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 LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun

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MessageSujet: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Sam 3 Juin - 23:19

Les naufragés - sujet commun
Survivre au naufrage n'est que le commencement...

★ 3 juin 2013 - Naufrage du bateau de croisière le Pacific Queen
Il est 4 heures du matin. La tempête est arrivée si vite qu'aucun des passagers du Pacific Queen ne l'a vue arriver. Lorsqu'elle a surgi, il était déjà trop tard. On rapportera plus tard que des membres de l'équipage ont même déclaré qu'il s'agissait presque d'une tempête surnaturelle tant elle fut soudaine et violente. En quelques minutes à peine, elle ravage l'immense paquebot de croisière qui, pourtant insubmersible, percute un récif de plein fouet. La coque du bateau n'a aucune chance : éventrée sur plusieurs mètres, elle prend l'eau si rapidement que beaucoup de passagers se font surprendre par la violence des vagues qui pénètrent à l'intérieur du bateau. Tirés du sommeil brutalement, ils doivent trouver un moyen d'échapper à la noyade... Hélas, tous n'en sortiront pas vivants.

Il est cinq heures du matin. Le Pacific Queen est à la dérive depuis presque une heure maintenant. Tandis que certains passagers ont eu la chance de monter à bord des canots de sauvetage, d'autres se débattent au milieu des flots déchaînés, hurlant désespérément le nom de leurs proches. Pour tous, c'est le chaos. Ils sont perdus dans un océan Pacifique glacial, sans savoir où aller. Quelques uns prient, ou bien pleurent. Ils se savent voués à une mort certaine.

Il est six heures du matin. Le jour se lève pour les passagers encore en vie. Ils ne savent ni comment, ni pourquoi mais ils ont survécu à la tempête et au naufrage. Le courant les a guidés jusqu'à une plage déserte mais étrangement accueillante. Le sable est jonché de passagers à bout de souffle, frigorifiés et cherchant frénétiquement ceux qu'ils ont perdu de vue lors du naufrage. Pourtant, malgré leur état de fatigue et de faiblesse, ils sont soulagés d'être en vie. Ils pensent que le plus dur est derrière eux, qu'ils seront bientôt secourus.

Mais ils ont tort.


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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Lun 12 Juin - 11:57

Elle avait mal partout. Aux jambes, aux bras, au dos, à la tête. Tout la heurtait à chaque mouvement. Elle avait repris conscience depuis quelques temps. Déjà, on lui avait ordonné d'aider. Ordonner. On ne lui donnait des ordres qu'au travail. Elle n'aidait pas, sinon. Elle n'aidait personne. Parce que ça ne comptait pas. Mais ils étaient naufragés. Perdus sur une île. Loin de San Francisco. Loin de tout. Elle était loin de Cat. Elle ne pouvait pas laisser Cat. Si Clay ne tenait pas sa promesse. Si Gem ne revenait pas. Cat ne devait pas rencontrer Papa. Ou Logan. Il fallait que Gemma rentre. Plus vite. Elle avait accepté d'aller soigner quelques plaies. Juste quelques plaies sanguinolente alors que la sienne s'était tout juste arrêter de couler. La vue serait presque jolie, sans tous ses corps. C'est l'éclat de sa chevalière qui attira son attention. Puis la chevelure grise. Elle avait abandonné sans scrupule la blessée. « Hey ! Vous avez pas fini ! Revenez !! » Elle avait un bout de tissus qui pendait sur sa tête. Rien à faire. Devant le corps de Preston Senior, elle ne fit aucune prière. Elle n'avait jamais eue la fois. Son père l'avait de toute manière abandonné quand elle était née. Gem était le diable, pourquoi croire en dieu ? Elle fouilla les poches de la dépouille. Elle cherchait ce maudit bout de papier. Elle n'avait pas tout lâché pour perdre cette promesse d'avenir. Plutôt mourir. Elle partirait d'ici. Et avec un joli pactole en perspective. Rien. Pas de papier. Juste un passeport. Un billet de cent. C'est tout. Pas de testament. Elle tapa du poing, dans le sable, s'éclaboussant au passage. « Merde ! » C'était pas sa journée. C'était la journée de personne. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était bloquée ici. Pas maintenant. Elle s'y refusait. Elle ne resterait pas ici.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Lun 12 Juin - 14:49


Il y avait des jours avec et des jours sans. Des jours où on avait l'impression qu'on pouvait conquérir le monde et d'autres où on serait bien resté en boule sous sa couette, en attendant que la tempête ne passe. Sauf que parfois, la tempête ne passait pas. Elle continuait de vous souffler dans les bronches et vous retournait comme une crêpe, vous jetait dans les vagues sans la moindre pitié. En fait, songeait Ray, c'était littéralement ce qui était en train de lui arriver. Il était en train de se mettre faire KO par une saleté de tempête et il n'avait aucun moyen de répliquer, à part boire la tasse de manière absolument pathétique.
Ensuite, ce fut le trou noir. Le premier d'une longue liste.

(...)

Lorsqu'il rouvrit les yeux, il avait l'impression que son crâne était sur le point d'exploser. Mais ce n'était pas ce qui l'inquiétait le plus. Non, ce qui l'intriguait vraiment était qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait, ni pourquoi il flottait là, au milieu des vagues, à quelques mètres d'une plage. Pour être tout à fait honnête, il ne savait même pas qu'il était. D'accord, ça, c'était franchement flippant.
Il essayait de nager pour rejoindre la terre ferme mais ses membres refusaient de coopérer, comme engourdis par le froid et la houle. Un cri étranglé, entre celui d'un cochon qu'on égorge et d'un chaton affamé, s'échappa de sa gorge. Plus il se débattait, moins il parvenait à ses fins. Finalement, il abandonna la bataille, se laissa porter par les vagues et ferma les yeux en se demandant s'il les rouvrirait un jour.

(...)

Le réveil suivant fut le plus difficile. Il était cette fois-ci allongé face contre terre et avait du sable plein la bouche. En grognant et toussant, il se redressa péniblement et essuya d'un geste mal assuré les cheveux qui avaient collé sur son visage. Sa main en ressortit imprégnée de sang mais aussi étrange que cela puisse paraître, cela ne l'inquiétait pas. Non, ce qui le faisait vraiment flipper était qu'il avait la tête toujours aussi vide, comme si on avait aspiré son cerveau. Ray. Il s'appelait Ray. Ça au moins, il s'en rappelait, c'était déjà de pris. Mais tout le reste était un mystère. Il ne savait même pas comment il avait fait pour se retrouver sur cette plage au milieu de nulle part. Peu à peu cependant, les pièces du puzzle se mettaient en place dans son esprit : il n'était pas seul, puisque d'autres personnes étaient allongées à côté de lui, certains ayant déjà passé l'arme à gauche et d'autres crachant leurs poumons en bonne et due forme. Les débris, valises et quelques gilets de sauvetage qui flottaient dans l'eau indiquaient que quelques heures auparavant, ils se trouvaient encore à bord d'un bateau.
Finalement, après être resté prostré pendant dix minutes, le temps de réaliser ce qui venait de lui tomber sur le coin du museau, Ray se leva et fit quelques pas sur le sable en titubant, essayant de repérer les survivants du naufrage. Même si ça ne lui plaisait pas vraiment, il allait devoir s'appuyer sur les autres s'il voulait rester en vie sur ce fichu caillou. Nom de dieu. Et sa mémoire qui restait désespérément vide !

