fut particulier, pas mauvais ... mais ... Grisha pourlécha sa bouche avant de replonger dans le récipient avec une rapidité traduisant le plaisir de la découverte. Tout en avalant goulûment le précieux liquide elle ne perdait pas un mot des paroles de Tariq. Sa dégustation finit, avec le dos de sa main droit elle essuya sa bouche « C'est intéressant cette histoire de cache, ça pourra nous être utile, surtout avec les voleurs qui nous entourent. J'ai moi-même récupéré quelques petites choses que je pourrais t'apporter afin que tu les gardes, si tu n'y vois pas d'inconvénient ?  » Lui demanda-t-elle en fixant son bol désormais désespérément vide. Ce truc rendait addictif, Son ami aurait-il pu y mettre une substance qui rendait accroc ? Comme de la drogue ? Mais non, indubitablement le manque de saveur depuis leur accident se trouvait comblé par cette bienheureuse expérience « Après on nous découvrira bientôt et ça ne servira pas très longtemps mais c'est vraiment une bonne idée » Renchérit-elle se basant sur ses propres convictions. Sous l'effet euphorisant du moment elle se laissa embobiner par les charmantes phrases de son compagnon «  Oh tu es adorable ! Je serais bien heureuse de te continuer à te voir aussi ! Mais crois-tu que ce serait exagéré si je te demandais de me resservir encore un peu ... J'ai bu trop vite et ... Il faut avouer que c'est très bon je n'ai pas vraiment su déterminer avec quoi tu l'avais fabriqué ... Et puis comme ça un pourra faire un petit Tchin à tes talents ! »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Dim 10 Sep - 21:57

Tariq secoua la tête avec un petit sourire : non, pas du vin de palme. Il n'aurait pas eu le temps de réaliser du vin en si peu de jours et sans tonneaux. Il n'était pas contre cette perspective, s'il en avait l'occasion un jour ; il y avait assez de candidats pour une telle consommation, et ce serait la base d'un grand pouvoir. Ce qu'il ferait de ce pouvoir n'était pas encore bien sûr. Il n'avait pas envie de se limiter à l'avance.

Elle avait une façon de boire qui n'évoquait pas exactement la vieille habituée des bars endurcie à l'alcool. Mais c'étaient peut-être là des minauderies féminines. Tariq préférait se méfier. Si elle avait besoin d'une dose supérieure à la normale, tout son petit jeu n'aboutirait peut-être à rien : pour la transporter, il avait besoin qu'elle soit complètement inconsciente, pas juste un peu étourdie. Enfin, heureusement elle était assez survoltée par sa nouvelle pour croire être le jouet de sa propre adrénaline, et non d'une quelconque substance absorbée.

"Ce sont des caches de cette taille, je ne pourrai pas y placer des objets trop grands. Mais si c'est un bijou auquel tu tiens, par exemple, pourquoi pas."

Ce n'était pas non plus très sincère. Il disposait de cachettes plus ou moins grandes ; l'une d'elle, un effondrement de terrain, était largement assez grande pour y entreposer un corps humain. C'était justement son objectif. Mais il ne fallait pas brûler les étapes. Pour le moment, ils en étaient à une bien plaisante dégustation, qu'ils appréciaient pour des raisons complètement différentes, mais tout aussi addictives.

"Vas-y, sers-toi. Comme tu le disais, on sera secourus bientôt, non ? Après nous le déluge, comme on dit. Je bois à ces courageux inconnus qui vont affronter les mers pour signaler notre position aux équipes de recherche."

Il fallait qu'il réfléchisse aux prochains toasts qu'il pourrait porter ; au moins trois, s'ils se partageaient la tâche. Il en avait trouvé un, il fallait en dénicher encore deux. Faire des souhaits pour un avenir radieux n'était pas du tout sa spécialité. Mais si le troisième n'était pas trop naturel, ce ne serait pas bien grave... La demoiselle Faulkner aurait déjà complètement perdu sa méfiance, et serait en passe de perdre sa conscience. Il pourrait même faire un de ces souhaits à demi-mot qui avaient vraiment trait à ses pensées profondes, sans qu'elle s'en aperçoive. Tiens, c'était une perspective plaisante. A la liberté... Pourquoi pas à la liberté, tout simplement ?

