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Sujet: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Mer 25 Aoû - 19:53
i do not want for you to be happy all that i want is for you to come crawling back
« Effy, bébé, je vais revenir, je dois aller chercher de l'eau pour lapinou... ». Lapinou, sa peluche, la seule chose qui tient d'une enfance réelle et tangible qu'il reste à cette petite princesse. Contrairement à l'habitude, ses pleurs et ses cris ne s'apaisent pas, malgré le fait qu'elle tient fermement contre elle cette peluche amochée que je garde propre comme je peux pour éviter à Effy le maximum de problèmes possibles. Je ne suis pas sa mère, je le sais, elle n'est pas mienne, mais pour elle, je vais tout faire pour être ce qui s'en rapproche le plus. Je lui parle de Kendra, parfois. Quand je n'ai pas les larmes aux yeux en me rappelant la mère éplorée de laisser le fruit de ses entrailles derrière elle sur une île qui lui a pris la vie. J'étire les bras pour l'attirer contre moi, et la petite s'y accroche comme si sa vie en dépendait « Je reviendrai vite, tu sais, je peux pas pas rester loin de toi longtemps de toute façon.. ». Elle chigne dans mon cou, s'accroche à mes cheveux. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Si j'écouterais mon instinct, je resterais avec elle, inquiète de la voir si inquiète, touchée de la voir s'accrocher à moi comme ça. Ne m'en veut pas, Kendra, l'idée même de me substituer à toi ne m'est jamais venu en tête, mais je veux qu'elle soit heureuse avec moi, presqu'autant que si tu étais là pour veiller sur elle. J'entends des pas derrière moi, raccrochant ce tout petit être entre mes bras, je me retourne légèrement pour apercevoir Jayson, les bras croisés, un sourire amusé aux lèvres. Un an. Un an qu'on est ici, je crois. Il n'a jamais demandé rien de plus, même s'il passe son bras autour d'Effy et moi la nuit venue, il est là, patient. Inconsciemment, Jayson O'Toole a trouvé le moyen de se frayer un chemin que je croyais perdu à jamais droit au centre de ma poitrine, quoique légèrement sur la gauche « Qu'est-ce que tu regardes comme ça? » que je dis, un léger sourire aux lèvres, gênée de voir son regard braqué sur moi ne pas ciller une seule seconde « Ça te va bien d'avoir l'air heureuse, Tarissi ». Je mords l'intérieur de ma lèvre, remarquant que la petite s'agite depuis qu'elle a entendu la voix de Jayson, je la libère de mon emprise et elle court vers lui, s'arrêtant à mi-chemin, pour revenir me tendre Lapinou. Attendrie, je pose un baiser sur son front puis elle fonce sur lui, qui se penche afin de se retrouver à sa hauteur. Je remarque qu'il fronce le sourcil, peut-être à la vue du sac que j'ai sur le dos et la réaction d'Effy « Tu vas où ? ». Sa voix est sèche, je devine une pointe de colère. Je me lasse jamais de son besoin de me protéger, mais ce qui m'importe vraiment, c'est que la petite aille bien. Ma sécurité passe après, et puis quelqu'un doit bien y aller, non ? « L'eau, les réserves sont basses et puis c'est mon tour ». Il secoue la tête « Reste avec la petite, je vais y aller, vaudrait mieux je... ». Je pique un fard « Je peux très bien y aller moi-même ». Il soupire. L'argumentation est vaine, je ne vais pas me cacher derrière un homme pour tout faire et tout réaliser à ma place. Je ne dépendrai plus jamais de qui que ce soit, parce que ça fait trop mal de perdre ses répères quand celui-ci met les voiles...
« S'il ose me dire je te l'avais bien dis... ». Bon d'accord, j'aurais peut-être du regarder les nuages avant de partir dans un périble dans la foret, mais ça n'a pas été le cas. Maintenant, je suis coincée dans une grotte parce qu'il pleut des cordes, dehors, avec pour seul compagnon Lapinou complètement trempé. Je regarde le lapin en peluche et le pose à côté de moi, rapprochant mes genoux de ma poitrine pour m'éviter de grelotter. La pluie est chaude, pourtant, mais l'humidité me colle à la peau et aux vêtements légers que l'on porte ici. Des mèches de cheveux fixées à mon visage, je reste assise là, tapie dans l'ombre, à regarder la pluie tropicale s'abbatre sur la source et remplir les quelques gourdes que l'on a réussit à récupérer dans les débris de l'avion, ce qui fut sans doute la soute à bagages et la cabine. La majorité des valises furent perdues, et les recherches, jugées trop dangereuses depuis l'attaque sur le camp, ont été interdites sous peine d'exclusion. Je sais pertinemment que Jayson y est pour quelque chose, puisque j'étais de celle qui errait sans cesse afin de retrouver mon journal, perdu dans le crash. Toutes mes pensées les plus intimes, mon âme couchée sur le papier, tout ça, perdu, ou dans les mains d'un inconnu. Je me dis que je l'aurais sans doute su si on me percerait à jour à l'aide de cet ouvrage tant j'y étais accroché. Ce serait un luxe sur l'ile de pouvoir mettre la main sur un crayon et du papier, alors je me suis mise à parler à bébé. Effy ne juge pas, écoute à peu près, et me regarde avec des yeux bleus dont je ne me lasse pas. J'en parlais à un Jayson inconscient, mais je ne me vois pas m'ouvrir à qui que ce soit qui peut comprendre. Ce serait injuste, après tout, c'est pour cela que je l'ai perdu, lui, dès le départ. Ne pas savoir m'ouvrir, ne pas savoir comment m'excuser, ne pas savoir comment lui dire ouvertement que je l'aimais comme j'aurais jamais cru pouvoir aimer quelqu'un. Aimer tellement que ça fait mal. Grand bien m'en fasse, sans doute était-il quelque part à vivre sa vie, profiter d'une famille qu'on aura su lui offrir sans la lui revoler par la suite. J'ai une boule dans le ventre, et je pose la main dessus, ma lèvre inférieure qui tremblotte. La solitude ne me fait pas du tout, je retombe dans mes vieux démons. Ils ne se taisent jamais quand je suis laissée à moi-même, quand je n'ai rien ni personne pour me changer les idées. Vu l'eau qui dégouline de mes cheveux, on ne remarquerait pas que des larmes salines s'y mêlent pour rouler sur mes joues. Je respire péniblement, c'est comme si je recevais un nouveau coup dans le ventre. Pas agréable comme un bambin à naître sait le faire, mais plutôt... je ne sais pas, mais c'est douloureux. J'ai mal en dedans. J'attrape Lapinou et le serre dans mes bras. À croire que je devrais écouter davantage Jayson, je ne revivrais pas une énième fois cette journée pluvieuse sur l'Australie où, au réveil, il était parti. Comme une idiote, je l'ai cherché partout, durant toute une journée. Je savais pourtant, il devait être parti loin. Où? Vers une nouvelle vie. Pourquoi? Parce que je l'avais déçu, blessé. Et moi? Moi, eh bien, pas plus qu'il y a un an et demi, pas plus qu'hier, pas plus qu'aujourd'hui ou demain, je suis rétablie. C'est idiot de pleurer sur moi, alors je pleure son absence. Le fait qu'il m'a quitté. Le fait que Morgan Bratford vit une vie posée en tant que procureur avec une ribambelle d'enfants autour de lui. Ma vie volée, parce que c'est exactement ce que j'aurais voulu lui donner...
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Jeu 26 Aoû - 1:04
« If loving you is wrong, Then it must be wrong Even if when I'm gone, Our love is strong You're the one I want, You're my number one .»
J’avais perdu le sommeil depuis longtemps déjà. Depuis bien avant le crash sur cette ile. Depuis bien avant mon retour à San Francisco. J’avais perdu le sommeil quand j’avais perdu ma femme, et avec elle ma famille. Mais ici, c’était encore pire, je ne parvenais pas à dormir plus de deux heures par nuit. Même le manque de nourriture ne m’aidait pas à dormir et, j’étais de plus en plus fatigué et à bout de nerfs. Mais, cela ne me rendait que plus réaliste, je comprenais enfin que ma vie n’avait été qu’une farce depuis deux ans déjà. Que je ne faisais que me mentir à moi même depuis que j’étais rentré d’Australie, depuis que j’avais franchi le pas de la porte de ma propre maison, sans me retourner, sans un au revoir à celle que j’aimais pourtant encore, même si, à ce moment là, je refusais de le reconnaitre. J’avais erré comme une âme en peine, bu jusqu’à oublier, jusqu’à me retrouver à l’hôpital, j’avais eu les pires comportements, réalisées les pires bassesses avant de finalement me relever. Pour mieux me mentir. Mon divorce m’avait anéantit, je ne cessais de me dire que, peut être, j’avais fait le mauvais choix, prise la mauvaise direction, que peut être j’aurais du mieux soutenir ma femme, que j’aurais du être présent pour elle au lieu de la culpabiliser pour mieux la fuir. Je n’avais été qu’un lâche. Tout juste bon à noyer sa peine dans l’alcool et la luxure. Rien qu’un lâche ayant refait sa vie avec une femme qu’il n’aimait pas à sa juste valeur. Une femme qui méritait mieux. Car, soyons honnête, Poppy méritait mieux que moi, elle méritait de passer ses journées auprès d’un homme qui la traiterait comme une reine, qui l’emmènerait au restaurant, au théâtre, au cinéma, à Venise, à Paris, un homme qui la comblerait et la rendrait heureuse. Pour moi, elle n’était qu’un faire valoir, une jolie blondinette qui rendait bien à mon bras et qui n’en demandait pas plus. Non, elle ne me réclamait rien, ne se plaignait jamais de moi, de mes absences, de mon comportement lunatique. Elle savait que je pleurais encore la mort de mon ex femme dans ce crash mais, elle ne m’en tenait pas rigueur, se contentant du peu que je pouvais lui offrir. Me donnant l’illusion du bonheur. Un bonheur auquel j’avais renoncé, si ce n’est en apparence. Je m’étais résigné à être avec elle car, elle était belle et souriante, parce qu’elle avait été là dans les pires moments, parce qu’elle m’avait soutenu et supporté, parce qu’elle ne faisait pas de crise de nerfs, parce que j’avais besoin d’elle… Mais maintenant, qu’en était-il ? Depuis le crash, c’était comme si j’ouvrais enfin les yeux. Que je me réveillais enfin de ce cauchemar dans lequel j’étais plongé et, dans lequel je n’étais bon qu’à une chose, répéter une lassante et taciturne routine. Se lever, boire un café, embrasser ma petite amie, monter dans ma berline, aller travailler, ne rentrer que très tard ou dormir dans mon bureau, ne pas parler de moi, ni de ce que je ressentais, n’écouter que d’une oreille ce que Poppy me racontait, coucher avec elle pour me sentir mieux, m’endormir. Et recommencer. Mais, cette ile était comme une nouvelle chance. Comme un réveil. Je réalisais enfin certaine chose.