Malgré sa vue trouble, il aperçut à quelques mètres de lui une fille qui tapait dans le sable rageusement. Si elle commençait déjà à péter les plombs, c'était de très mauvaise augure pour la suite. Mais il comprit bien vite que ce n'était pas le naufrage qui la mettait dans tous ses états : non, la gamine était en train de détrousser un mort. Comme ça, sans le moindre scrupule. A moins que ce type soit son père, ce dont il doutait, elle ne manquait vraiment pas d'air. « T'as perdu quelque chose, peut-être ? » lui lança-t-il d'un ton légèrement sarcastique en s'affalant près d'elle sur le sable, la main sur le crâne pour empêcher le sang qui continuaient de couler à grosses gouttes. Oh, il ne la jugeait pas vraiment, il était surtout surpris par sa réaction. Il n'avait pas non plus eu l'intention de s'installer près d'elle, il faisait simplement une... pause. Oui, c'était ça, une petite pause. Autour d'eux, le sable était jonché de personnes qui chouinaient et recrachaient de l'eau et tôt ou tard, il allait bien venir vérifier s'ils allaient bien.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Lun 12 Juin - 18:43

C'était chiant. Elle puait la moule. Elle avait du sable partout, même sa petite culotte. Elle était toujours pleine d'eau à cause de la dérive. Elle avait mal aux yeux à cause du sel. Elle avait mal à la tête. Au dos, encore et toujours. A croire qu'elle avait passé un temps dans le tambour d'une machine à laver. Et malgré tout ça. Malgré le désastre du Pacific Queen, elle n'allait même pas rentrer avec un rond. Rien. Nada. C'était frustrant et démoralisant. Et ils continuaient tous à brayer. Oui, il y avait des morts. Oui, il y avait des blessés. Soyez heureux d'être en vie, peut-être. A moins que cette île ne soit leur malédiction. Ou la sienne, à Gem. Une de plus dans une longue liste de malédictions. « T'as perdu quelque chose, peut-être ? » Elle leva le nez vers l'emmerdeur qui la rejoignait. Pas lui. Il venait réclamer de l’argent ? Ou bien pour la menacer. L’espionner peut-être mais dans ce cas, il était loin d’être subtil. Elle aurait attendu mieux de sa part.  « Je vous ai pas sonné. Retournez à vos affaires. » Elle retourna à son mécontentement. Pourquoi fallait-il qu'on vienne la déranger ? Pourquoi ne pas la laisser avec son macchabée ? Peut-être qu'elle se recueillait ? Peut-être que c'était son père. Personne ne le savait. Elle se pencha en avant pour ouvrir la veste de Preston senior. Si elle avait bien senti ce qu’elle avait senti, elle pourrait au moins tuer le temps. D’ici à ce que d’autres s’entre tuent. Car soyons honnête avant d’être intelligent, elle savait qu’il y aurait quelques bains de sang avant l’arrivée des secours. Si les secours venaient. Mais un bateau comme le Pacific Queen, ça devrait bien retenir l’attention des Etats Unis. Elle était relativement confiante. Ce qui l’embêtait, c’était les autres. Elle avait passé un voyage bien trop lourd. Pesant. Elle n’avait aucune envie de se retrouver avec eux. Et pas avec ce mec. Surtout pas. Il manigançait quelque chose. Elle sortit la flasque. En argent vu le poids. Parfait. Elle se leva. Elle lui jeta un regard glacial. Elle ne comptait pas faire ami-ami avec lui. Elle ne savait même pas son nom. Elle savait juste que c’était un gros con. A la manière dont il l’avait observé tout du long. « Il est tout à vous, de toute façon, y a que dalle. Soit vous me narguez parce que vous l’avez. Soit c’est au fond de ce foutu océan. » Elle partit dans la direction opposée en ouvrant sa nouvelle petite vasque chérie. Elle la porta à sa bouche. Du gin. Urg. Elle avait horreur du gin. Papa en buvait sans arrêt. Elle regarda autour d’elle. Des gens en larme, deux blondes qui se serraient dans les bras. Étrange. Il y en avait eue qui semblait en bon état. Et puis,  des carcasses, des valises éventrées. L’enfer. Elle but une gorgée. C’était infect. Mais bon. Ça avait le mérite de brûler la gorge et d’atténuer les douleurs. Elle glissa la flasque dans sa ceinture, à défaut de poche. Et partit en quête de cigarettes. Il devait bien y en avoir un paquet dans un des déchets recraché par le paquebot.

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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Mar 13 Juin - 0:42

Castaways & Grisha


L'eau lui mouillait les chevilles, provoquant de légers frissons malgré les quelques rayons du soleil qui erraient sur sa peau blanche. La naufragée décida donc de se cacher pour décider ce qu'il serait plus judicieux de choisir par la suite. Autant ne pas se faire molester par des voyous directement. De ceux qui vous font les poches dès qu'une opportunité se présente en s'imaginant que vous êtes plus faibles qu'eux. Une fois debout  Grisha se rendit compte qu'elle boitait fortement. Baissant son regard vers ses membres qui lui permettaient d'avancer, elle remarqua alors une grosse entaille qui partait de sa cheville, montant jusqu'à la moitié du tibia. Elle n'en ressentait aucune douleur - pour le moment -. Cela l'inquiéta légèrement, mais la rousse déchira un autre morceau de sa robe pour l'entourer comme elle pouvait autour de sa jambe. Quelques silhouettes passèrent à ses côtés sans qu'elle puisse les identifie.Visiblement ils cherchaient quelqu'un car ils ne cessaient de répéter un prénom. Jusque-là son cerveau refusait de lui transmettre exactement toutes les infos qu'il assimilait. Ou alors Grisha tentait de se murer dans une espèce de déni ou elle pouvait encore espérer qu'un garde côte surgirait en lui proposant d'embarquer dans une Jeep rutilante. Oui parce qu'un tel naufrage ne pouvait pas passer inaperçu, et les autorités locales seraient surement très vite averties. Elle se jura alors de téléphoner à sa famille pour prendre de leurs nouvelles, et leur annoncer qu'elle reviendrait vivre avec eux pour toujours.

Alors que la jeune femme décidait de se diriger vers un groupe plutôt calme elle trébucha sur un corps. Un autre. Il devint alors évident que sur le nombre de passagers, autant vacanciers que personnels, celui des vivants se situait bien en-dessous de celui des disparus. Plus loin une jeune fille ( Gem ) fouillait un corps avec énergie.  A moins qu'elle ne chercha à le réanimer ? Il devait bien y avoir des blessés qui réclamaient de l'aide. Et maintenant que la rousse s'était assurée que ses saintes pilules voyageaient dans son sac, elle pouvait bien prêter main forte à ceux qui le nécessitaient. Au silence premier, que la jeune femme croyait régner, s'ajoutèrent tout doucement des cris, des pleurs ou des râlements. Une bizarre odeur commença à lui agresser les narines, faite à la fois de souffre, de fer, de sel ainsi que d'une flagrance de crustacés. Son nez ne résistant pas elle éternua plusieurs fois en s'avançant vers la blonde qui maintenant ne tracassait plus du corps. La demoiselle semblait ruminer de ne pas avoir réussi à le sauver. Venait-elle de perdre un membre de sa famille ? Alors que Grisha se trouvait toute proche elle hésita à venir se mêler de ce deuil. Cependant le visage de la fille se précisait tout doucement, oui elle travaillait aussi dans cette croisière. Alors qu'elle se faisait ses réflexions, un autre arrivant, un homme ( Ray ) dont elle n'admira que le dos vint s’asseoir prêt de la Blonde. Un dialogue s'ensuivit qui mit la rescapée légèrement mal à l'aise, peu certaine de ce que tout ça signifiait. Désorientée par un stress qui s'intensifiait alors que la situations s'éclaircissait de plus en plus,  elle lâcha sans le vouloir, victime d'une écholalie passagère « foutu océan. »


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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Mar 13 Juin - 18:57


« LES NAUFRAGÉS. »
ft. the castaways

L’évacuation des passagers du bateau fut un véritable calvaire. Joanna fut parmi les plus chanceux qui ont pu embarquer sur les canots de sauvetage, tandis que la tempête frappait de plus belle et faisait trembler l’océan. Si les passagers restés à bord hurlaient au désespoir de ne pas monter sur les canots, faute de places, pensant que Joanna et les autres allaient avoir plus de chances de survivre, ils se trompaient : les quelques canots largués en mer n’ont même pas tenus dix minutes, engloutis par les vagues qui se faisaient de plus en plus grosses. Alors qu’elle peinait à reprendre son souffle, Joanna n’arrêtait pas de boire la tasse. L’océan ne lui laissait aucun répit. Sans son gilet de sauvetage, elle aurait probablement été envoyée au fin fond de l’océan. Comme une grande majorité de passagers malchanceux. Abasourdie par le déchaînement des vagues, elle ne voyait plus ce qu’il se passait autour d’elle, et elle se contenta de simplement rester à la surface, à la seule force de ses jambes. Respirer. Le plus possible. Et survivre le temps qu’il faudra, avant qu’il ne soit trop tard.