"Alors, qui as-tu le plus hâte de retrouver, là-bas ? Quand on sera retrouvés ?"
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Sam 16 Sep - 0:06



Tariq & Grisha  @WeirdBeverage



Comment on fabriquait du vin de palmes, le temps que ça demandait, prenait  dans l'imagination de la jeune femme, des vagues allures de personne sautillant dans un tonneau ou les raisins eussent été remplacés par des palmes. Tout ça donnant rapidement une liqueur des plus agréables. Evidemment La rousse se contentait de servir derrière un bar, pas de concocter les boissons qu'elle servait. Alors elle analysait au premier degré l'expression, ignorant complètement qu ce vin là provenait de la sève des arbres. Mais comme Tariq lui indiquait silencieusement qu'elle ne brûlait pas elle se fit la réflexion, qu'en effet, à aucun moment elle n'était tombé sur lui s'agitant  comme un beau diable. Plutôt calme comme personnage, Dans un film elle le qualifierait d'effrayant. Mais ici sur une Isle déserte Grisha l'estimait rassurant. Comme l'agent de sécurité l'encourageait à se servir elle n'attendit pas qu'il lui proposa une seconde fois avant de se diriger vers l'endroit d'ou il pêcha ce nectar précieux la première fois. A genoux pendant qu'elle s'octroyait une bonne dose de ... Mystère et boule de gommes, elle réfléchit à ces dernières paroles en fronçant les sourcils « Un bijou ? Je n'avais pas emporté grand-chose sur le navire, je faisais partie de l'équipage donc il n’était pas trop question que je me pomponne de trop. Mais non ils sont malheureusement tous restés dans ma cabine »

Sur le moment la jeune femme en dehors de retrouver ses esprits, ne se préoccupa que de l'essentiel, ses "Pilules" miracles qu'elle engouffra dans son sac. Selon elle, peu de personnes prirent le temps - si jamais ils le trouvèrent - d'embarquer quoi que ce soit avec elles, à part ce qui se trouvait à porter de main. La demoiselle ne put s'empêcher de terminer un verre avant même de retourner à sa place. Hop un autre, oui elle abusait, mais ce truc possédait un goût vraiment bizarre « Et toi tu as réussi à sauvegardes beaucoup d'affaires personnelles ? » Grisha en doutait mais comme il se débrouillait mieux que la plupart des êtres sur ce petit bout de terre, du moins ceux qu’elle connaissait, Pas les sauvages qui se cachaient, elle lui donnait beaucoup de crédit. A la troisième ration, elle n'avala que de petites gorgées, essayant d'en découvrir la provenance mais ses connaissances buttaient contre un trou béant. Soudain elle senti ses jambes vanillées sous elle, puis trébucha mais réussit à se redresser sans trop perdre sa dignité. En demeurait-il seulement une pincée depuis le naufrage étant donné le niveau de vie et la promiscuité qui les entourait ? « Oui de sacrés marin, je leur sauterais au coup dès que je les verrais poindre à l'horizon » Ce qui ne tarderait pas ! A son tour de porter un toast, elle leva son bol à bout de bras « A cette Isle qui nous a ouvert les bras, après tout sans elle nous ne serions plus là »

Un geste maladroit, et la boisson s'échappa avec le contenant qui tomba bruyamment par terre ! Elle leva ses pupilles vertes vers Tariq, prenant la moue d'une enfant boudeuse attrapée sur le fait entrain d'accomplir une bêtise « J'ai tout gâché ! » S'inquiéta-t-elle s'imaginant que Tariq la chasserait l'instant d'après. Elle pensa à le laisser tranquille, puisque ne possédant aucun pouvoir magique, il ne lui suffirait pas de claquer des doigts pour faire réapparaître l'alcool gâché « Oh j'irais certainement voir ma famille qui doit beaucoup s'inquiéter, j'ai voulu jouer à l'indépendant et je ne leur ait plus donner de nouvelles depuis très longtemps ... Sinon ...  » Santiago ? Non celui-là était définitivement rayé de sa vie. Elle ne supporterait jamais de se retrouver face à cette crapule ! Une rage soudaine lui remonta dans le cœur, si bien que sa peau blanche vira presque au rouge écrevisse alors qu'elle se décidait à prendre une nouvelle ration. Preuve que la réalité lui échappait de plus en plus, Cette fois elle  resta assiste à coté de la réserve tout en esquissant un grand bâillement « Je crois bien que j'irais rendre visite à nos cachottiers demain matin ... Quoi que si on y allait tout de suite ? »
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Sam 16 Sep - 6:30