Mais pourquoi pensais-je à elle de la sorte ? Pourquoi même au bout de deux ans je ne parvenais pas à me sortir son visage de la tète ? Je la haïssais pourtant. Je la haïssais à un point inimaginable pour ce qu’elle avait fait. Depuis le jour où elle avait tué notre enfant. Je la haïssais tant que j’avais sombré dans l’alcool, buvant mon premier verre suite à mon départ de Sydney. Dans cet aéroport. Alors que j’attendais mon vol pour San Francisco. Hésitant. Refusant d’obéir à mon cœur qui voulait retourner auprès d’elle. Je la haïssais d’avoir tant de nuits hantées mes pensées et mes rêves, d’avoir hanté mes nuits d’insomnies et mes soirées de débauche, de m’avoir, sans le vouloir, incité à traversé tout cela, l’alcoolisme, la peine, la douleur, la chute aux enfers. Quand plus rien ne me rattachait à l’envie de vivre que son sourire le jour de notre mariage… J’avais tout fait pour l’oublier, pour repartir à zéro. J’avais trouvé la petite amie parfaite, la délicieuse et si douce Poppy, j’avais passé des heures entières le nez dans mes dossiers. Et encore avant ca, j’avais bu jusqu’à en perdre la mémoire, jusqu’à en finir à l’hôpital. J’avais tout tenté… Et, j’y étais enfin parvenu.
Mais non. Elle restait là, dans ma tète. Hantant mes pensées. Comme une illusion. Comme une hallucination. Plus belle que dans mes souvenirs. Sur cette ile. Je l’avais vue, ou du moins je le croyais, je pensais avoir aperçue sa silhouette, avoir reconnue sa démarche, dans la jungle, la veille. Mon cœur s’était serré, m’était devenu douloureux et j’avais fixé cette silhouette traversant la jungle avec un homme. Ou alors je devenais fou. Oui voila, je devais devenir fou, je perdais la tète. Là, allongé sur une paillasse improvisé sur le sable, un bras posé sous ma nuque, je ne pouvais ôter son visage de mes pensées. Ce visage que je pensais avoir aperçu dans la jungle, un visage que je savais ne pas être le siens. C’était impossible.
Des voix tournoyaient autour de moi. Celles des autres survivants du crash. Parlant de tout et de rien, parlant de leur vie là bas, sur le continent, parlant de leur famille, priant pour l’arrivée des secours, craignant les autres survivants que certains d’entre nous avaient eu le malheur de croiser, ce qui m’avait presque couté la vie. Je ne les écoutais pas, la tète ailleurs, absorbé par mes pensées, par les pensées d’une vie qui me semblait ressembler d’avantage à un lointain rêve, une vie que je n’avais pas la sensation d’avoir un jour vécue. Ma vie auprès d’elle.
« Morgan ? » Je tournais lentement la tète sur le coté pour apercevoir une jeune femme d’une vingtaine d’années, quelques gourdes à la main, tenu à quelques centimètres au dessus de mon visage. « Tu voudrais pas te bouger le cul et aider pour une fois ? » Je me redressais, à peine touché par cette pique. Ce n’était pas un secret que je n’aidais pas au maximum ici. Je m’y sentais moins à ma place que lorsque j’étais dans la jungle. Toutefois, je grommelais quelques protestations dans ma barbe naissante tout en attrapant les quelques gourdes que l’on me tendait. Très bien, j’irais chercher de l’eau pour madame. Ca m’occuperait un peu l’esprit.
Les gourdes dans les mains, la tète baissée, je marchais d’un pas décidé, bien que nonchalant vers la jungle, évitant le regard de quelques rescapés à qui je n’avais pas vraiment envie de parler. Il faut dire que, vu mon caractère, je ne m’étais pas fait que des amis ici. Quoi qu’il en soit, j’entrais enfin dans la fraicheur de la jungle, m’y sentant bien mieux que sous la chaleur étouffante du soleil qui tapait sur le campement. Après environs, un quart d’heure de marche, alors que j’approchais de la source d’eau potable, une pluie tropicale se déclara. Et, comme les deux fois précédente, je n’avais rien vu venir. Je n’avais pas deviné ce changement brusque de temps et, en moins de quelques secondes, je me trouvais trempé jusqu’aux os, contraint de trouver un abri. Alors, j’accélérais le pas vers ce que je devinais être l’entrée d’une grotte, mes cheveux commençant à se coller à mon front, tandis que mes vêtements collaient contre ma peau. Je n’avais encore jamais mis les pieds ici, n’étant pas très fan des lieux confinés entourés de pierres, où l’on n’était pas à l’abri d’un éboulis mais là, je ne pensais pas vraiment avoir le choix. C’était le risque d’éboulis ou la grippe. Entrant dans ce lieu sombre, je pousse un petit soupir de soulagement, lançant les gourdes sur le sol, le bruit du choc se répercutant contre les parois. « Bordel, saleté de pluie, temps de merde ! » Alors que je peste en tournant en rond, mal à l’aise dans ce lieu, je réalise soudain que je ne suis pas seul. Une silhouette féminine se détache devant moi, elle semble me dévisager mais, je ne distingue pas son visage. Elle est trop loin, dans l’ombre. Mais, je suis sur d’une chose, sa silhouette ne me rappelle personne du campement. Je suis sur le point de la saluer quand soudain, je sens comme une douleur dans ma poitrine, une douleur indéfinissable, un pressentiment. Aucun son ne peut alors sortir de ma bouche. J’en ai le souffle coupé alors que je fais un pas vers elle, pour confirmer ce pressentiment. Un seul pas aura suffit pour me confirmer ce que je craignais, je manque de tomber, comme si mes jambes refusaient soudainement de me porter, sous l’effet du choc, j’ouvre de grands yeux ronds, tandis que mon cœur manque un ou deux battements. Ma gorge est sèche tout à coup. J’appuis ma main contre la paroi humide de la grotte et détourne le regard, me demandant si je suis encore en train d’halluciner ou non. Ma respiration est difficile, haletante. Je fixe le sol, le plafond, la paroi, n’importe quoi… Tant que je n’ai pas à croiser ce regard, cette hallucination, ce fantôme de mon passé qui semble décider à me hanter, faisant de ce crash, le pire enfer qui soit…
I'M NOT ALRIGHT ♣ I'm not alright, I'm broken inside. And all I go through, it leads me to You. Burn away the pride. Bring me to my weakness 'til everything I hide behind is gone. And when I'm open wide with nothing left to cling to, Only You are there to lead me on. 'Cause honestly, I'm not that strong.