**********

Joanna avait déjà repris ses esprits sur la plage, qu’elle commença déjà à venir en aide aux autres naufragés. Elle s’était débarrassée de son gilet de sauvetage pour le poser derrière la tête d’un homme, allongé sur le dos dans le sable. Blessé et en état de choc, elle lui serrait la main et n’arrêtait pas de lui parler, pour dissimuler la panique ambiante. Quelques minutes plus tôt, après avoir retrouvé ses esprits, elle avait déjà tenté de réanimer un homme qui s’était noyée, mais c’était trop tard : il était déjà mort. Cette fois-ci, l’homme qu’elle essayait de calmer était bien conscient, mais avait la jambe déboîtée : son genou était gonflé, sa rotule anormalement grosse et son pied pointait vers une direction opposée. C’était moche. Vraiment pas beau à voir. La jeune anglaise jeta un rapide coup d’œil autour d’elle afin de chercher de l’aide. ❝ J’ai besoin d’aide par ici ! Quelqu’un, vite ! ❞. Heureusement, un homme vint rapidement à sa rencontre. ❝ Contentez-vous de le tenir par les épaules, empêchez-le de bouger par tous les moyens. ❞ Elle ne savait absolument pas ce qu’elle faisait. Elle ne comprenait pas comment elle pouvait garder son sang-froid dans un moment pareil. Pendant que l’autre naufragé tenait fermement l’homme blessé, Joanna tira brutalement la jambe blessée de ce dernier, qui poussa un horrible hurlement. Mais le naufragé avait de la force, et le blessé ne bougeait presque pas. Elle lui leva son pouce pour le remercier et lui intima de garder un œil sur le blessé pendant quelques temps, avant de l’évacuer vers le fond de la plage.

Joanna se releva et se passa une main sur le visage, déjà fatiguée. Autour d’elle, il n’y avait que le chaos. Le jour se levait progressivement et la mer semblait moins agitée. La jeune femme observa l’horizon ; malgré la situation, elle aurait pu trouver cette vue magnifique s’il n’y avait pas autant de bordel autour d’elle. Son regard se porta alors sur les rescapés encore en mer. Parmi eux se trouvait une petite fille, qui se débattait contre les vagues. Elle avait un gilet de sauvetage, mais elle agitait les bras avec espoir de gagner la terre ferme. Sans succès. Ses mouvements étaient lents et faibles, impossible qu’elle puisse lutter contre le courant dans ces conditions. Joanna se précipita à la mer, et nagea dans sa direction pour la ramener sur le sable. La fillette ne bougeait plus. ❝ Quelqu’un peut m’aider ?! ❞ Autour d’elle se trouvait plusieurs personnes, et ses yeux passèrent d’un survivant à un autre, en passant par un homme assis sur le sable, à une jeune femme rousse, et à une autre, blonde cette fois, qui semblait chercher dans les débris du naufrage. Pas question de laisser une nouvelle personne se noyer à nouveau, surtout s'il s'agit d'une enfant. Alors qu’elle agitait les bras, elle retira le gilet de sauvetage de la fillette pour lui permettre de respirer. N’y avait-il pas, parmi tous ces naufragés, un foutu médecin qui pouvait gérer une noyade ?
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Mar 13 Juin - 23:09

Cette tempête n'était pas normale. Il arrivait que des marins se fassent surprendre par des éléments naturels mais cette fois, c'était impossible. Pourtant, contre toute attente, le Pacific Queen allait désormais régner sur les fonds marins et plus rien d'autre. Quand Emilien reprit conscience après les divers chocs occasionnés par le naufrage, il réalisa la catastrophe. L'eau était gelée, sa tête semblait avoir pris un coup car il avait l'impression que tout autour de lui bougeait. Le capitaine reprit vite ses esprits et réalisa que beaucoup de gens allaient avoir besoin de son aide. Il avait fait partie des marines, il était entraîné pour affronter ce genre de situations alors que nombreux devaient être les vacanciers qui ne savaient pas quoi faire.

Emilien repéra une personne dont la jambe s'était coincée dans des débris et s'empressa de venir l'aider. Le capitaine parvint à libérer l'individu aux prix de grands efforts et quelques filets de sang s'échappèrent quand il libéra la jambe entravée. Cette personne allait avoir besoin de soins et de repos. Emilien passa un bras autour de sa taille et se mit à battre des jambes pour remonter à la surface. Il avait toujours été bon en apnée mais comme tout être humain, ses poumons avaient leurs limites.

Quand ils arrivèrent à la surface, l'homme prit de grandes goulées d'air et toussota pour recracher les quelques filets d'eau qui s'étaient sournoisement glissés dans ses poumons. Emilien se retourna alors et observa le spectacle. Le bateau qu'il commandait, sombrant vers les abysses. Des dizaines de corps, face vers les fonds marins, flottant sans vie. Par endroits, des flaques pourpres, indiquant qu'une personne avait été blessée ou était morte à cet endroit. Emilien ne se laissa pas le temps de flancher et aida l'individu blessé à regagner la terre ferme. Le trajet fut long car tirer un blessé demande beaucoup d'énergie. Quand ils arrivèrent sur la plage, Emilien était à bout de souffle. L'homme rampa et tira l'inconnu un peu plus loin pour lui éviter de rester dans les vagues. Il s'apprêtait à retourner vers les flots pour sauver un maximum de gens quand un appel à l'aide l'interpella.

Une jeune femme aux cheveux bruns était assise aux côtés d'une fillette allongée sur le sable. Visiblement, celle-ci avait besoin d'aide. Emilien courut vers elle et se jeta à genoux auprès de l'enfant. Il lui fit un massage cardiaque et insuffla de l'air dans ses poumons. Répétant la manoeuvre plusieurs fois, l'homme s'arrêta soudain et observa la réaction. Durant quelques secondes, il eut une boule de stress au creux du ventre. La perdre serait horrible. Heureusement, l'enfant recracha de grandes quantités d'eau tout en se relevant.

- Ouf ...

Il se laissa tomber dans le sable un instant puis désigna la brune du doigt alors que la fillette relevait les yeux.

- Mademoiselle t'a sauvé la vie, petite.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Mer 14 Juin - 8:13

Le craquement de l’os. Le cri perçant, étouffé par le mouchoir fourré au fond de sa gorge, qui se gonflait de sang. Le sentiment de libération infini qu’il avait ressenti en regardant ces bras tordus, tendus vers lui contre toute raison, s’engouffrer à jamais dans le creux sombre et disparaître en direction des profondeurs. Il ne s’en lassait pas. Il se repassait le film dans sa tête. Elle était morte. Il n’était plus un homme marié. Elle avait « marché accidentellement sur leur valise et s’était coincé le pied ; le poids l’avait entraînée vers le fond. » Il était « inconsolable », bien sûr. Tous, ici, l’étaient, alors pourquoi pas lui ? Ça aurait paru étrange.

A chaque brasse, il se le redisait : il était libre. Il était libre. Il était libre.

Un débris flottant attira son attention, et il le ramassa au passage, sans trop prendre garde à ce que c’était. Mais on le lui reprocherait plus tard, s’il ne le faisait pas. Il grimaça, en prenant pied sur le sable : non, pas libre… pas tout à fait. Il aurait fallu tous les éliminer, l’un après l’autre, et il ne se sentait pas d’humeur à rêvasser d’une telle entreprise. Le débris était une valise comme la sienne, blanche, encore fermée. Il la jeta sur le bord, auprès des personnes étendues, et reprit son souffle, en essuyant en vain sur ses lèvres le goût écoeurant du sel. Il avait toujours ressenti les goûts, les odeurs, avec plus d’acuité que ses camarades, ce qui était parfois très agaçant, d’autres fois très utile. Son regard courait sur les vagues. Voyons, qu’attendait-on d’un agent de sécurité, en pareille circonstance ?