Oh non, elle ne devinerait pas. Peut-être devrait-il lui donner un "indice" pour l'aiguiller dans une mauvaise direction ? Une direction rassurante, cela va sans dire. Mais comme ils parlaient de choses et d'autres, Tariq fit tout simplement semblant d'avoir oublié le petit jeu de deviner ce qu'ils buvaient. Il se doutait qu'elle réclamerait de mettre ses médicaments en sécurité. C'était la prunelle de ses yeux, depuis qu'il les lui avait restitués. Il n'avait pas perdu de vue ce petit manège. Il ne savait pas encore s'il les lui laisserait en l'enfermant, ou s'il les mettrait à nouveau de côté pour un usage ultérieur.

"Tu sais, ma femme a disparu avec le bateau, alors les affaires personnelles... Je n'y ai même pas pensé, à vrai dire. Mais ne parlons pas de ça. Je n'ai pas envie de me plaindre." Il haussa les épaules et termina sa coupe ; il buvait assez rapidement, pour se donner l'air de ne pas considérer cette boisson comme quelque chose de très fort, et pour l'entraîner par son exemple. Il reprit avec une certaine espièglerie : "Oui, à cette île. Ils en ont de la chance ces marins... Je me demandais justement quel était ton type d'homme, comme ça je sais. Excellent choix."

Il s'apprêtait à plaisanter sur les éventuelles amourettes tissées à bord – cadre romantique par excellence, une croisière de luxe, probablement... il n'en savait rien, il n'avait jamais compris le fonctionnement du romantisme, quoi qu'il s'y soit intéressé d'un point de vue analytique. Quand soudain, la catastrophe eut lieu. Il rit doucement : si elle perdait le contrôle de ses gestes, c'était bon signe. Il lui donna un nouveau bol, et lança l'ancien en direction de la jungle. Cendre à la cendre, poussière à la poussière ; c'était déjà oublié, le sable à leurs pieds avait tout bu. Comme disait l'autre, le sable du désert a bu plus de sang que tu n'en verseras jamais.

C'était une part de kava en moins, mais ça n'était pas si grave ; il en avait prévu d'autres, et puis... Elle n'aurait peut-être besoin que d'un peu d'alcool en plus, même s'il ne contenait pas de drogue. En fait, il aurait presque pu la faire plonger sans la droguer, juste en la faisant boire. Mais la droguer servirait de profond soporifique. Il voulait qu'elle dorme profondément et longtemps. Privé de moyen de transport, il en avait besoin pour la suite de son plan.

"Tiens, je te donne ma part. Je commence à avoir mon compte," sourit-il en prenant sciemment un air rêveur et en clignant des paupières. "Tu tiens beaucoup mieux que moi. J'aurais dû m'en douter. Jamais d'alcool en service... depuis mes dix-huit ans... ça ne m'a pas vraiment endurci. Buvons à la santé de tous les marins."

Il mentait éhontément, et il était particulièrement fier de jouer si bien l'ivresse ; mais il devait tout à Ray. Il l'avait étudié si attentivement qu'il aurait presque été capable de copier son accent et sa gestuelle. C'était bien simple, il l'avait imité en présence de sa femme, qui le connaissait pourtant par coeur depuis tant d'années de vie commune, et elle n'y avait vu que du feu. Sur lui aussi, ce plan aurait bien fonctionné. Mais puisqu'il avait Grisha sous la main, il n'allait pas se mettre à courir un autre lièvre qu'il ne savait pas où trouver ; ça n'aurait pas été rationnel. A la pensée que Ray, décidé par sa soif d'alcool à braver la tempête pour retrouver le reste du monde, s'embarque avec les inconnus, il retomba un temps dans son mutisme. C'est alors que Grisha évoqua la possibilité d'aller rôder tout de suite autour de l'embarcation. Elle était de plus en plus désinhibée. C'était très bon signe. Elle était plus réceptive qu'il n'aurait pu l'espérer. Mais il est vrai que sa naïveté naturelle jouait sans doute un rôle dans sa facilité à se détendre et à se laisser glisser vers l'inconscience.