Dernière édition par Morgan D. Bratford le Jeu 26 Aoû - 12:07, édité 1 fois
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Jeu 26 Aoû - 5:33
living in a world so cold wasted away, living in a shell with no soul since you've gone away living in a world so cold, counting the days since you've gone away
Il est plutôt ironique que cet endroit convienne parfaitement à la manière dont je me sens à l'intérieur depuis tellement longtemps que j'ai oublié ce que c'est, l'insouciance, le bien-être, la sensation d'être en paix avec moi-même. Je veux dire, ce n'est pas pareil que de me poser quelques instants quand j'entends la petite rire, la petite respirer et sourire. Ephigénie est sans doute le seul être au monde capable de me redonner envie de sourire et de continuer, parce qu'elle me donne amèrement une idée de ce que ça aurait été, lui et moi, avec notre enfant. J'étouffe chaque fois que je pense à eux, que je pense à lui, ce petit être innocent qui a payé de sa vie mon incompétence et la cruauté des hommes. Mon idiotie et le désir de certains hommes de déferler une vague de vengeance pour faire payer à des innocents le poids lourd de leurs crimes. Je mords ma lèvre inférieure pour lui éviter de trembloter encore et encore, retenant péniblement un sanglot et une respiration saccadée, comme si on m'étouffait. C'est le poids de la culpabilité sur mes épaules. C'est le sort que l'on réserve à ceux qui sont auteurs d'infanticide, volontaire ou non. Je me rappelle chaque minute, chaque seconde, chaque micro-seconde. J'aimerais mieux crever cent fois que d'avoir à revivre cet instant où j'ai compris, en voyant le sang sur ma main dès que je l'ai posé sur mon ventre. Il luisait à travers mon sarrau. Je savais, même avant que la médecine le confirme. Je ne l'entendais plus. Je ne le sentais plus. Son tout petit coeur qui battait comme celui d'un oiseau mouche et ses coups dans mon ventre périodique, chaque fois que je tentais de faire quelque chose qui lui déplaisait. Je n'avais qu'à vouloir m'assoir pendant plus de dix minutes pour que mon Alec s'enflamme. Je revois Morgan qui pose sa main sur mon ventre, tout étonné, parce qu'il ne me croyait pas quand je lui disais que c'était le cas. Il a donc prophétiser que notre fils serait un grand sportif, pourquoi pas le sauveur de l'équipe de football du lycée que j'avais fréquenté à Sidney et qui vivait dans la honte, maintenant. Je ne parviens même pas à rire, même à me forcer à rire, en y repensant. J'aurais pu si Morgan avait été là du début à la fin, mais il est parti en cours de route. Il est parti parce qu'il avait mal. Il est parti parce qu'on avait mal, et qu'on savait pas comment se le dire. Je resserre l'étreinte de mes bras autour de mes jambes, tremblant doucement, sensation particulière et familière. J'ai refusé de voir des psychologues, un psychiatre. J'ai refusé que ma mère ne mentionne que la perte de mon enfant. Je ne nie pas, je sais, je conçois que c'est entièrement ma faute. C'est arrivé. Je le sais, parce que la douleur perçante ne s'en va pas, ne part jamais. Elle est là, continuellement, à me prendre par surprise quand je souris, rien que pour me rappeler à quel point je me dois d'être malheureuse pour avoir été aussi idiote. Si je lui avais dis, si j'avais partagé ma peine, mon fardeau, avec Morgan, serait-il resté, m'aurait-il quitté? Je ne sais pas, je ne saurai jamais, et c'est ce qui me tue. Mes pensées divaguent sur le journal perdu, quelque part, sur l'ile. La clé de tous mes problèmes. Je n'aurais eu qu'à lui tendre l'ouvrage avant qu'il ne soit trop tard, et ma vie aurait été radicalement différente...
Mes oreilles bourdonnent, mes sens m'abandonnent. Je ne me sens pas la force de me redresser quand j'entends des pas qui s'approchent, qui adhèrent à la roche humide et le dallage incertain, car il n'est pas certain que ce soit sécuritaire de se retrouver ici, sous des amas de roches. Quoique, là, maintenant, je me fiche de ce que je peux m'arriver. C'est égoïste de ma part, parce qu'il y a Jayson au campement qui doit jurer comme un chartier de me savoir que je me retrouve seule dans la foret, avec des gourdes, denrée convoitée. Il y a aussi la petite Effy à laquelle je me dois d'être la meilleure mère de remplacement qui soit, parce qu'elle ne mérite absolument rien de moins. Je suis une égoïste égocentrique. Si je voudrais simplement accepter de vivre, comme Jayson se plait tellement à me le faire remarquer, je serais peut-être mieux. Je n'aurais pas des crises d'angoisse, des prises de conscience qui me mènent aux larmes inexorablement. Je pourrais... si seulement, si seulement... Les pas se rapprochent. Ils se font de plus en plus lourd, comme s'ils étaient tout près. Je lève la tête, rapprochant mon sac de moi, par précaution idiote, car vu ma position, je me fais prendre de court en deux temps, trois mouvements. Je mords ma lèvre inférieure, replaçant une mèche de cheveux qui me colle au visage. Je plisse les yeux pour tenter de savoir qui est la personne qui se retrouve coincée ici, comme moi, pendant une tempête tropicale. En repensant à ce qui est arrivé l'été dernier, je me redresse légèrement, puis au fur et à mesure, les traits s'éclaircissent, se font plus visibles, la silhouette aussi, jusqu'à ce que je croise son regard. Une seconde. Une seule. Ça m'a suffi, ça m'a plus que suffit...
« Morgan ». Je n'ai pas pu. Pas pu retenir. Mon coeur se consume, ma salive s'assèche. Je ne m'attendais pas à ça, je ne m'attendais pas.. on ne peut pas... non, c'est pas possible, il peut pas être là, et pourtant. Mes yeux ne savent que faire, alors je le fixe sans ciller, alors que lui évite soigneusement mon regard. Je fais un brusque retour en arrière, à ce qui s'est passé après l'ambulance, le séjour hospitalier. On se côtoyait sans savoir comment se parler, comment réagir, comment faire pour s'expliquer ou se pardonner. Lui, me pardonner. Il ne pouvait pas, pas sans que je lui en donne une raison, pas sans que je m'excuse et que je lui parle. Je n'ai jamais su parler, surtout de sentiments. Je suis une handicapée des émotions, c'est certain. On ne prenait plus la peine de se regarder, pire, il ne posait plus les yeux sur moi, même quand je cherchais à ce qu'il le fasse. Mon silence a du lui faire du mal, loin d'être aussi cruel que la perte de son enfant, mais quand même. Je lui ai tout volé, tout enlevé. Notre vie de rêve, notre bulle, éclatée, sans pourquoi ni comment. C'est arrivé, tout simplement « Morgan ? ». J'ai mal, j'ai tellement mal en dedans. Mes entrailles sont en feu, et je ne parviens pas à bouger. Je suis figée sur place. Seule réaction physiologique au fait qu'il se trouve là, visiblement, face à moi, je porte la main sur mon ventre, instinctivement. En réalisant, je retiens un sanglot et les tremblements. Ça menace de tanguer, je menace d'éclater. Sa présence n'arrange rien du tout. Il y a deux ans, ça aurait tout changé. Aujourd'hui, rien n'est moins certain...
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Ven 27 Aoû - 0:00
(c) SMASHEDWINGS.
« Don't turn me down, for all i need make my heart a better place, give me something I can believe Don't turn me down. »
FLASH BACK :
Bzzz. Bzzz. Le petit engin grisâtre tournait avec fureur sur la table de nuit, m’arrachant à mon sommeil, m’arrachant à mes songes. Entre mes bras, avant même d’ouvrir les yeux, je sentis le corps de Sora s’étirer et s’arracher à mon emprise. Elle se redressa et, alors que j’ouvrais un œil, elle tendait le bras vers sa table de nuit et saisit son téléphone. Téléphone qu’elle porta jusqu’à ses yeux pour y contempler le numéro inscrit sur l’écran, suite à quoi, elle poussa un profond soupir avant de se laisser rouler sur le dos pour contempler le plafond de notre chambre à coucher, le téléphone continuant de vibrer entre ses mains. La tète toujours fourré dans mon oreiller, je laissais une voix encore endormie s’échapper de ma bouche « C’est qui ? ». Un nouveau soupir de sa part, elle hésite puis, dans un murmure, j’entends le son de sa voix. « Mon supérieur ! » Cette fois, c’est moi qui me redresse, sentant mon sang commencer à bouillir dans mes veines. « Je croyais que tu avais déposé un congé à cause de ta grossesse ?! » Sa main se pose sur mon bras, fraiche, contrastant avec la chaleur de ma peau à peine émergée des draps. Mon regard se pose sur ses petits doigts fins mais, j’évite de la regarder elle, j’évite de croiser son regard, car je sais que si jamais je le faisais, j'en oublierais instantannément la raison de mon énérvement présent. Parce que, je sais qu’elle ne l’a pas fait, je sais qu’elle était contre cette idée, je sais qu’elle pense ne pas être en danger dans son travail. Après tout, elle ne fait que relever les preuves après le passage des policiers et des inspecteurs. Elle ne risque rien. Tels avaient été ses mots quand j’avais cherché à la persuader de lever le pied, quand je lui avais demandé de parler à son supérieur, pour elle, pour moi, pour nous. Par peur pour elle, par peur pour la vie de l’enfant qu’elle portait. Notre fils. Alec. Aussi têtus l’un que l’autre, aucun de nous n’avait voulu écouter l’autre et, j’avais finis par quitter la pièce puis, la maison, pour sortir le chien, espérant que cela me calmerait. Ce qui avait été le cas. En rentrant, la dispute était oubliée des deux cotés et, nous pouvions reprendre notre petite vie de jeune couple. « Morgan… Je ne risque rien, je te le promets ! » Je levais un regard sombre sur elle, apercevant ainsi un petit regard confiant sur son doux visage. Mon regard s’adoucit alors. Son sourire devint plus franc. « Je suis encore capable de faire mon boulot tu sais ! » Elle approcha son visage du miens. Toute colère avait disparu de mon visage, juste à l'entente du son de sa voix, juste à la vue de son regard, de ses yeux, de sa peau et, je posais mes lèvres contre les siennes. Je l’aimais tellement, je ne voulais pas qu'elle parte. J'aurais voulu la garder auprès de moi pour toujours… Mais, le vibreur de son téléphone portable vint interrompre notre baiser, et Sora se leva d’un bond après m'avoir lancé un dernier adorable sourire avant d'aller préparer son petit déjeuner, tout en décrochant son téléphone alors que je me replongeais dans les draps, sans me douter que, la prochaine fois que je reverrais le visage de ma femme, ce serait dans un lit d’hôpital, son visage baigné de larmes.
