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 A fellow of infinite jest, of most excellent fancy. (Logan)

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MessageSujet: A fellow of infinite jest, of most excellent fancy. (Logan)   Mer 14 Juin - 7:54

Dès qu’il s’éloigna des autres, Tariq se sentit déjà mieux. Ils avaient abattu des arbres, trouvé le moyen de naviguer jusqu’ici, ce n’étaient pas des manches ; mais il y avait toujours chez eux ce petit quelque chose de vulgaire qui l’agressait légèrement, l’odeur de la peur, peut-être, peur pour les autres, peur pour soir, peur en général. Il était humain, il ressentait de la peur lui aussi, mais pas à une telle fréquence ; il lui fallait d’excellentes raisons. La plupart des choses le contrariaient simplement. Il arrivait aussi qu’elles l’amusent. Ce naufrage l’amusait. Il ne ressentait pas la perte de ses possessions matérielles comme une angoisse ; il avait sa bibliothèque dans sa tête. Ça, s’il l’avait perdu… là, d’accord, il aurait eu peur.

Il s’était résolu à retrousser les manches de sa chemise et les jambes de son pantalon, mais pas à retirer sa cravate. Tout en marchant, en effectuant cette plongée dans les profondeurs glauques, il rêvait d’une autre plongée : il avait bloqué la cheville de sa femme dans la poignée de leur grande valise – ça lui avait demandé un petit effort, mais enfin, c’était faisable – et elle devait toujours flotter au fond des eaux, si les poissons grands ou petits ne l’avaient pas déjà démembrée ; un bien joli fanion, avec ses cheveux teints en roux qui flottaient, enfin dénoués, dans les eaux vertes.

Grâce à cela, il retrouverait quelques affaires utiles. Et notamment ses cravates. Il ne restait plus qu’à inventer un système pour plonger sans se mettre trop en danger. Une cloche serait l’idéal. Il y avait du bois ici, il y avait des pierres ; il pouvait sans doute y arriver. Il s’interrogeait encore sur l’arrivée d’oxygène, mais quelques tuyauteries prélevées sur l’épave y suppléeraient certainement. Puis, à force de marcher, il oublia ses rêveries techniques pour se consacrer à d’autres, plus littéraires.

Les citations du Barde se mirent à danser autour de son esprit, nues comme des nymphes, aussi nombreuses que les feuilles de cette jungle qu’il écartait sur sa route. Il les aimait toutes, sans discriminer. La grande folie de Hamlet et les petites folies de la Nuit des Rois… La jalousie d’Othello, et les monstruosités culinaires de Titus Andronicus. Aucune n’était trop grandiloquente pour qu’il peine à la prendre au sérieux, aucune trop facétieuse pour qu’il lui retire son estime. L’estime était décidément le plus doux sentiment qu’il existe en ce monde.

Il repensait parfois, avec une certaine émotion, à sa première victime. Cette enseignante qui s’était permis de l’humilier publiquement en affirmant : « Mais si vous aimez Shakespeare, c’est juste parce qu’il est un symbole de statut social. » Autant dire qu’il ne valait pas mieux que les fangirls de sa classe bavant sur le dernier boys band en date. Avec, en plus, la frustration d'être pauvre, fils de pauvre, et condamné à le rester. Une chute malencontreuse dans les escaliers. Il s’était senti puissant, invulnérable. Il n’était pas sur Terre pour qu’on lui manque de respect.

La vérité, il la connaissait. Il aimait Shakespeare comme il aimait Léonard de Vinci : parce qu’ils étaient seuls, sur leur piédestal. Ils appartenaient au même club que lui. Mais personne ne lui apprendrait jamais le sfumato, alors que les mots et leurs mystères dansaient juste à la portée de son ambition. Leonardo jouait avec sa panoplie sophistiquée, sans lui jeter un regard, tandis que William lui tendait la main. Il l’avait saisie, voilà tout. Et il ne comprenait pas qu’on puisse manquer de sensibilité au point de se méprendre là-dessus.

Ah, il était arrivé au squelette. « Pauvre Yorick, » sourit-il avec indulgence en venant ramasser la calotte crânienne nette et blanche, nettoyée au millimètre près, comme il l’avait espéré, par les insectes locaux. Mais ce n’était pas le crâne qui l’intéressait. Il n’avait rien contenu de bien folichon, de son vivant déjà, celui-là. Si une petite catastrophe en mer lui suffisait pour perdre la tête, c’est qu’elle n’était déjà pas bien accrochée au départ. Non, il avait l’oeil sur un os bien plus intéressant ; il fallait simplement qu’il trouve le moyen de faire bouillir de l’eau. Une grande préoccupation pour les hygiénistes du groupe, qu’ils avaient résolue en toute première priorité.

Il avait toujours rêvé d'avoir un couteau en côtes tressées. Cette idée avait quelque chose de presque romantique.
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