"Oh là là, ça y est, tu tournes aussi ? Restons assis le temps que ça passe. Inutile d'aller marcher sur une branche... ou un oursin..." Il éclata de rire sans raison. Si la scène avait été un peu plus éclairée, l'absence totale d'expression sur son visage aurait rendu ce rire effrayant. En l'état, on ne distinguait que le croissant brillant de ses dents dans l'obscurité. "Oui, on ira voir ça, dès qu'on aura revou... Retrouvé notre éliquibre."

Qu'elle patiente encore juste quelques minutes. Qu'elle ferme les yeux. C'était tout ce qu'il demandait. Elle ne se rendrait même pas compte qu'elle s'était endormie.

Et ensuite, il faudrait remettre la main sur Stannis, l'ingénieur hongrois avec lequel il avait réfléchi à la conception d'un autre amalgame de débris... quelque chose d'un peu plus fonctionnel, un peu plus mécanique. Et il ne lui faisait pas confiance pour tenir sa langue ; ses manipulations n'avaient aucune prise sur cet intellectuel brillant mais arrogant, qui lui ressemblait au fond beaucoup trop. Tariq n'avait plus besoin de lui ; il n'allait quand même pas s'encombrer d'un complice auquel il ne faisait pas confiance, devenu inutile... Et puis Blue s'ennuyait, il n'avait pas eu sa dose de sang depuis quelques longues journées. Le spectacle des blessés ne lui suffisait pas.

Alors qu'ils se trouvaient soudain très proches l'un de l'autre, presque à se toucher, il envisagea un instant de faire du mal à Grisha, beaucoup plus de mal qu'il ne l'avait prévu ; mais il secoua la tête, non, ce n'était pas le moment. Un autre jour. Quand son heure serait venue. Quitte à jouer sur cet îlot le rôle du dieu de la mort, il convenait d'être un dieu cohérent. On n'était jamais seul dans un panthéon ; quelqu'un pouvait toujours venir demander des comptes.
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Jeu 21 Sep - 16:44



Tariq & Grisha  @WeirdBeverage



Si jamais la jeune femme avait eu l'intention de découvrir la recette secrète de Tariq, quand il évoqua la disparition de sa femme, sa quête mourut aussitôt dans l'œuf. Elle se découvrait toute inconfortable face à de tels drames, et pourtant, ça pullulait parmi les survivants. Beaucoup pleuraient leur moitié, leur ami, leur père, leur mère, leur frère ou sœur... Et les solitaires demeuraient muets. Que pouvait-elle comprendre la rousse à une telle perte, jamais encore elle ne s'était sentie assez proche de quelqu'un pour désirer unir son destin à celui ou celle-là. Le dernier, le menteur semblait avoir réussi à la toucher un peu plus, puisqu'il la convainquit de traverser un océan et de lui confier ses économies. Idiotie qu'elle ne recommencerait jamais, elle se le jura en avalant une gorgée de cette substance si bienvenue. Elle fut tenté de lui dire qu'elle se trouvait désolée de sa perte, mais tout le monde s'étant déjà exprimé à ce sujet, elle ne finirait que par alourdir l'ambiance encore plus. Inconsciemment comme dans tout moment de stresse sa main gauche s'en alla récupérer la boite de "médicaments" dans sa poche. Elle la fit tourner plusieurs fois entre ses doigts avec l'envie furieuse de recompter  leur nombre. Grisha sursauta légèrement quand il parla de son type d'homme, elle crut un instant qu'il s'en confiait à elle, et senti son cœur s'emballer tout en se répétant la phrase dans sa tête avant d'en comprendre le véritable sens.