[…]
« Donnes moi ca ! » Sora leva les yeux vers moi, surprise par le ton de ma voix alors que je lui arrachais le torchon des mains. « Je suis encore capable de faire la vaisselle tu sais ! » Mon regard devint haineux, mes lèvres se mirent à trembler, je serrais les poings jusqu'à ce que mes jointures me brulent. Ses yeux s’écarquillèrent d’avantage. « C’est marrant, la dernière fois que tu m’as dit que tu étais capable de faire quelque chose, tu as tué mon fils ! » Les yeux de celle qui était mon épouse s’emplirent de larmes, faisant ainsi briller son regard alors que l’ensemble de son visage se décomposait. « Morgan… » Sa voix n'avait été qu'un murmure, une plainte mais, attrapant une assiette pour l’essuyer, j’ignorais ses lamentations, j’ignorais son regard baigné de larmes, frottant énergiquement l’assiette entre mes doigts, celle-ci se trouvant à présent au bord de la fêlure. Je sentais son regard sur moi. Je sentais mon propre cœur se déchirer un peu plus dans ma poitrine alors que je me demandais comment je pouvais être aussi dur avec elle, comment je pouvais réussir à lui parler de la sorte alors que je l’aimais plus que tout au monde, ce que cet anneau à mon doigt prouvait. Je continuais de frotter l’assiette entre mes mains, tant et si bien que, l’espace d’un instant, je me demandais si le motif dessiné dessus n’allait pas finir par disparaitre. Mais, j’en avais besoin. Besoin de frotter cette assiette pour me concentrer sur autre chose. Pour ne pas affronter le regard de Sora, pour ne pas avoir à croiser son regard humide. Pour ne plus penser tout simplement. Bientôt, je sentis la tension se relâcher dans mes muscles, dans mon corps tout entier. Elle avait quitté la pièce, ce que me confirma le bruit de la porte de la chambre claquant derrière elle. Mes lèvres se mirent à trembler et, à bout de force, je laissais l’assiette tomber sur le carrelage, celle-ci se brisant en mille morceaux. Puis, de rage, je donnais un coup de poing dans le mur se trouvant face à moi avant de me laisser glisser contre celui-ci. Je n’en pouvais plus, de cette vie, de cette ambiance, de cette douleur, de ces pensées tournoyant dans mon esprit. J’avais besoin de partir, de fuir, loin d’elle, loin du souvenir de son ventre arrondi…
FIN DU FLASH BACK :
« Morgan » Alors que je peine à déglutir, j’entends le son de sa voix, son qui se répercute dans ma poitrine avec douleur. Je ne peux toujours pas poser les yeux sur elle, je ne peux toujours pas concevoir que ce soit bien elle, qu’elle soit là, a à peine quelques mètres de moi, bien vivante. Mes lèvres tremblent, mes yeux cherchent un point de repère, mon esprit cherche une explication rationnelle. Mais mis à part une hallucination ou un miracle, je ne vois aucune explication à donner à la présence de la jeune femme en ce lieu. Pourquoi avais je accepté de venir chercher de l’eau ? Pourquoi ? Je ne peux pas admettre qu’elle soit ici. Mon esprit reste fermé. Je ferme les yeux, plissant les paupières avec force, comme dans l’espoir que cela me poussera à me réveiller mais, rien n’y fait, je reste là, coincé dans cette grotte, avec elle. Avec la sensation que je suis en train de devenir fou. Avec cette douleur oppressante dans ma poitrine et, l’envie de me laisser tomber sur le sol. L’envie de l’implorer à genoux, de lui demander pardon. Pardon pour la façon dont je l’ai traitée, pour la façon dont je l’ai abandonnée. « Morgan ? » Mon visage se décrispe. J’ai envie de pleurer et, je sens mes yeux s’humidifier. La joie de la savoir en vie. Le bonheur d’entendre le son de sa voix. La sensation que l’on me donne une nouvelle chance. Les derniers mots que je lui avais dis ce soir là, dans notre cuisine à Sydney, je n’avais cessé de les tourner et de les retourner dans ma tète, me demandant sans arrêt comment j’avais pu faire preuve d’autant de haine et de méchanceté envers elle. Me demandant comment ces mots avaient pu être les derniers que j’avais pu avoir à son égard avant de m’éclipser dès le lendemain à l’aube, alors qu’elle dormait encore. Combien de fois m’étais je dis qu’elle était morte en se remémorant ces mots sortis droit de ma bouche alors que je lui devais bien plus que ca, que j’aurais du avoir les paroles inverses, que j’aurais du la soutenir, en vouloir à un autre pour ce qu’il lui avait fait subir. Pour ce qu’il faisait subir à notre famille. J’avais été le pire crétin qui soit, le plus grand des imbéciles égoïste. Je m’étais conduis comme si j’avais été le seul à souffrir. Je lui en avais voulu, je l’avais vu comme une meurtrière. Et, malgré moi, je continuais de la voir de la sorte. Derrière toute cette culpabilité que je ressentais pour la façon dont je l’avais ignorée, traitée et abandonnée, je continuais de lui en vouloir. Pour ce rêve qu’elle m’avait fait miroiter puis, qu’elle m’avait arraché. Pour ce bonheur qu’elle m’avait fait espérer, puis repris. Avoir une famille, c’était tout ce que j’avais toujours voulu. Depuis la mort de mes parents. C’était mon seul but dans la vie. Elle m’avait fait y croire et me l’avait arraché. La douleur avait été si immense que je n’avais pas pu le supporter, je n’avais pas pu supporter de croiser son regard, d’entendre sa voix, de sentir sa peau. Je ne pouvais alors qu’imaginer ce qu’aurait été notre vie avec Alec, je ne pouvais que repenser à ce bonheur que nous avions frolé et auquel nous n’aurions plus le droit. Parce qu’elle aimait plus son travail qu’elle ne m’aimait moi, qu’elle ne l’aimait lui, qu’elle n’aimait notre vie.
Tout était encore si fort, si vivace en moi. Comme si en une seule seconde, toute cette douleur que je m’étais efforcé de faire taire venait de se réveiller, plus violente qu’auparavant. Me perçant le cœur à nouveau, un cœur qui n’avait jamais vraiment cicatrisé. Et qui ne cicatriserait probablement jamais. Il m’avait suffit d’apercevoir son visage, d’entendre le son de sa voix, et tout était là. Comme si rien ne s’était passé ces si dernières années. Comme si tout ce que j’avais vécu, de mon coté de l’océan, n’avait jamais existé. Comme si deux ans ne s’étaient pas écoulés. Deux années qui m’avaient pourtant semblé durer une éternité. Mon cœur semblait toujours aussi douloureux, tous les souvenirs étaient toujours aussi brulant dans mon esprit, tout ce que j’avais pu ressentir et essayé d’oublier dans l’alcool. Tout était là. Flottant de nouveau dans ma tète. Me déchirant le cœur.
Ma main se crispa soudainement contre la paroi rocheuse contre laquelle je m’appuyais de plus en plus et soudain, je me laissais tomber mollement sur le sol, appuyant mon épaule contre la paroi humide, mes yeux vides de toute émotion fixant un point imaginaire sur le sol, parmi les cailloux, mon esprit ayant comme arrêté de fonctionner, mon cœur battant la chamade, mes lèvres ne cessant de trembler… Et soudain, sans que je ne m’en rende compte, sans que je ne cherche à formuler le moindre mot, j’entendis ma voix s’élever dans le silence du lieu, brisant ce moment douloureux et agréable à la fois… Un simple murmure, une larme naissant au coin de mon œil. « Je pensais que tu étais morte… » Je déglutis de nouveau, avec peine puis, relevais lentement la tète, retrouvant peu à peu mes esprits. « Tu es censé être morte ! » Puis enfin, mes yeux se posèrent sur les siens, ma voix devenant plus dure alors que j'avais retrouvé ce ton que j'avais utilisé ce soir là, le dernier soir où je lui avais parlé, laissant de nouveau s'échapper des paroles que je savais que je regretterais. Encore. Mais qui, pour le moment, me permettait de me sentir en sécurité. « Pour moi, tu es morte ! »
I'M NOT ALRIGHT ♣ I'm not alright, I'm broken inside. And all I go through, it leads me to You. Burn away the pride. Bring me to my weakness 'til everything I hide behind is gone. And when I'm open wide with nothing left to cling to, Only You are there to lead me on. 'Cause honestly, I'm not that strong.