Il inspira profondément, et replongea à l’eau. Les nageurs qui levaient la main. Il fallait les réceptionner et les déposer en lieu sûr. C’est ce qu’il fit, mécaniquement, jusqu’à l’épuisement. Ça lui évitait de faire la conversation. Tariq aimait converser, mais pas avec ceux qui le prenaient d’office pour un manœuvre, voire un imbécile. Il attendrait de repérer les quelques individus qui sortiraient du lot pour se rapprocher d’eux dans ce domaine. Quand il sentit que ses membres tremblaient sous la tension de l’effort, il regagna le bord et s’assit, les bras noués autour des genoux, sans quitter du regard la direction de l’épave. Il respirait calmement, profondément ; on aurait pu croire qu’il méditait, s’il n’y avait pas eu, autour de lui, tout ce chaos ambiant.

Il y avait encore des gens à bord, c’était certain. Il repensait notamment à ce marin qui s’était vanté auprès de lui de ne pas savoir nager, que c’était la tradition, qu’ainsi on souffrait moins au moment d’un naufrage. Il était à bord ou au fond, celui-là. Tariq se tourna vers les autres et les regarda quelques instants fourmiller, puis se releva en s’étirant.

« Je crois que je vais y retourner, » lança-t-il à la cantonade, de sa voix posée, presque désinvolte. « Ma femme est encore là-bas. Et l’infirmerie doit être submergée, mais ça vaudrait le coup d’y faire un plongeon. »

Il ne s’attendait pas spécialement à ce qu’on lui réponde, ou qu’on le suive, d’ailleurs ; il annonçait simplement ses intentions. Il avait mangé sa pause peu avant l’accident, il se sentait en forme, et sa petite séance de natation l’avait agréablement échauffé ; l’adrénaline courait dans ses veines, et s’il ne se fatiguait pas de nouveau, il se connaissait : il serait tenté d’attaquer quelqu’un. D’ailleurs, le retour sur l’épave n’excluait pas cette éventualité. Mais à vrai dire, si un courageux levait la main et lui proposait de l'aider à construire un radeau, il n'aurait pas été hostile. Il insista donc un peu, en se forçant cette fois à rechercher le contact visuel avec les personnes qui l'entouraient.

« Si vous avez besoin de quelque chose... je ne sais pas, des boîtes de conserve... Je peux essayer d'y jeter un oeil, tant que j'y serai. »
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Jeu 15 Juin - 17:38

Toujours assis dans le sable à côté de Blondie, Ray observait avec une étrange fascination sa chemise à moitié déchirée, ce qui indiquait qu'il avait certainement eu une altercation avec un ou deux rochers pendant le naufrage. Au moins, cela expliquait pourquoi il avait perdu la mémoire : sa tête avait dû cogner un peu trop fort et comme par magie, tous ses souvenirs s'étaient envolés. Décidément, cette journée se déroulait de mieux en mieux !
Tandis qu'il inspectait nonchalamment les dégâts sur son avant-bras et sa hanche, Blondie s'était tournée vers lui et crachait son venin sur lui. On pourrait croire que dans lors d'un accident, lorsque des personnes sont en danger, tout le monde se transforme en bon samaritain prêt à aider son prochain mais visiblement, Blondie ne rentrait pas dans cette catégorie. En fait, elle était même carrément désagréable.  « Oh désolé, désolé d'avoir dérangé sa Majesté. » répliqua-t-il en baissant légèrement la tête, un sourire au coin des lèvres. Ce dernier disparut bien vite lorsqu'elle se leva, mentionnant que ce qu'elle cherchait devant être en sa possession ou au fond de l'océan. Hein ? De quoi parlait-elle ? Visiblement, ils avaient fait connaissance auparavant mais Ray était incapable de se rappeler des circonstances. « Alors là, va falloir m'éclairer parce que... » Trop tard, elle s'éloignait déjà, une fiole d'alcool à la main. « Hey, tu pourrais en faire profiter les copains ! » lança-t-il en se relevant, les jambes légèrement tremblantes. Allez, bouge toi mon vieux ou tu vas pourrir ici.

Une voix près de lui attira son attention : une jeune femme marchait vers lui d'un pas hésitant, ses vêtements complètement déchirés. Elle ne semblait pas trop amochée mais son teint grisâtre suggérait qu'elle avait peut-être besoin de soin. « Ça va la rouquine ? T'as pas l'air très bien, tu devrais t'asseoir. » ajouta-t-il en lui tendant le bras pour l'aider.

Au même moment, une femme brune s'égosillait, appelant à l'aide. Ray eut à peine le temps de poser ses yeux sur elle qu'un homme bondit de nulle part et s'agenouilla à côté d'une gamine mal en point avant de lui faire un massage cardiaque. « Tout va bien les gars, Captain America est parmi nous, on est sauvés... » lança-t-il en remarquant soudain la tenue que portait l'homme : à en juger par son uniforme, ce type faisait partie de l'équipage du bateau. Ray ne savait pas s'il devait se sentir désolé pour cet homme, qui venait de perdre son bateau et une partie de son équipage, ou bien s'il devait l'insulter pour ne pas avoir réussi à empêcher le naufrage.
Pour essayer d'oublier le mal de tête qui commençait à vriller à l'intérieur de son crâne, il se concentra sur la petite rouquine dont la jambe n'était pas en très bon état. « Je peux jeter un œil à ta jambe ? » Il n'avait aucune idée de ce qu'il était en train de faire : à priori, il n'avait aucune compétence médicale ou du moins, il ne s'en rappelait pas. Pourtant, son instinct lui soufflait qu'il saurait quoi faire, qu'il avait déjà été face à ce genre de situations et à ce type de blessures.

Il attendait sa réponse lorsqu'un autre type prit la parole d'une voix étrangement calme, comme si leur situation était tout à fait normal. D'ailleurs, Ray se demandait comment il avait fait pour rester lui même aussi calme. Il s'attendait presque à péter un plomb à n'importe quel moment, parce que bon, c'était comme ça qu'on est censé réagir dans ce genre de situation, non ? « Retourner là-dedans ? » répondit-il d'une voix un peu trop aiguë à son goût. Mode mauviette activé. « Mon pote, à ta place, je serais juste content d'être en vie et j'irais pas tenter le diable. » Sauf qu'il était à la recherche de sa femme. Qui était probablement noyée à l'heure qu'il était. « Oh. Désolé pour... enfin, pour ta femme... C'est vrai qu'on pourrait peut-être récupérer des trucs utiles là-bas mais vu le nombre de blessés sur la plage, je crois qu'on devrait d'abord s'assurer que tout le monde va bien ici. » Après tout, l'épave n'allait pas disparaître tout de suite, elle risquait de mettre un peu de temps avant de s'enfoncer entièrement dans l'eau. « D'ailleurs, à ce propos, est-ce que quelqu'un pourrait me dire ce qui s'est passé exactement ? Parce que... c'est un peu flou. Non, en fait, je me rappelle de rien du tout. » Et lorsqu'il disait rien, il ne parlait pas seulement des détails du naufrage mais de sa vie entière. Mais à moins d'un miracle, personne ici n'allait pouvoir l'aider à se rappeler de sa vie d'avant.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Jeu 15 Juin - 21:59

Les naufragés - sujet commun
It looks like you might be one of us.