« Oh je n'ai pas vraiment de genre  » Et sans mentir, la rousse ne se posait jamais cette question, d'autres préoccupations occupaient son esprit depuis toute petite, qui laissaient que peu de place pour une vie sentimentale. Encore fallait-il rencontrer quelqu'un aux idées   libres prêt duquel elle se sentirait immédiatement à l'aise que pour se montrer directement honnête avec lui  « Oui alors peut-être un type de caractère et encore, je suppose qu'on se retrouver parfois séduit par une personne inattendue voilà probablement pourquoi on dit que ça ne s'explique pas » La voilà à deviser sur l'amour, pourtant elle ne se prétendrait jamais experte. Bien qu'elle décrivit en long et en large dans ses bouquins des histoires passionnées et romantiques à souhait. Dans un monde idyllique ou elle eut certes préférée se retrouver plutôt que dans cette Isle. Même s'il se révélait un peu trop Rose et Gnan gnan au risque qu'on ne finisse pas par s'y ennuyer un jour. Encore fallait-il le tenter, qui sait elle y trouverait peut-être son bonheur ? Bref la rousse divaguait complètement, et rangea rapidement la petite boîte qu'elle tripotait depuis quelques minutes. Le lieu, ni la conversation ne se prêtaient à chipoter des gélules. Finalement elle accorda un gentil sourire à l'agent de sécurité  « Mais je suppose que je pourrai tomber beaucoup plus mal que Marin, surtout en ce moment, il pourrait nous dépanner et nous pourrions enfin nous extraire de ce lieu perdu »

Sans trop se poser de questions elle accepta le bol du jeune homme, elle n'opposa non plus aucune résistance quand il décida de lui donner sa part. Elle ne contredit pas ses justifications bien qu'elles lui parurent un Peu non avenues. puisque ni lui ni elle n’occupaient plus leur poste à la suite de la catastrophe. Autant dire que leur nouveau statut se résumait à chômeurs, mais sans aucune rémunération autre que la débrouille « Oh ben dis donc, si je le tiens mieux que toi, tu dois vraiment avoir aucune endurance, parce honnêtement je suis une petite consommatrice, je me contente de servir quand je suis derrière le comptoir ... » Et sous médication elle ne voulait pas se permettre trop de folies. Bon sans doute avait-elle tort, et qu'elle manquait le meilleur de sa jeunesse mais elle se rattraperait dès qu'elle retournerait sur le continent « Puis à la santé de tous les disparus » Ah zut encore un impair alors qu'il venait de souligner la mort de sa femme. Décidément elle les accumulait ce soir « Bon je termine ... ton kava, puis je pense que ... » Le plus intelligent se résumerait à se lever et courir aux infos alléchantes. Mais la voilà arrêtée dans sa bonne volonté, Tariq tangue sur ses jambes lui proposant de se donner quelques minutes pour rétablir leur équilibre. Il rit si bizarrement que ça se propage chez elle. Grisha s'esclaffe soudainement aux éclats avant de reprendre une attitude à demi-sérieuse.

« Bon oui d'accord ! Ca vaudrait mieux, une branche ça ne serait pas si grave mais un oursin ... Ça doit être encore pire qu'un cactus » Sans compter les méduses qui s'échouaient parfois sur le bord de l'océan, dont la masse gélatineuse cachait traîtreusement quelques pièges. Plutôt que de s'abstenir de boire encore, elle termina sa ration rapidement. Elle s'imaginait, la pauvre Grisha, que dans dix bonnes minutes ils évolueraient côte à côte dans la direction de ce nouvel espoir de fuite. Bizarrement un chant s'éleva de la forêt derrière elle, une berceuse, qui pouvait bien chanter à cette heure de la nuit. Ça ne l'inquiéta pas du tout, elle ferma les yeux pour mieux écouter. Et sans doute que Tariq l'imitait car on ne l'entendait plus. Une étrange torpeur l'envahissait, ça ne ressemblait en rien aux effets de l'alcool, du moins pour ce qu'elle en connaissait pour ne pas avoir consommé comme une effrénée bien souvent, tout au plus une fois. Sa bouche prit un goût particulièrement pâteux, et le sol devint particulièrement attractif, au point qu'elle y tomba à genoux se rattrapant de ses deux bras pour ne pas se retrouver allonger contre la terre « Bia .... ou .... Te  » Ânonna-t-elle alors que tout devenait noir...
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MessageSujet: Re: What a wicked game to play, to make me feel this way. [Grisha]   Jeu 21 Sep - 19:19

Tariq n'était pas totalement sûr de son coup. Il se réservait toujours une fenêtre de doute et de défaitisme, minime, mais dans laquelle il se tenait prêt à s'engouffrer dès que c'était justifié ; c'était une forme de sécurité contre les dangers de l'illusion optimiste, de la confiance aveugle et de la menace rose qui planait continuellement au-dessus de Grisha. S'il y avait une contagion qu'il craignait de sa part, c'était bien celle-ci. Enfin, qu'il aurait crainte, s'il l'avait crue possible.