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Ven 27 Aoû - 2:19
made by HYSTERIASTIC I always thought I'd make it but never knew I'd let it get so bad living with myself is all I have
Je ne suis que moi, sans pourquoi ni vraiment. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai été inconsciente et insouciante. C'est vrai que lorsqu'on est gosse, on a pas vraiment à se préoccuper de quoi que ce soit d'autres à la base, mais moi, j'étais pire que les autres. Turbulente, à la limite hyperactive, je passais mon temps à m'enfuir et à chercher à ce que l'on m'accorde un regard, ne serait-ce qu'un instant, pour que je me sente importante, que je me sente unique, comme chaque enfant se doit de se sentir chaque jour de sa vie. Se faire remarquer dans une famille nombreuse, c'est toujours plus difficile. Lorsqu'on n'est pas la première née, qu'on est pas le dernier né, mais que l'on fait partie de ces oubliés qui se trouvent entre les deux. Les bêtises deviennent rapidement le moyen de faire briller les yeux de maman ou papa, même s'il ne s'agit pas d'un sentiment noble comme la fierté ou l'amour, mais qu'il s'agit plutôt d'énervement, de colère et d'impatience. J'avoue ne jamais avoir su me mêler au reste de ma famille, parce que j'étais différente. Les Tarissi ne sont pas des intellectuels, mon père est italien, ma mère australienne, et notre santé était la seule chose qui leur importait. Notre santé, et notre unité. La famille, c'est sacré, et pourtant, chacun cherche à être le centre de l'attention et je n'ai jamais aimé me battre, parce que je n'ai jamais su comment faire. Je n'ai pas la patience de mes frères, la témérité de ma soeur, l'audace de mon aînée. Je n'ai toujours été que moi, effacée, bien que têtue, irresponsable, mais qui demeure quand même consciente qu'elle franchit des limites. Je ne ferais pencher aucune balance, j'ai toujours peser le pour et le contre dans une triste et morne rationnalité que l'on me reproche encore aujourd'hui. À quoi bon crier, à quoi bon pleurer, à quoi bon geindre et se plaindre? Le silence. La parole. Chaque mot dosé vaut mieux que des paroles qui se dispersent. Je me rends peut-être compte que ce maudit raisonnement est sans doute la cause de ce que je suis, ce que je suis devenu et qui me fait honte. En cherchant la raison partout, la justice et l'équitabilité, j'ai rompu cet équilibre rassurant et neutre qui m'évitait de commettre des bourdes monumentales, comme celle que j'ai fait il y a deux ans. Il n'y a pas une nuit où je ne rêve pas de cette journée. Il n'y a pas nuit où je ne me réveille pas en sursaut, en panique, parce que je le cherche dans la pénombre, dans la noirceur, comme s'il me paraissait inconcevable d'être désespérément seule. Seule à l'intérieure. Seule à comprendre. Seule à subir. Jayson fait tout ce qu'il peut. Jayson a fait plus que je ne puis le dire, parce que sans lui, je crois que je ne serais plus là. Si je supporte ce fardeau, ce poids sur mes épaules, cette douleur qui me coupe en deux, c'est pour l'entendre dire quelque chose. Parler d'Effy. Effy. Effy qui m'appelle maman. Effy qui aurait deux ans de plus qu'Alec. Pour l'entendre m'appeller Tarissi et me suivre des yeux pour m'éviter un malheur qui tarde à me tomber dessus. Un nouveau malheur. Il ne me reste plus rien. Plus qu'eux. Les miens. La petite et... lui. Lui qui m'aide à tenir le coup, à encaisser le choc, à taire cette petite voix dans ma tête. Jayson O'Toole étouffe le monstre qui me désigne comme la coupable de la mort de mon enfant. Jayson O'Toole bâillonne ma culpabilité d'un geste tout simple, un sourire, un bras autour de moi pour me permettre de m'endormir...
« Donne-moi ça! ». Ce ton. Rien que le ton me fait frémir. Rien que cette façon qu'il a de me faire mal avec des mots, des mots inoffensifs, si ce ne serait de cette manière de les dire, secs, cruels, dénués de la moindre considération. Il agit comme si j'étais... que je n'étais personne, qu'une simple figurante dans le film de sa vie. Mais non. Il a pas le droit. Il ne peut pas me faire ça. Je veux avoir le rôle principal dans notre histoire. Son histoire intimement liée à la mienne, parce que je n'aime que lui. Je n'aimerai que lui. Ne veut que lui. Ne m'en veut qu'à moi. Et pourtant, si... non, je ne peux pas. Je ne pourrai jamais, alors je me laisse faire. Jusqu'à ce que la tension devienne insoutenable et que je lui réponde, agacée, blessée, comme un animal que l'on traque sans cesse et qu'on laisse crever tout seul sans l'achever « Je suis encore capable de faire la vaisselle tu sais ! ». Il n'a fait aucun geste violent, je crois Morgan incapable de le faire, même s'il me déteste. Il me déteste à un tel point qu'il émane de lui une aura de haine qui me fait reculer et qui fait remonter des sanglots et des larmes que je refoule inlassablement. Je sursaute quand il prend le torchon, tentant de tuer aussi le tremblement de ma main. Je baisse les yeux un instant pour redresser la tête et avoir un mouvement de recul. Il exulte de Morgan tellement de mépris, d'horreur, que j'ai envie de vomir et pleurer à la fois. Je le répugne, ma seule vue lui est insupportable. Je veux partir, mais j'en suis incapable. Je suis comme.. pétrifiée « C’est marrant, la dernière fois que tu m’as dit que tu étais capable de faire quelque chose, tu as tué mon fils ». J'étouffe. Les larmes déferlent en flot, et certaines roulent sur mes joues. Ma lèvre inférieure est incontrôlable, et je la mords jusqu'au sang pour tenter de le réprimer. J'attends. Il ne peut pas faire ça. Il ne peut pas ME faire ça. Pas maintenant, pas quand j'ai besoin de lui, j'ai tellement, tellement besoin de lui. Ne m'entends-tu pas crier, m'époumoner, dans ce silence lourd et insoutenable, à quel point j'ai besoin que tu sois là pour me pardonner, pour m'aimer encore, pour qu'on soit ensemble, parce que je ne veux que ça. Je ne voulais que ça. Toi, moi, et Alec. C'est tout. Je n'avais besoin de rien d'autre, je le sais, maintenant. M'entends-tu te le souffler quand tu daignes m'écouter? Mais non. Tu n'entends rien, car ces mots ne sont que mes pensées et ils ne dépasseront pas le seuil de mes lèvres « Morgan... ». Je le supplie presque de me regarder, ce ton plaintif qui ne me ressemble pas. Il ne plie pas. Il ne détourne même pas les yeux de ce torchon qu'il élime sur la vaisselle. J'attends quelques secondes qui me paraissent une éternité, avant même que je m'effondre parce que mes genoux ne me soutiennent plus, je fais volte-face. Mon visage se décompose, mais sans témoin. Mon cri de surprise est étouffé par la vaisselle qui éclate sur le plancher. Je me couche en boule sur mon lit et pleure, m'accrochant, crispant mes doigts sur le tissu du drap et frappant violemment mon abdomen, ravalant un gémissement de douleur. J'avais mal à l'intérieur, peut-être que la douleur physique saura-t-elle surpasser celle qui me tord les entrailles et qui me broye le coeur?
Il n'a pas changé. Il est exactement comme le jour où il m'a quitté, qu'il m'a abandonné, qu'il n'a plus réussi à tenir malgré l'évident besoin qui me martelait le coeur de l'avoir auprès de moi. Se sentait-il suffisamment fort pour réussir à oublier et à enterrer loin de moi le fils que je pleure encore aujourd'hui ? Moi pas. Je n'ai jamais eu sa force. Je n'ai jamais eu son talent d'orateur. Je n'ai jamais eu sa douceur, sa passion et son sens du devoir. J'ai toujours vécu seule dans mon corps, et ce petit intrus bouleversait le moindre petit système de celui-ci. Le temps que je m'habitue et me mette à l'aimer, il me quittait déjà. Il me quittait parce que.. parce que.. « Je pensais que tu étais morte… ». Mon coeur saute un battement, puis un second, jusqu'à ce que je porte la main sur celui-ci pour le forcer à me redonner le souffle. Morgan a en parti raison sans savoir, parce qu'une partie de moi est morte. Elle est morte avec la fin de ce " nous " que l'on composait sans rien demander à personne. Je me suis effondrée à la perte d'Alec, mais avec lui, j'aurais pu, j'aurais du... j'aurais remonter la pente. Parce que mon dieu, je l'aimais tellement. Je l'aime tellement, et ça me tue, ça me déchire, ça me remue terriblement de le voir comme ça, se laisser glisser sur la paroi de la grotte, lui apparemment indestructible, invulnérable, insensible. Je savais qu'il avait mal. Je le savais, et je ne l'ai pas soutenu. J'ai perdu notre enfant, mais on a été tous deux perdants. J'ai perdu les deux, au final. Mon regard ne cille pas, je ne peux pas, je peux tout simplement pas le quitter des yeux. Ses traits, ses yeux, j'ai passé si souvent la main sur ces joues, dans son cou, entrelacer mes doigts aux siens, blottie mon corps contre son torse, passer ses bras autour de ma taille. Je connais chaque muscle, chaque tendon, chaque nerf et chaque parcelle de peau de son corps. Je sais que ça le rend fou que je glisse les doigts le long de son échine et qu'il déteste que je pose ma main sur ses hanches parce qu'à cause d'un cote cassée quand il était jeune, elle ressort légèrement de son emplacement de base. Je n'en avais que faire, son corps, je le connais par-coeur, et ce petit "défaut" ne faisait rien d'autre que de l'aimer davantage « Tu es censé être morte ! ». Je mords l'intérieur de ma joue, puis me laisse tomber sur le sol, m'installant sans le vouloir en tailleur, ma marque de commerce « Pour moi, tu es morte ! ». Je défaille. Mon regard se brouille, j'y vois plus rien, mes yeux se noient dans les larmes. J'attrape Lapinou et le serre dans mes doigts comme si je cherchais à l'asphixier. J'ouvre la bouche, puis la referme, honteuse. Qu'avais-je à dire pour ma défense? Je suis désolé, je t'aime encore, je t'aimerai toujours? Insuffisant. La pensée magique ne fonctionne pas, parce que Morgan serait en train de me prendre dans ses bras « Morgan, je... ». Je ne trouve pas les mots, je ne sais pas comment parler, aide-moi, écoute-moi, écoute le vent qui te dira tout à ma place « Comment.. pourquoi... ». Ça se bouscule dans ma tête. Les yeux me chauffent. Trop de choses qui veulent sortir en même temps, trop peur de sa réaction, trop pétrifiée par ses propos. J'ai mal, chaque jour la douleur, la plaie s'agrandit. Le temps ne panse pas mes blessures, Morgan Bratford, il n'y a que toi qui le puisse...