★ 3 juin 2013 - Naufrage du bateau de croisière le Pacific Queen
Elle était là ta chance. Le signe que tu attendais. La tempête c'était levée brusquement, alors que tu te trouvais à mi-chemin sur la plage du chemin de retour vers votre village. Elle avait sifflé, tempêté, t'avais projeté au sol. Te clouant au sable qui te fouettait la peau à chaque bourrasque. Si tu ne t'étais pas trouvé là, sur ce rivage, tu n'aurais pas aperçu le bateau. Cet immense paquebot dont parlaient les livres des aïeux. Tu n'aurais pas assisté à sa lente submersion. Tu n'aurais pas vu les lumières mais surtout ... tu n'aurais pas vu les naufragés. Ta décision avait été prise en un éclair. Lorsque la tempête s'était apaisée et que les premiers corps étaient apparus dans l'eau, tu avais compris qu'elle était là ta chance. Tu cours en direction des vagues encore hautes qui s'écrasent sur la plage, guettant celui que tu deviendras. Celui qui sera ta porte d'entrée pour leur monde. Leur univers. Tu as blâmé Dorian pour ce qu'il a fait il y a des années, pour s'être retourné contre eux. Tu ne ferais pas la même erreur. Tu ne les trahirais pas. Bianca. Penser à ta sœur a presque faillit te faire douter. Elle était la seule qui te rattachait à cette vie là-bas dans la jungle. Mais elle comprendrait. Elle t’avait toujours compris. Tu scrutes les corps à la lumière des étoiles, tu ne dois pas te faire voir du rivage, des survivants du naufrage mais aussi des autres « Survivants ». Comme si l’île elle-même t’encourageait, un corps approchait de toi, son visage dans l’eau n’était pas visible mais la corpulence, les cheveux correspondaient aux tiens. Tu le tires vers toi, hors de l’eau. Puis sur le sable. Tu retournes son corps sur le rivage, son visage a été abîmé par l’accident, mais une certaine ressemblance te saute aux yeux. Tu penses à Dorian. Son erreur a été de ne pas figurer sur le manifeste de bord. Tu avances dans le sable, luttant contre le vent, contre le poids du corps entre tes mains, tu le tractes vers la jungle. La même corpulence que toi. Les mêmes yeux. A l’abri des arbres tu fouilles ses poches, les vêtements mouillés sont difficiles en ôter, tu ne laisses au mort que ses sous vêtement. Tu te déshabilles, ne gardant aucun de tes vêtements à la toile grossière qui pourrait leur laisser une chance de comprendre que tu n’étais pas des leurs. Tu enfiles le pantalon cargo, le tee-shirt abîmé par le naufrage, les chaussettes mais pas les chaussures de randonnées trop petite, taille 43, il te manque un peu d’espace, tu dois faire du 44. Dans la poche de son pantalon il y a un portefeuille, avec la photo d’une fille à l’intérieur, ses billets d’embarquement, il logeait dans une cabine de seconde classe, tout était écrit sur le billet, bien lisible malgré le passage dans l’eau. Il voyageait seul. Il s’appelait Adrien Prisneski, il vivait à la Nouvelle Orléans, selon un de ses papiers plastifié il était ... Artiste. Tant de signes, comme si l’île avait mis cet homme en travers de ton chemin. Il n’avait pas survécut au naufrage mais ... Il survivrait sur l’île, grâce à toi. Tu étais Adrien. Il était ta chance, ton signe, ta destinée.

(...)

Tu l’avais enterré dans un coin isolé proche du lieu du naufrage, tu avais creusé sa tombe de tes mains et tes ongles courts avaient souffert de cette activité, tu étais sale, maculé de terre, de sang, ton sang et celui de ton « envoyé ». La pierre était posée à côté de toi, ainsi que le couteau. Tes pas t’avais conduit aux falaises. Il le fallait. Infliger des dégâts qui prendraient des semaines, des mois à se résorber. Être méconnaissable pour que les anciens survivants, pour que Ruby que tu avais visité, ne puisse te reconnaître. Tu le devais. Étrangement tu y étais prêt. Tu avais survécu à une blessure qui aurait dû être mortelle. Anton et Aleksey te pensaient faible et incapable de supporter la souffrance. Ils se trompaient. Tu étais peut être celui qui avait la plus forte volonté dans votre famille, tu ne le réalisais que maintenant. Il t’est aisé de tailladé tes bras, tes paumes, ton torse, tes jambes là où les vêtements ont été endommagés. Ta main ne tremble pas, tu sembles avoir échappé à ton corps. A la douleur et au sang qui ruisselle sur ta peau. Tu prends la pierre, tu ouvres les blessures, accentue leur dessin sur ta peau pour qu’elles semblent faites par des rochers. Tu lèves la pierre, l’abat une fois, deux fois contre ton visage avant de perdre connaissance quelques instants. Lorsque tu émerges de nouveau la douleur irradie ton œil droit est gonflé. Mais tu n’as pas renoncé. Tu sais que cela ne sera pas suffisant, que tu ne pourras pas te blesser suffisamment pour rendre ton histoire crédible. Tu contemples l’eau tumultueuse de ton seul œil valide. Tu as foi. Tu t’accroupis alors près de l’eau, tu as foi en l’île, en ce qu’elle attend de toi. Ton plongeon est parfait, aux pieds des falaises, là où l’eau peut vous emporter. Tu te laisses ballotter, ton corps heurte la roche, déchire les chaires. Tu sais que l’île te protégera. Alors tu t’abandonnes, ton corps, ton visage, heurtent la roche, se brisent, se déchirent, se fendent. Tu es entraîné sous l’eau, dans les rouleaux. Mais tu n’as pas peur. C’est ta foi en l’île qui te porte, tu sais qu’elle accomplira son dessein. Tu le sais depuis que ce bateau est apparu au loin. Telle est la dernière pensée consciente que tu emportes quand ton visage est broyé par la roche et que ton corps est emporté au large.

(...)

Le sable, le sable sous ta peau tuméfiée, le froid qui fait claquer tes dents, la douleur qui n’épargne aucune zone de ton corps. Le ressac qui te pousse, ton corps qui frotte entre eau et sable, ton visage dans l’eau, le sel dans ta gorge. Respire. La douleur. La vie. Vivant. Tu trouves la force de te tourner sur le dos, ton corps heurte le sable, douleur. Tout n’est que douleur. Mais lorsqu’un visage je penche sur toi alors que tu expulses l’eau des poumons, tu sais que tu n’as pas fait tout cela pour rien. Enfin tu t’es échappé de cette prison qu’était ta condition de Native ; qu’importe le prix, tu es libre.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Ven 16 Juin - 20:03