Il écouta ses histoires entre plaisanteries innocentes, taquineries et élucubrations rêveuses, jusqu'à ce que tout se perde en balbutiements indistincts. Elle était tombée et il l'avait rejointe d'un bond ; l'attention fixe qu'il lui portait avait redoublé. Assis sur ses talons, le visage penché en avant, une main sur l'épaule de sa victime, il était plus silencieux et doux qu'un simple courant d'air ayant pris forme humaine, mais tout aussi froid. Son regard s'était animé de cette fascination morbide qui l'habitait continuellement au contact de ses semblables – semblables, quel mot mal choisi – et qu'il cachait avec soin. Maintenant, ce n'était plus la peine de le cacher. Il dévorait des yeux l'expression alanguie qui s'emparait des traits de la rouquine, la rendait inexpressive, dans l'engourdissement musculaire général qui la saisissait.

Saisir les signes ténus que seule une attention exacerbée pouvait percevoir. Reconnaître ceux qu'il avait déjà lus, sur d'autres visages. Recouper l'information, inférer des conclusions certaines. Il adorait faire tout cela. Si seulement il avait eu la moindre chance sur les planches, quel Hamlet il aurait fait... Mais ce n'était pas grave ; il avait son public, qu'il entendait sombrement, lentement, applaudir.

"Je suis là. Ça va aller."

Sa main sur l'épaule de Grisha ne suffisait déjà plus à la soutenir ; il passa les bras autour d'elle, et la laissa lentement s'affaisser contre lui, en caressant ses cheveux ébourriffés d'un geste paisible et rassurant. En passant par là et en les apercevant dans cette posture, on aurait pu croire à deux amoureux partis regarder les étoiles, l'un berçant l'autre qui s'endormait. Dans ces moments-là, si fugaces soient-ils, alors qu'il avait dans ses mains le fil ténu de la vie d'autrui et qu'il se sentait tout-puissant, il éprouvait quelque chose qui pouvait ressembler à de l'amour. Du moins, c'était ainsi qu'il imaginait l'amour des autres. Le moment où l'on n'a, enfin, plus rien à craindre, et où l'on pourrait mettre fin à tout, d'un seul geste, d'un seul voeu. Sa main se referma quelques secondes sur la gorge de Grisha inconsciente. Il sentait battre le pouls de la veine sous ses doigts, et la peau se soulever très légèrement sous le mouvement de la respiration. Il n'aurait eu qu'à serrer un peu... En fait, c'était très tentant.

Blue était là, assis à leurs côtés, le regard vague. Il ne daignait pas donner son opinion, que ce soit dans un sens ou dans l'autre. D'habitude, il était plus impliqué. Mais Tariq savait comment le distraire ; il avait prévu tout un jeu passionnant. Et puis, il y avait toujours son autre rendez-vous de la soirée... beaucoup plus rapide, beaucoup plus sanglant, si c'était ça qui ennuyait son invisible compagnon. Entre Grisha et Stannis, il n'aurait pas à se plaindre. C'était toujours très déstabilisant lorsque Blue se plaignait, et c'était pourquoi Tariq avait irrévocablement refusé d'avoir des enfants. Les plaintes qu'il ne pouvait pas éteindre dans le sang lui mettaient les nerfs à vif. Quitte à se dire qu'il finirait par le tuer, autant ne pas amener un être à la vie ; c'était plus logique comme ça.

Maintenant, alors qu'il soulevait Grisha dans ses bras et se mettait en marche vers les profondeurs de la forêt, il en venait à se dire qu'il aurait pu se débrouiller autrement... ne pas le tuer, mais simplement s'amuser avec, comme il s'apprêtait à le faire. Et il n'aurait certainement pas été le pire père qui soit. Cette pensée lui amena un sourire narquois sur le visage : pour qu'il en vienne à se dire ça, il fallait tout de même que l'espèce humaine soit le pire repaire de bandits qu'on puisse imaginer...