BORN TO RUN ◢ SECRETS : j'aime toujours mon ex femme. ◢ DISPONIBILITÉ RP: ✔
Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Ven 27 Aoû - 19:04
(c) stace.
« You were my sun. You were my earth. But you didn't know all the ways I loved you. The damage is done. So I guess I be leaving. »
Les mots s’étaient simplement échappés de ma bouche, laissant place à la sincérité, à un ressentit. Tel un moyen de défense, telle une échappatoire. Lui dire qu’elle me manquait, lui dire qu’au fond de moi, je n’avais jamais cessé de l’aimer, lui avouer combien j’avais souffert depuis que je l’avais quitté, lui apprendre quel enfer j’avais vécu loin d’elle, en la pensant morte dans un crash d’avion, sans avoir pu lui dire combien je regrettais de l’avoir abandonnée quand elle avait eu le plus besoin de moi… Tout cela ne me ressemblait pas. J’étais un écorché vif, un enfant qui avait connu la mort de ses parents et qui s’était toujours sentit responsable de ce drame mais, n’en avais jamais rien dit à personne. Un enfant qui avait été renié par sa plus proche parente. Un enfant qui avait grandis balloté de famille d’accueil en famille d’accueil, sans le moindre amour, au milieu des cris et des bagarres, prenant les coups pour protéger les plus faibles, n’ayant pas le droit de s’attacher à qui que ce soit. Un enfant qui avait grandit en ne s’attachant qu’à deux choses, deux constantes, la religion et son plus cher rêve au monde, avoir une famille à lui un jour. Un adolescent qui avait refusé d’aller dans toutes ces soirées, qui ne sortait jamais. Pour avoir son diplôme. Pour devenir quelqu’un. Pour prouver à sa grand-mère qu’elle avait eu tort sur son compte, qu’il n’était pas un vaurien. Pour avoir la garde de sa jeune sœur, pour avoir un semblant de famille. Un adulte qui avait vu en elle, Sora Naomee Tarissi la femme de sa vie, celle qui lui avait fait gouter au bonheur, celle qui avait été sa vie, sa famille, tout pour lui. Un adulte qui avait tout perdu du jour au lendemain, ses rêves, la femme qu’il aimait, sa dignité et l’amour du reflet qu’il voyait dans son miroir. Un adulte qui se mentait à lui même, qui mentait au monde entier sur ce qu’il ressentait, sur combien il souffrait d’être monté dans cette avion ce jour là, sur combien il culpabilisait…
J’avais bien trop souffert dans ma vie, bien trop durement appris qu’il ne fallait pas s’attacher aux autres pour ne pas souffrir. J’avais bien trop de fierté et d’amertume en moi pour n’accepter, ne serait ce que de lui dire qu’elle me manquait. Qu’elle m’avait manqué des l’instant où elle avait quitté notre chambre pour aller travailler ce matin là. Car depuis, plus rien n’avait été pareil. Ni pour elle. Ni pour moi. Nous étions bien trop blessés, bien trop détruis. Nous n’étions plus les mêmes et, notre amour l’un pour l’autre, bien que toujours aussi vivace avait été effacé par la peine et la douleur, par la culpabilité et les reproches de l’autre. Des reproches jamais dis à voix hautes mais si clair et distinct dans chaque regard, dans chaque geste, dans chaque silence.
Les premiers mots sortis de ma bouche n’avait rien de méchant, une simple constatation. Je me souvenais encore de l’appel d’une collègue et probablement amie de Sora en pleine nuit alors que je n’étais revenu que depuis peu à San Francisco. Au début, le sommeil étant en prise sur moi, je n’avais pas compris ses paroles. Elle était angoissée, sa respiration était saccadée, certains de ses mots se noyaient dans ses sanglots. Je ne comprenais que certaines paroles qui, pour moi, n’avait aucun sens. Elle me parlait d’un crash, d’un voyage, d’un avion, du Canada… Et je me demandais sincèrement où elle voulait en venir. Puis, elle prononça le prénom de Sora et, mon cœur se figea. La veille au soir, j’avais encore excessivement bu, après quoi, j’avais erré dans quelques rues malfamés, avant de ramasser une prostituée, cherchant par tout moyen à me sortir Sora de la tète. En vain. En rentrant, je m’étais affalé sur mon lit, à peine une heure avant cet appel et, une chaussure était encore à mon pied quand je me redressais, pour être sur de bien comprendre le sens des mots de la jeune policière à l’autre bout du fil, à l’autre bout du monde. Une fois assis sur le bord de mon lit, je tendis ma main vers la table de chevet pour chercher à tarton l’interrupteur de la lampe. Après quelques secondes, un puissant jet de lumière inonda la pièce, me donnant l’impression que mon crane allait exploser. Mais, les mots ne cessaient d’affluer dans le téléphone. Dans ma tète, dans mon esprit embrumé par l’alcool, je parvenais peu à peu à assembler les pièces du puzzle. Mes lèvres se mirent à trembler alors que, sans quitter un point fixe sur le parquet, je cherchais la télécommande, là, derrière moi, quelque part sur le couvre lit… Peu à peu, je sentais le froid m’envahir, mon esprit se vider, mes forces me lâcher… Bientôt, je sentis un objet dur et rectangulaire sous mes doigts. Je le saisis, sans vraiment le vouloir, tremblant, mes yeux s’humidifiant tandis que la jeune femme à l’autre bout du téléphone continuait de me parler de crash aérien, de Sora s’envolant vers le Canada pour une affaire du tueur en série qui reliait les deux pays. Sans bouger, sans quitter ce point fixe devant moi, ne bougeant que mes doigts, les laissant courir sur l’objet dans ma main, j’appuyais sur un bouton, n’importe lequel et soudain, la télé s’alluma… Une voix féminine se fit entendre alors que je lâchais le téléphone, sans même prendre la peine de dire le moindre mot. Sans même prendre la peine de raccrocher. Le laissant simplement glisser jusqu’au sol dans un bruit sourd, ma main n’ayant plus la force de le porter. Le son du téléviseur flottait jusqu’à mon oreille, m’offrant des nouvelles qui me glaçaient le sang. Un crash. Un avion reliant Sydney au Canada. Un crash. Dans l’océan. Aucune trace de l’avion. Les secours redoutaient de ne retrouver aucun survivant… Mes yeux s’emplirent de larmes. Sora. Je peinais à respirer, tremblant de tous mes membres. Mes jambes et mes bras se crispèrent et bientôt, je tombais en avant, hurlant de douleur, mes yeux baignés de larmes… Je ne la reverrais jamais. La femme que j’aimais était morte. Je ne verrais plus jamais son visage, ni son sourire. La femme que j’aimais était morte. En pensant que je la haïssais. La femme que j’aimais été morte et jamais elle ne saurait qu’elle était mon unique raison de vivre…
Comment devais-je réagir à présent ? Que devais-je penser ? Je vivais, depuis ces deux dernières idées, dans l’idée que la femme que j’aimais été morte, que je ne la reverrais, que je ne pourrais jamais lui demander pardon, ni lui dire combien je regretter mon comportement. Je vivais avec cette idée et je ne parvenais pas à réaliser que j’avais tort, que je vivais avec une idée erronée. Mon esprit ne parvenait pas à admettre la nouvelle. Même si cela me tuait, j’avais fini par accepter l’idée que Sora soit morte, j’avais mit le temps, j’avais descendu nombre de bouteilles, j’avais hurlé et pleuré mais, je l’avais accepté. Non sans difficulté, me forçant à l’encrer dans mon esprit. Après tant et tant de douleurs… Comment accepter que j’avais tant souffert… pour rien ? Alors oui, je pensais qu’elle était morte. Mon esprit pensait qu’elle était morte. J’avais la sensation d’être face à un fantôme, d’être face à un mirage, à un miracle et, cette idée m’était à la fois douce et douloureuse.