Comme un satellite, elle fouillait les débris alentours. Du coin de l'oeil, elle voyait une brune, proche d'une fillette. Son cœur se serra. Heureusement, Cat n'était pas à bord. Elle évitait une probable mort. Elle évitait que son petit corps de poupon ne soit brisé, perdu sur une île. Gem voyait un point positif à tout ce  désastre. Sa petite fille était saine et sauve, au chaud avec un probable chocolat. Elle ne buvait que ça le matin. Du chocolat. Le ventre de la serveuse émit un bruit tonitruant. La faim. Elle but une gorgée de son alcool. Sa seule source d'hydratation à l'heure actuelle. Elle ne voulait pas surtout pas partager. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Elle n'était plus serveuse, ici. Plus sous les ordres des autres, plus à répondre aux exigences des uns et des autres. Elle voulait en profiter. Elle n'était pas idiote. Elle avait lu Sa Majesté des Mouches. Quand il y a un naufrage, on retrouve très vite un leader. Puis, une organisation unie et aimante. Et ensuite, vient le contre-pouvoir, le doute et le groupe qui se déchire et se mutile. C'était inévitable. Elle espérait seulement s'être enfuie avant. Si elle pouvait s'enfuir seule. En relevant le nez d'une valise éventrée, elle aperçut une chevelure rousse. Grisha. Et elle n'était pas seule. A côté de cette fouine de détective. Son sang fit un tour. Il fallait sortir d'ici. Peut-être que Grisha voudrait la suivre. Elle espérait qu'elle la suive. Mais elle la connaissait si peu. La rouquine avait ce petit truc sur le bateau, d'innocent mais de force endormie. Peut-être qu'elle suivrait Gem si elle devait s'isoler. Mais pas si Ray Archer lui tournait autour. Elle ferma la valise avec force. Une reflet lui brûla la cornée. Là, à sa gauche. En partie ensevelit sous le sable. Un Zippo. Du feu. Elle s'en empare avec précipitation. Elle tente une fois. Pas une étincelle Deux fois. Une petite étincelle. Trois fois. Rien. Quatre fois. Cinq fois. Elle dû s'user la peau pendant près de cinq minutes avant de se rendre à l'évidence. « Maudite flotte ! » Elle leva le nez vers les naufragés devant elle. En groupe. Elle captait quelque brides de discussion. Une histoire d'expédition. Retourner dans le navire. Folie. Éventré comme il était, il desservirai naturellement toutes ses ressources sur les côtes. Pourquoi ne pas simplement attendre ? Son ventre hurla de nouveau. Bon, peut-être qu'il fallait bien y aller. Mais c'était sans elle. Elle ne retournerai pas dans cette eau glacée et agitée. Pas avec ces cadavres. Non, il fallait s'enfuir, trouver une issue de secoure et tout le monde rentrerait avant de mourir de faim. Elle l'espérait. Elle espérait beaucoup. Elle espérait ne jamais avoir à se retrouver ici. Pas avec ces inconnus. Ces visages qui ne lui inspire aucune confiance. En particulier ce grand maigre à la peau de jais. Mais si elle disait se méfier de lui, elle était sûre d'être considérée comme raciste. Elle et sa chevelure blonde. Trop facile. Elle ne lui faisait simplement pas confiance. Il avait l'air trop calme. Trop... Organisé, pragmatique, discrètement serein. « Est-ce que quelqu'un sait faire du feu ? » Sa voix ne porte pas. Elle n'a pas envie de crier. Elle n'a pas envie qu'ils la remarque et qu'ils la jaugent. Elle savait pertinemment comment elle se faisait remarquer et ce n'était pas en bien. Elle n'appartenait probablement pas à leur monde. Elle n'avait pas vécu pareil. Aucun ne semblait vouloir partir d'ici pour retrouver quelqu'un, mais simplement pour ne pas mourir. Gem, elle mourrai pour Cat. Puis, soudain, a côté du petit cercle des naufragés disparus, à deux pas d'elle, un corps se retourne. Elle s'approche, et le regarde. Est-ce que le fils de Preston aurait survécu ? Était-il en vie ? Lui pourrirait-il la vie, aussi sur cette maudite île ? Elle se pencha pour voir que ce n'est pas lui. Pas encore, lui soufflait son intuition. L'inconnu, sous son regard, recracha l'eau de ses poumons. Il était en sale état. Elle se demandait même comment il avait pu survivre. Aucune partie de son corps ne semblait avoir été épargnée. Du sang, il s'en écoulait de tant de blessures. Pourtant, elle ne pensait pas à ça. « Tout doux ! Doucement. Dis, tu saurais faire du feu ? » Elle entendait déjà l'un des survivant la pousser, insistant durement sur son manque de coeur. Pourtant, un coeur, elle en avait un. Il battait pour un petit être à plusieurs milliers de bornes d'ici. En revanche, ici, elle ne voyait aucun visage, aucune vie qui la concernait.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Sam 17 Juin - 7:44

Tariq balaya du regard la compagnie des « braves gens ». Tous si épuisés… Ils ne se demandaient pas pourquoi il ne l’était pas, lui. Ce qui l’avait retenu longtemps à bord, bien trop longtemps pour sa propre sauvegarde, alors que la plupart des gens avaient déjà sauté ou pris place dans les canots. Mais ils devaient lui prêter une bonne constitution physique, qu’il avait, d’ailleurs, et ils étaient en fait trop épuisés pour réfléchir… Certains même inconscients. Il revit passer, sur l’horizon de son esprit, l’envie de les achever discrètement, tous, un par un. Ils étaient une nuisance. Une menace à sa liberté. Puis ce petit accès s’apaisa ; le seul signe qui en était apparu, une légère crispation du muscle de sa mâchoire, disparut.

Son regard s’arrêta sur la blonde, et il lui sourit, d’un air qui aurait pu être presque paternel s’il n’avait pas été froid comme le jeu d’un acteur de kabuki débutant. Quelque chose chez elle lui plaisait. Il allait bien finir par mettre le doigt sur ce que c’était. En attendant, il répondit au type au bord de l’hystérie, celui qui le plaignait pour sa femme. Lui, d’office… S’il ne trouvait pas à se distraire très rapidement, c’est sur lui que convergerait l’envie de détruire. Ils étaient tous assez abîmés par les terreurs de la nuit, le soleil se levait seulement, et il luttait encore pour reconnaître des visages déjà croisés ; mais ça n’avait aucune importance. En mode chasse, Tariq n’avait pas d’amis.

Mais c’était noté : s’il repartait pour l’épave maintenant, il passerait pour un fou. Il donna donc à ce projet quelques moments d’attente. Dès que quelqu’un d’autre aurait l’air de trouver que c’était une bonne idée, il se positionnerait en suiveur, et lui laisserait la responsabilité de cette folie.

« Je ne connais que les premiers soins basiques. Vous faites du bon boulot, avec les blessés. J’aime mieux vous laisser cette tâche, et vous délivrer d’une autre. »

Tariq ne tutoyait pas les clients. Eux, en revanche, le faisaient parfois. Et ça semblait devoir devenir une habitude. Pauvres imbéciles… Ce n’était pas ce que subissait le corps qui rapprochait les gens ; c’est ce que subissait l’esprit. Et son esprit à lui n’avait pas subi la même chose que le leur. A une exception, peut-être. Il adressa un bref signe de tête affirmatif à la demoiselle qui semblait le surveiller d’un regard méfiant. Voilà quelqu’un qui ne perdait pas le Nord… qui renouait avec des instincts lucides. C’était ça qu’il appréciait, donc. Dans un coin de sa tête, organisée comme une archive administrative, en compartiments métalliques où s’alignaient des fiches bien rangées, il plaça une note la concernant.

« Pas de feu, désolé… Mais déshabillez-vous, dès que le soleil brillera, vous sécherez très vite. Je vais m’occuper des morts, » jeta-t-il à la cantonade en tournant les talons.

Les traîner hors de l’eau, les porter à l’écart. Récupérer leurs papiers, pour ceux qui en avaient, ou leurs autres signes distinctifs. Les entasser et trouver un moyen de faire disparaître leurs restes. Achever ceux qui en auraient besoin. Il fallait bien que quelqu’un se charge de tout ça, avant qu’ils deviennent des bombes à retardement, chargées avec tous les miasmes infernaux que l’être humain libérait à sa putréfaction. Si seulement il avait eu du bon matériel, ça n’aurait été qu’un jeu d’enfant… Un peu d’acide, un peu de chaux vive…

Il soupira avec agacement en pataugeant dans les vaguelettes du bord pour aller soulever un premier cadavre brisé. Il les porterait derrière une barrière de pierre, et s’efforcerait de faire effondrer quelques rochers sur le charnier plus tard, sans doute. Les enterrer dignement réclamerait trop de temps et d’effort, surtout s’il s’en chargeait seul. Le sang coulait encore des blessures ouvertes, et imprégnait l’épaule de sa chemise ; il eut la légère grimace d’un maniaque dérangé dans sa vision du monde, mais poursuivit son effort sans se laisser distraire.

Si quelqu’un lui demandait pourquoi il ne hurlait pas, il dirait qu’il était en état de choc. Que c’était sa manière de réagir. Que c’était culturel. Quand il repensait aux engueulades de ses parents autour d’un couvert mal mis, ça le faisait bien marrer, intérieurement ; mais le mot « culturel », ça passait toujours. Oui, voilà, quand ça n’allait pas il se fermait complètement, il gardait sa rage en lui, comme un bon garçon… et il s’occupait les mains. Rien ne transparaissait sur son visage, mais ce n’était pas bien grave, pas vrai ? De toute façon, dans la situation où ils étaient, ils n’allaient pas faire les difficiles. Il calculait les réactions des autres comme il avait calculé, en approchant de la rive, la position des rochers tranchants.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Sam 17 Juin - 14:23


Castaways & Grisha


« tu devrais t'asseoir » Répéta mécaniquement l'écrivain en herbe alors que les survivants commençaient tout doucement à se regrouper prêt d'eux. Bien entendu elle apercevait d'autre petits duo ou trio, ou même des solitaires qui erraient à la recherche d'une lueur à quoi s'accrocher. Certains arpentaient la plage en donnant des ordres ou des conseils que personne n'écoutait vraiment.  Elle s'imaginait encore, avec peu de conviction, qu'elle se déplaçait dans un rêve, et que ses paupières finiraient par libérer ses prunelles pour enfin retrouver les murs salvateurs de sa cabine. Mais non elle fut éclaboussée juste après, par un énergumène qui secouait sa chevelure trempée juste à côté d'elle. Grisha passa le dos de sa main sa joue mouillée pour l'essuyer  comme si elle en retirait des larmes. Finalement elle accepta le bras que lui tendant celui ( Ray ) dont elle venait de répéter les paroles « Je pense que je me suis égratignée  » Lui répondit-elle, ignorant complètement si elle se portait bien ou non. La rousse supposait que oui puisque ses poumons lui permettaient de respirer.