La cavité dans le sol s'ouvrait en deux endroits, comme un terrier à ciel ouvert. On y entrait par une bouche rocheuse à flanc de falaise ; c'est par là qu'il s'y traîna avec sa proie, jusqu'à la disposer sur un espace de végétation molle et sèche qu'il avait étalée sur la pierre, en guise de lit. C'était un peu plus réduit qu'une mansarde, mais tout de même plus vaste qu'un cercueil. Il n'y avait rien entreposé d'autre ; cette cache-là était réservée à ses captifs humains. En la quittant, il tirerait derrière lui plusieurs blocs de pierre pour dissimuler l'entrée, et la fermerait ainsi solidement depuis l'extérieur, avant de la couvrir de varech pour la rendre complètement invisible.

Mais ce n'était pas la seule ouverture. Là où le sol s'était effondré pour révéler cette petite crevasse, une cheminée naturelle, encombrée de végétation et à peine assez large pour qu'un écureuil s'y faufile, ramenait un peu de lumière dans ce caveau improvisé. Les sons pouvaient aussi passer, mais avec la mer qui s'écrasait sur les rochers à deux pas de là, et le peu de passage jusqu'à présent, il aurait fallu un miracle pour qu'on la retrouve en suivant ses cris.

Tariq observa, à la lumière de la lune qui pleuvait par l'orifice rocheux, sa captive immobile et silencieuse comme un cadavre. Elle avait toujours ces fameux médicaments sur elle, et il comptait bien s'en emparer. Elle avait eu une réaction trop intéressante la première fois qu'elle les avait perdus. D'ailleurs... Il récupéra la petite boîte dans la poche, joua avec quelques secondes, considéra le corps étendu d'un air perplexe, puis ouvrit la boîte et posa une gélule unique sur un caillou plat, à côté de la belle au bois dormant. Ensuite, méthodiquement, il entreprit de la déshabiller.

Ce n'était pas si facile. Une personne endormie avait tendance à opposer une force d'inertie notable à ce genre d'intentions. Mais avec de la patience, il y parvint. Il replia chaque pièce de vêtement et la posa sur la pierre, sans trop savoir encore ce qu'il laisserait sur place et ce qu'il emporterait. Il faisait chaud et lourd ; elle n'était pas réveillée par le froid, mais il espérait qu'il n'allait pas se mettre à pleuvoir ; elle risquait de finir noyée dans ce trou à rat, avant qu'il ait le temps de revenir la chercher. Ce n'était pas du tout le but. Si elle mourait, il espérait bien être dans les environs immédiats, pour pouvoir au moins profiter du spectacle !

Mais il était trop tard pour chercher une autre méthode. Ce serait cette grotte et pas une autre. Quitte ou double ; il faudrait croiser les doigts pour cette histoire de pluie. Enfin, il acheva sa tâche et se retrouva entre une pile de vêtements pliés et un corps entièrement nu. Son regard sombre et froid glissa comme un serpent au long des membres fins, sans la moindre gêne, sans désir particulier non plus. Le désir d'étreindre sa gorge fragile et de l'étrangler s'était lui-même apaisé avec l'effort du transport ; et c'était de loin la pulsion la plus puissante qui existait chez Tariq. Elle avait vraiment l'air morte, maintenant. Endormie et en paix pour l'éternité. En fait, elle avait l'air de cette statue de marbre magnifique, représentant l'Hermaphrodite antique, qu'il rêvait d'aller voir un jour au musée du Louvre, parmi tant d'autres monuments de la culture passée. Dans une autre vie, quand il serait un artiste international reconnu, et qu'il voyagerait autrement que pour encadrer les loisirs des autres...

Il posa la main sur le ventre de Grisha pour sentir le mouvement de sa respiration. Non, elle était bien en vie. Il sourit, retira sa main, ramassa la moitié des vêtements au hasard et quitta les lieux, en faisant rouler une pierre derrière lui, puis une autre, refermant les multiples portes de ce coffre-fort personnel jusqu'à la sortie. Il camoufla celle-ci avec un soin absolu, et se sentit soudain fatigué. Blue, en contrebas, avait les pieds dans l'eau. Bonne idée : un peu de frais leur ferait du bien à tous les deux. Et ensuite, il s'en irait en chasse.
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