Et finalement, comme sortant de cet état second dans lequel j’étais face à cette nouvelle, face à ce miracle, sortant de cet état de léthargie dans lequel je m’étais retrouvé plongé des que je l’avais vue, des que j’avais compris que c’était bien elle qui se trouvait là, face à moi. La réalité avait alors repris sa place alors que je reprenais peu à peu conscience de ce qui m’entourait, de ce qui se passait, la douleur avait repris le pas sur le reste. Et, des mots, bien plus fort que ma pensée s’étaient échappés de ma bouche. Oui, pour moi, elle était morte. Dans tous les sens du terme. Pour moi, elle reposait parmi les poissons, au fond de l’océan, dans la carcasse d’un avion. Comme ma sœur devait surement le penser pour moi en ce moment. Mais, elle était morte aussi dans mon esprit. J’avais voulu tirer un trait sur elle, sur ma vie avec elle quand j’avais quitté mon domicile ce matin là alors qu’elle dormait encore. J’avais tiré un trait sur celle que j’avais aimé, sur la vie que nous avions eu ensemble. Parce que c’était plus facile pour moi. Parce que ca m’avait aidé à aller de l’avant, à continuer ma vie, loin d’elle. Alors, comment pourrait-elle me le reprocher ? Pourtant, à entendre le son de sa voix, à voir l’expression de son visage se décomposer à l’entente de mes mots, je regrettais de les avoir prononcés. Je regrettais même d’être entré dans cette grotte. « Morgan, je... ». Ne pouvant pas soutenir son visage, je détourne les yeux, posant mon regard sur une flaque d’eau dans laquelle gouttait de l’eau depuis le plafond de la grotte. Puis, je fermais les yeux. Pourquoi diable étais je entré dans cette foutue grotte ? Pourquoi n’avais je pas tout simplement préféré attraper une bonne grippe hein ? Mes poings se serrent. Je sens mes ongles déchirer la peau dans la paume de mes mains, je sens les jointures de mes doigts se tendre à l’extrême, devenant douloureuses. Dans un geste désespéré et irréfléchi, je porte alors mes deux mains à mes oreilles et hurle en grimacant légéremment « Arrête. Arrête de prononcer mon nom… ARRETE !! » A chaque fois qu’elle prononcait mon prénom, j’entendais le son de sa voix ce soir là. Ce dernier soir que nous avions passé ensemble. C’était le dernier mot qu’elle n’avait dit avant que je ne la quitte. La dernière chose qu’elle m’ait dite, le mot que j’entendais dans mes rêves, comme dans mes cauchemars. Le son de sa voix, suppliante, appelant mon nom. Pour que je la regarde, pour que je la comprenne, pour que je lui pardonne, pour que je lui revienne. Mais, je ne voulais pas, je ne pouvais pas. Je voulais juste qu’elle se taise, je voulais juste arrêter d’entendre cette supplication qui m’était insupportable.
Peu à peu, mes bras retombèrent le long de mon corps alors que je fermais les yeux, appuyant ma tète contre la paroi humide, à bout de force et finalement résigné. Avoir hurlé m’avait quelque peu apaisé, avait calmé cette brulure dans mon cœur, cette douleur dans tout mon être, m’avait calmé et, à présent, je n’avais plus qu’une seule envie, me laisser sombrer… « Comment.. Pourquoi... ». Ma tète roula lentement vers elle et, bientôt, mon regard se posa sur le siens. Elle semblait aussi perdue que moi, elle semblait souffrir autant que moi. Ce dont je n’avais jamais douté. Un triste sourire s’étira sur mon visage, un sourire triste et fatigué, sans la moindre joie. Puis, d’un ton doux et las, je finis par répondre… « Pourquoi quoi ? Il y a tellement de questions sans réponse entre nous, tant de non dits que je ne sais pas vraiment ce que je dois dire… » Alors que ma bouche se refermait, je laissais ma tète rouler lentement dans l’autre sens, me sentant soudainement vide, et posais mes yeux sur l’entrée de la gorge, nostalgique…
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Sam 28 Aoû - 5:28
made by ??? i'm too young to lose my soul i'm too young to feel this old so long i'm left behind i feel like I'm losing my mind
« J'ai tellement mal mon amour, j'endure une douleur que personne ne devrait avoir à vivre, et surtout pas toi, surtout pas nous, parce que je t'aime à en crever, Morgan Bratford. C'est une putain de lame chauffée à blanc qu'on s'amuse à agiter dans mes tripes, une lame de rasoir qui me sert de rince-bouche, c'est... intolérable. Je m'en veux, t'a pas idée à quel point, t'a pas idée à quel point la culpabilité me ronge et me tue. J'ai mal pour toi, pour ce que je t'ai fait, la peine que je t'ai causé, la déception aussi. Je m'excuse pour tout, et même si ça ne nous rendra jamais Alec, je... je t'aime, Morgan, je t'aime, je t'aime, et j'ai BESOIN de toi » sont les mots que j'aurais aimé lui dire, trait pour trait, syllabe par syllabe. Si je serais doté de la moindre capacité d'oratrice ou si j'étais moins froussarde, c'est ce que je lui aurais dit pour le garder auprès de moi malgré ce que j'ai fait. J'ignore ce qu'il aurait dit, fait. J'ignore la manière dont il aurait réagi, s'il m'aurait frappé ou s'il m'aurait attiré dans ses bras, mais au moins j'aurais l'impression d'avoir tout fait pour que le " nous " redevienne quelque chose comme celui qu'il a été avant que cet évènement tragique qui est entièrement ma faute ne nous brise l'un comme l'autre. J'aurais l'impression d'avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir pour préserver cette relation dans laquelle je pouvais être moi-même en sachant pertinemment que jamais il ne me le reprocherait. J'aurais la sensation d'avoir été à la hauteur de l'homme que j'aimais, que j'aime toujours, l'homme qui me faisait rire aux éclats, qui m'attendait assis sur le canapé avec deux bouteilles d'eau aux raisins parce que je ne supporte pas l'alcool, l'homme qui me serrait dans ses bras quand je me sentais mal, même si je ne lui avais rien dit, pas un mot, pas un seul. Combien de fois j'ai tenté d'imaginer ce que je ferais si je me retrouverais devent lui, un jour? Je ne les compte plus, ni celles durant la nuit, ni celles quand je me perdais dans mes pensées à un moment quelconque de la journée. Dire que je n'ai pas pensé à Morgan chaque jour depuis qu'il est parti, ce serait un mensonge. Je suis imprégnée de lui jusqu'à ce que je crève, j'en suis certaine. Je l'ai dans la peau. Chaque fibre de mon coeur vibrait à l'unisson chaque fois qu'il se trouvait près de moi, mon coeur battait à la chamade, mon souffle était court, un sourire se scotchait instinctivement sur mes lèvres et j'avais les genoux comme du coton. Certains disent et pensent que c'est ça l'impression que l'on a quand on est amoureux. Je pense que cette personne ne connaissait pas Morgan, parce que si être en amour c'est génial en général, l'être avec lui c'était... parfait. Divin. Merveilleux. Jusqu'à ce que je gâche tout. Jusqu'à ce que je me batte pour retourner au labo, parce que je ne supporte pas de tourner en rond et que mon fils ne semblait pas être différent de moi. Il me faisait souffrir le martyre la nuit, jusqu'à ce que je me lève pour le bercer dans mon ventre en marchant, bol de crème glacée vanille noyé sous une montagne de chantilly. Quelque part dans mon esprit, y'a la culpabilité qui se réveille, sournoise, rusée, et qui s'infiltre dans chaque membre, chaque vaisseau, chaque veine. Elle me ronge de l'intérieur. Elle me gruge sans ménagement, sans la moindre pitié. Pouvoir poser les yeux sur celui qui fut mon mari n'arrange sans doute rien à rien, car si le temps à passer, Morgan, lui, n'a pas changé. Il est toujours aussi bouleversé. Entre lui et moi, il était démonstratif, élocatif, chaque émotion transpire par ses traits si bien que je les devine instinctivement. Je reconnais cette colère, cette amertume, ce mélange d'amour/haine qui a mis à nu ce qui restait de notre relation pour la faire voler en éclats un soir, en septembre, alors qu'il a ouvert pour la dernière fois la porte de notre appartement, la refermant derrière lui, pour me laisser désemparée, perdue, une plaie béante au milieu de la poitrine. Il est parti en fermant doucement la porte, mais ça ne l'a pas empêcher de m'arracher le coeur en passant...
« Arrête. Arrête de prononcer mon nom… ARRETE !! ». Je sursaute et pousse un cri de surprise en le voyant réagir comme ça, presque hystérique. Je pose mon front sur mes genoux pour cacher mon visage, bien que la pénombre aurait eu tôt fait de créer un voile pour l'empêcher de voir ma lèvre qui tremblait, mes yeux mouillés, mon expression désemparée. Je ne sais pas comment agir, comment faire là, maintenant. Je n'ai jamais su, et puis en même temps, il n'existe vraisemblablement pas de manuel pour dicter le comportement à adopter si l'on revoit par hasard son ex-mari deux ans après qu'il soit parti sans un mot parce qu'il supportait plus ma gueule parce que j'avais causé la mort de notre enfant et que ces joyeuses retrouvailles se passaient dans une grotte, sur une ile perdue, alors qu'il pleuvait des cordes dehors. S'il en existe un, je voudrais bien le nom de l'auteur et le site web pour le commander, s'il vous plaît. Je tente vainement de reprendre le contrôle de ma respiration saccadée et sèche, parce que si je manque de souffle, je risque de m'évanouir, et j'ai drôlement pas envie que cela se produise. Je ferme les yeux pour calmer les battements effrenés de mon coeur, troublé par la présence et les réactions de Morgan. Je resserre l'étreinte de mes bras autour de mes jambes, tombant sur Lapinou qui me regarde, là, droit dans les yeux, parce que je l'avais posé contre moi quand je l'avais aperçu, lui, devant moi, comme une apparition, comme un miracle, comme une Apocalypse ou un cyclone qui ravageait chaque morceau du casse-tête qu'est ma vie en les faisant virevolter partout, ça et là, loin de l'endroit où je les pressais de reprendre place. Je finis par reprendre la maîtrise de moi-même, ou à peu près. C'pas comme si j'avais été capable de me sentir bien dans ma peau depuis deux ans, de toute façon. Je repose sur lui pour le voir agir, réagir, alors que ça me frappe en plein visage à quel point c'est... ahurissant. Rien que de le regarder, de savoir qu'il est là, tout près, à respirer bruyamment, à soupirer, à hurler, à n'être que là à me faire perdre mes moyens. Enfin, puisque je le fixe sans ciller, je vois ses bras qui retombent, il regarde partout, enfin, sauf vers moi. J'ai le coeur qui se serre, mais je me refuse à baisser les yeux. J'ai besoin de son contact, j'ai BESOIN d'entendre sa voix, j'en ai rêvé tellement longtemps, tellement souvent, que ça me trouble de savoir que là, maintenant, c'est réel. C'est vrai. Ça fait mal. Ça fait plus mal que je ne saurais le dire, plus mal que ça, tu crèves, point barre.