La naufragée ne saisissait pas encore tout ce qui se passait autour d'elle, non qu'elle refusa d'aider intentionnellement ceux qui appelaient pour de l'aide, mais elle ignorait complétement les premiers gestes de secours. Cette évidence renforçait son envie de ne pas se libérer de cet espèce de cocon dans lequel elle se réfugiait pour ne pas s'effondrer. Mais qui se dissipait malgré elle. Désormais Grisha recevait dans sa tête une transmission de plus en plus claire. « ...Captain America est parmi nous ...  » Marmonna-t-elle en visionnant le sauvetage de la petite fille. Voilà un film dont elle ne souvenait et qu'elle retournerait bien voir au cinéma. Cependant il apparaissait évident que certains pieds foulant le sable appartenaient à des héros. Tant mieux si ça parvenait à sauver des vies avant que les secours arrivent.  « À ta jambe ? ... Oui » Accepta-t-elle en se laissant doucement tomber sur les grains qui envahissaient tout. La douleur à la tête la quittait doucement pendant qu'elle retrouvait ses esprits, par contre sa jambe n'acceptait plus de la soutenir. Comme si elle se dérobait sous elle. Forcément ça compliquait les choses pour courir se jeter à la rescousse des retardataires rejoignant difficilement les bords de la terre ferme.

Puis il y avait ce drôle d'hurluberlu ( Tariq ) qui semblait prendre les choses de façon si naturelle, on aurait pu croire qu'il venait juste de sortir de chez lui. Il se  proposait de retourner sur ce qui restait de leur navire pour aller récupérer des boîtes de conserve. Il cherchait sa femme. Néanmoins la rousse n'arrivait pas à faire le lien entre les deux. Elle lui jeta un regard dubitatif comme si elle décelait une bizarrerie dans toute son attitude, bien qu'elle ne trouva rien à lui dire sur le moment. Réellement désolée pour sa femme,  mais trouvant que ce serait bien bête qu'il aille risquer sa vie. Surtout si elle se trouvait encore dans le bateau déchiré, peu de chance, si pas du tout, ne subsistait pour qu'elle fut encore de ce monde. Létranger ( Ray ) qui se proposait de la soigner répondait d'ailleurs à ce dernier de façon plus que sensée. « Rien du tout ... Non je ... me suis fait bousculée, mon crâne à heurter quelque chose de dure et je me souviens plus, j'ai dû perdre conscience... Ou alors ça me reviendra  » Finit-elle par articuler. Forcément elle avait dû se débattre sinon comment serait-elle encore ici ? Son corps, son instinct de survie prirent certainement le dessus en amnésiant ses pensées pour l'éviter de paniquer. Du moins voilà ce qu'elle supputait de plus crédible.

Ses yeux se posent à nouveau sur la blonde ( gem ) pour y rester, des morceaux de souvenirs se battaient pour remonter à la surface mais ça ne ressemblait pas à grand-chose . Elle la voit se déplacer pour ramasser un objet dans le sable, Grisha entendit sa question à propos du feu. Et justement la rousse, elle à passer son enfance à démarrer des brasiers sur la plage ou elle jouait avec ses frères. S'il se trouvait une action ou elle pourrait dépanner il s'agit bien de celle-là.  «  Du feu je sais en faire  »  S'exclama-t-elle. Mais trop tard pour celle qui le demandait la capte. la voilà ( Gem ) qui se dirigeait vers un corps ( Adrian ) plus vivant qu'on ne le subodorait à première vue. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Fallait voir d'abord l'état dans lequel le laissait cette catastrophe. La rousse gonflait le torse pour prendre sa respiration afin de se faire entendre de la jeune fille. Mais elle fut interrompu par l'étrange ( Tariq ) qui désirait regagner la carcasse, se manifestant à nouveau il semblait avoir abandonné son idée première. Il lui rappelait ses hommes d'affaires qui visitaient son père, ne prenant jamais un moment pour se reposer, profitant même de chaque événement pour rebondir et y trouver quelque chose d'exploitable.  « Les morts faudrait les rassembler pour quand les secours arriveront afin qu'ils les identifient pour leur famille  »  Oui elle y croyait encore ...
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Lun 19 Juin - 0:49


« LES NAUFRAGÉS. »
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Joanna se sentie soulagée lorsqu’elle aperçut un homme courir vers elle suite à son appel à l’aide. Il avait une sacrée carrure et portait un uniforme. Est-ce qu’il faisait partie de l’équipage du bateau ? Si ça se trouve, il connaît la raison de ce naufrage et ce qui a fait chavirer le navire ? Mais ce n’était pas le moment de se poser ces questions ; tout ce qu’il importait, c’est qu’il avait l’air de savoir ce qu’il faisait, car la petite avait réussi à reprendre ses esprits. Joanna ne put s’empêcher de sourire lorsqu’il dit à la petite fille que c’était elle qui l’avait sauvée, qu’elle avait fait tout le boulot. ❝ Je vais l’éloigner de la mer. Je reviens tout de suite. ❞ Elle aurait préféré que cet homme lui apporte plus de précisions sur leur naufrage sur cette île déserte, mais ce n’était pas le bon moment. Sur ces mots, elle attrapa la petite fille et se leva, tout en la blottissant contre elle. Elle continuait à tousser et avait l’air sacrément confuse, mais elle semblait surtout avoir froid. Joanna avait du mal à marcher sur le sable avec une gamine de six ou sept ans dans les bras, mais elle en profita pour lui poser quelques questions : « comment te sens-tu ? », ou alors « où sont tes parents ? », etc... Elle ne répondait pas beaucoup, juste par des haussements d’épaules et de faibles mouvements de tête. Elle remonta un peu plus loin sur la plage pour déposer la petite fille vers d’autres survivants en bonne santé qui s’étaient rassemblés pour prendre soin des autres. Joanna aurait bien voulu retrouver un des parents de la gamine, mais qui sait s’ils avaient survécu au naufrage... Elle déposa la petite fille et retourna à l’endroit où se trouvait le membre de l’équipage.

Le chaos n’était plus aussi intense désormais : beaucoup de naufragés semblaient avoir repris leurs esprits, et même s’il y avait l’air d’y avoir beaucoup de blessés, ils étaient pour la plupart pris en charge. Joanna rechercha du regard l’homme qui l’avait aidée un peu plus tôt, mais elle s’attarda plutôt sur les personnes qui s’occupaient de rassembler les corps des victimes. C’était affreux, de voir autant de cadavres rassemblés au même endroit. C’était quelque chose dont la jeune anglaise était psychologiquement préparée, mais ça ne lui était encore jamais arrivé. Pas sûr qu’elle s’y fasse un jour. Son regard se tourna à nouveau vers un autre homme, salement amoché, et que le naufrage n’avait pas épargné. La jeune femme blonde de tout à l'heure était justement à côté d'elle. Elle se retourna vers la masse d’individus autour d’elle : qui étaient-ils ? ❝ Est-ce que quelqu’un parmi vous est médecin ? ❞ Ça devenait difficile de s’organiser, alors il faudrait commencer par un maximum de communication entre les naufragés présents sur place. Il y avait tant à faire... Sauver les blessés, faire un feu —sur ce point, les survivants semblaient déjà se concerter dessus—, se préparer pour l'arrivée des secours... Des tâches qui semblaient simples, mais aussi totalement insurmontables après l’épreuve qu’ils venaient tous de subir.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Mar 20 Juin - 10:30



Vous venez d'entrer
dans un monde oublié.
DAY #1


Et alors qu'il ne sait plus quoi faire, que toutes pensées quittent son esprit, il aperçoit un bout de terre plus loin. Il y a une île... Il y a un enfer. Il était de retour dans une prison invisible de torture et de solitude.

Snow comprend parfaitement dans quoi il tombe, de quoi son avenir est fait. C’est automatique, c’est direct. Ce n’est pas une île habitée, ça serait trop beau, ça serait trop chanceux. Il sait parfaitement que leur direction de croisière ne passait pas à côté d’une île perdu au beau milieu du Pacific. Son sens de l’orientation et de la géographie est parfaite. Il le sait. Il a voyagé dans le monde entier, il sait. Le soleil se lève et Snow a le souffle coupé. Son sac est lourd, mais il est incapable de le lâcher. Il ne peut pas abandonner le dernier lien qu’il a avec la réalité. Il s’y accroche malgré le poids que l’eau lui impose. Il y a dedans un trésor qu’il ne peut pas abandonner. La Bouet l’empêche d’avancer et même s’il n’a aucune envie de rester coincer sur une île, il sait qu’il a plus de chance de survie sur la plage que dans l’eau. Il a peur de ce qui se trouve en mer, de ce qui peut l’engloutir. Ce qui s’était passé la nuit dernière le fait encore trembler. C’est une putain de cigarette qui lui a sauvé la vie… une cigarette.

C'est presque vidé de toutes ses forces qu'il s'effondra sur le sable. Presque. Le silence n’est plus une option face aux autres survivants, il fait partie pourtant partie des premiers. Des premiers à mettre un pied sur ce sable. Des premiers à ne pas avoir fermer les yeux. Il a vécu chaque seconde, chaque minute et se sent épuisé de ce que l’avenir lui réserve. Retirant son sac à dos qui tombe lourdement sur le sable, Snow regard les arbres devant lui. Il se relève doucement, ignorant les autres, ignorants le chaos. Il y a un parfum amer dans l’air. Un parfum qui le tétanise. Ce n’est pas la mort qui l’effraie, ni les blessures et le sang. Tout ce qu’il fixe, ce sont ces arbres plus loin.

Parce qu'une fois assis, une fois les yeux rivés sur ces arbres et sur les autres naufragés, Snow se sent comme attaqué de toute part. Tous les souvenirs de la Colombie lui retombent dessus. Il est piégé.

Et il hurle.

Il hurle comme s’il était attaqué, il hurle parce qu’il a mal d’avance. Il hurle parce qu’il se débat avec sa propre conscience. Encore une fois, il a abandonné les siens. Encore une fois, il est seul. Ces coups retentissent sur le sable tant sa colère et sa frustration sont grandes. Il aurait préféré mourir, sincèrement, que de revivre ça. Tremblant, il regarde ses mains. Le sable est collé sur sa peau, partout. C’est pénible, ça l’énerve encore plus. Il ne voulait rien de tout ça et en même temps, personne ne voulait vivre une chose pareille. Laissant tomber ce sable idiot, il lève la tête vers le ciel et ferme les yeux alors que le soleil monte en douceur. C’est tremblant, toujours, qu’il se relève et qu’il croise le regard de ceux qui avaient assister à la scène. Sans un mot, il attrape son sac trempé et se rapproche des arbres. Il semble les détestaient tous. Il semble de rien vouloir d’eux. Mais ce n’est pas de la haine qu’il y a dans ces yeux, c’est de la tristesse. Sincère et profonde.


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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   Hier à 18:48

Après le choc, la résignation. L’esprit de Ray continuait à divaguer, paniqué à l’idée de ne plus avoir de souvenirs à ressasser mais son corps était étrangement calme, comme s’il avait déjà vécu ce genre de situation. Malgré la fatigue, l’adrénaline circulait dans ses veines à toute allure et le forçait à réfléchir avec plus de clarté.

Pendant qu’il aidait la rouquine à s’asseoir sur le sable, ses yeux scrutaient le sable, cherchant quelque chose qui ressemblerait à du matériel médical. S’ils ne trouvaient rien pour soigner les blessés, certains naufragés risquaient vite de se retrouver sans leur bras ou leur jambe. Sur une île déserte, les infections se propageaient encore plus vite que la lumière. « Ouais, je pense que c’est un peu plus qu’une égratignure, ma jolie. » La pauvre avait l’air totalement à côté de la plaque, répétant des petits morceaux de phrase de ses interlocuteurs, les yeux hagards.
La vue de Ray était toujours floue mais il parvint à retirer le bandage de fortune autour de la jambe de sa patiente : comme prévu, la blessure était assez sérieuse. Elle avait besoin d’être désinfectée et dans l’idéal, d’être recousue. Hélas, il n’y avait rien autour d’eux à part du sable, des feuilles de palmier et de l’eau salée. « J’espère que ça me reviendra aussi… » marmonna-t-il lorsqu’elle suggéra qu’elle s’était sans doute cognée la tête. Les autres ne semblaient pas avoir relevé sa question car déjà, d’autres survivants les rejoignaient et l’un d’eux en particulier semblait en très mauvais état. Même s’il n’était pas à côté du malheureux, Ray distinguait sans mal son visage ensanglanté et tuméfié. Aïe. Le pauvre gamin allait sacrément en baver dans les jours à venir s’il survivait à ses blessures. La blonde s’était déjà approchée de lui mais au lieu de lui venir en aide, lui demanda s’il savait faire du feu. « C’est sûr que dans son état, il va carrément t’être utile pour faire du feu, Blondie. » Il n’avait pas pu s’en empêcher. Être sarcastique était sa manière de gérer le flot d’émotions contradictoires qui lui traversait le cerveau. Il avait un peu de mal à cerner Blondie, d’ailleurs. Il ne pouvait pas croire qu’elle manquait de cœur à ce point-là ; non, elle avait sûrement dû traverser des épreuves qui l’avait endurcie au point de rester pragmatique dans n’importe quelle circonstance.

Pendant ce temps-là, le type qui voulait retourner dans l’enfer de l’océan avait décidé qu’il les laisserait s’occuper des blessés et qu’il récupèrerait plutôt les corps qui flottaient sur le rivage. L’espace d’un instant, Ray fut tenté de lui donner un coup de main mais un simple coup d’œil au visage pâlichon de la rouquine suffit à le faire changer d’avis. Même s’il ne savait pas du tout s’il était qualifié pour traiter de telles blessures, il ne pouvait pas abandonner la jeune fille à son sort.
La femme qui avait sauvé la fillette d’une noyade se posait visiblement la même question car elle demanda s’il y avait des médecins dans l’assistance. « Non m’dame. Du moins, j’en ai pas l’impression. Mais en attendant qu’on en trouve un, on peut se débrouiller par nous-même. On a juste besoin de… » De nouveau, son regard balaya la plage à la recherche du Saint Graal. Finalement, sa vision s’éclaircit et il repéra près d’un canot de sauvetage éventré une trousse de premiers soins. Elle avait sans doute pris l’eau mais c’était mieux que rien.

Se relevant, non sans peine car ses jambes lui semblaient soudain lourdes, il alla ramasser la précieuse trousse, l’ouvrit et en sortit des compresses antiseptiques, une solution hydroalcoolique et quelques compresses qu’il tendit aux deux femmes se tenant près du blessé. « Ça devrait être suffisant pour nettoyer ses plaies. » Il s’apprêtait à retourner auprès de la rouquine lorsqu’un type débarquant de nulle part se mit à hurler à plein poumon, visiblement en profonde détresse. Surpris, Ray le suivit des yeux et l’observa en silence avant de s’approcher de lui, désignant du regard le kit de secours qu’il avait à la main. « Si t’as besoin de quelque chose là-dedans… » Mais quelque chose lui disait que les blessures de cet homme n’étaient pas physiques mais psychologiques. Au fond, il avait seulement exprimé ce qu’ils ressentaient tous à cet instant : une affreuse et horrible envie de hurler jusqu’à se réveiller enfin du cauchemar où ils étaient tous plongés.
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MessageSujet: Re: LES NAUFRAGÉS ★ sujet commun   

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