« Dans ce cas, j'suis sensée t'appeler comment? J'suis sensée réagir comment, j'suis sensé faire quoi pour que ça ne t'exaspère pas, dis moi ». Ma voix se veut douce, mais la douleur que je ressens perce à travers celle-ci, fait légèrement trembler ma voix, la rend plus rauque, parce que je ravale des sanglots et que j'ai une boule dans la gorge. Je suis exténuée, vidée. Et pourtant on a rien dit. On s'est simplement regardés, et ça a grugé toutes mes réserves d'énergie. J'ai toujours été déstabilisé par lui, et puis ça n'est décidément pas pour s'améliorer. Je profite du fait que son regard se porte ailleurs pour essayer du revers de ma paume mon visage, au cas où je n'aurais pas réussi à rattraper la totalité des larmes qui baignaient mes yeux. Je suis anesthésiée. Je suis tétanisée. Je suis.. sous le choc. C'est le moins qu'on puisse dire. Mes mots. La tête qui me bourdonne. La douleur de chien dans ma poitrine. Tout ça pour me rappeler à la réalité : Morgan a beau être devant moi, mais on est des étrangers. On ne se connait plus. On a jamais été si proche et si loin l'un de l'autre. Je continue de croire que c'est ma faute. Que tout est ma faute. Puis il se décide enfin à faire volte-face pour que je puisse caresser des yeux ses traits, son visage, sa mine déconfite, le trait qui se veut un sourire qui apparait sur ses lèvres « Pourquoi quoi ? Il y a tellement de questions sans réponse entre nous, tant de non dits que je ne sais pas vraiment ce que je dois dire… ». Puis il se retourne de nouveau. Est-ce que ça lui est impossible de me regarder encore? Le feu reprend dans mes tripes. Je mords l'intérieur de ma joue. Je reste muette pendant une seconde, puis passe la main dans mes cheveux, me replaçant en tailleur « C'est que l'on a jamais réellement communiqué avec des moi, toi et moi ». Tu me comprenais sans que j'aille besoin d'ouvrir la bouche, Morgan, t'en rappelles-tu, au moins? Moi, je me souviens, je me rappelle de chaque seconde, chaque instant. Je me remémore chaque sourire, chaque soupir, chaque caresse. Je me rappelle autant de la façon que tu avais de me regarder comme si j'étais la septième merveille du monde comme celle que tu avais après l'accident, comme si j'étais une moins-que-rien, que je n'existais plus et que je comptais plus, parce que j'étais pire que morte à tes yeux. J'avais TUÉ notre enfant. J'ai tué ta famille. J'ai tué ton bonheur, je te l'ai arraché par égoïsme. Ça ne t'excuse pas, ça ne m'apaise pas, mais je comprends. Je comprends, et ça ne m'empêche pas de t'aimer si fort que... j'entends un craquement, puis lève la tête. L'eau s'infiltre dans la roche, ce qui n'est pas rassurant...
BORN TO RUN ◢ SECRETS : j'aime toujours mon ex femme. ◢ DISPONIBILITÉ RP: ✔
Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Lun 30 Aoû - 0:34
(c) stace.
« My heart's crippled by the vein That I keep on closing You cut me open and I Keep bleeding. Keep, keep bleeding love.. »
Cette grotte. Le cliquetis de l’eau qui tombe, goutte à goutte, tout autour de moi, la roche suintant dans mon dos, la forme des rochers. Le bruit de la pluie cognant dans les branchages à l’extérieur. Le bruit du tonnerre, de la foudre qui s’abat, là, quelque part, sur l’ile. J’avais la sensation de devenir fou, comme si l’ile elle même voulait me punir, me mettre au supplice. Je ne pouvais pas partir. Je ne pouvais pas fuir. J’étais lâche. J’avais toujours été un lâche. Je préférais fuir que d’affronter la réalité, la peine et la douleur. Et ce, depuis toujours. Enfant, j’avais cru que, me réfugier dans des Eglises pour prier aller m’aider à supporter ce que j’endurais chaque jour, je pensais que Dieu me viendrait en aide, qu’il veillerait sur moi de là haut, que lui au moins serait toujours là pour moi. Je me réfugier là bas, dans les Eglises de chacune des villes ou j’avais vécu des que quelque chose tournait mal. Des que l’un des parents de la famille d’accueil où je me trouvais élevait la voix. Puis, plus grand, je me suis réfugié dans les études, dans les livres de droit. Espérant que lire et apprendre, sans cesse d’avantage allait remplir mon cerveau, allait occuper toute la place dans mon esprit, aller remplacer mes pensées sans cesse plus sombre, aller combler ma solitude, m’éviterait d’affronter la réalité d’une vie sans aucune famille, la réalité de ma pauvre petite vie pathétique… Puis, j’avais préféré fuir l’Australie que d’affronter la douleur et la peine, j’avais préféré fuir que d’être fort. Pour elle, pour nous. Mais, la douleur n’avait fait qu’être plus forte. Je n’avais pas pu l’affronter, ni assumer mon acte, mon geste, ce départ. Et, j’avais sombré dans l’alcool. Puis, je m’étais réfugié dans les premiers bras qui s’étaient tendus vers moi, ceux de Poppy… Et aujourd’hui encore, en cet instant, je n’avais qu’une envie, fuir. Me lever et retourner vers la sortie, revenir sur mes pas et regagner l’extérieur, ne plus être dans cette grotte étouffante, ne plus être auprès de Sora. Pour ne plus ressentir cette douleur oppressante, cette culpabilité enserrant mon âme, cette envie de vomir ma peine… Mais, je ne pouvais pas, le bruit du tonnerre me figeait presqu’autant que tout le reste, me figeait sur place, figeait mon sang dans mes veines…
FLASH-BACK :
Le tonnerre venait de retentir à l’extérieur, glaçant le sang dans mes veines. Ce bruit. Je haïssais ce bruit. Plus que tout au monde. Debout dans la cuisine de mon appartement, je m’immobilisais instantanément alors que de fines gouttes de pluie commençaient à ruisseler le long du carreau me séparant de l’extérieur. Je ne bougeais plus, je n’osais même pas me retourner. J’avais un peu plus de 23 ans et, j’étais totalement paralysé par cette stupide peur de l’orage. Beaucoup s’était déjà souvent moqué de moi. Quand j’étais gosse et que je me réfugiais sous mes draps puis, quand je fus plus âgé et que je me recroquevillé dans un coin de la pièce, enserrant mes genoux dans mes bras, les serrant fermement contre mon torse. Puis, quand je fus un jeune étudiant en droit… Qui pourrait trouver crédible un avocat qui aurait peur de l’orage ? Qui se trouverait totalement paralysé au moindre bruit produit par ce caprice de la nature ? Combien de fois s’était on déjà moqué de moi ? Je ne les comptais plus, j’assumais. Mais, ce soir, je voulais être plus fort. Ce soir, je devais montrer que j’étais un homme et non un gamin apeuré. Pourtant, j’avais beau chercher à lutter contre ma peur, rien n’y faisais, je restais figé là. Comme un lapin pris au piège. Un flash lumineux se fit alors ressentir et, d’instinct, je redressais la tète, comptant mentalement les secondes qui s’égrenaient jusqu’à ce qu’enfin je perçoive ce bruit qui me glaçait le sang. L’orage n’était pas loin, il avait décidé de gâcher ma soirée. Mes poings se serrèrent alors que je tremblais légèrement, assaillis par toute sorte de pensées, ces pensées que j’avais toujours assimilées à ce bruit… « Morgan? » Surpris, je relevais la tète vers l’embrasure de la porte de la cuisine, apercevant ainsi Sora, une jeune femme que j’avais croisée dans les couloirs des locaux de police alors que je m’y rendais pour voir un client. Elle était à l’origine de son arrestation. Elle vivait en Australie, à l’autre bout du monde, de l’autre coté de l’océan… Et, bien que sachant qu’une histoire durable entre nous ne serait jamais possible, je l’avais invitée à sortir. Parce que des l’instant où je l’avais vue, j’avais sentit mon cœur manquer un battement, j’avais sentie mes mains devenir moites. Parce que des que j’avais croisé son regard, j’avais sentie ma gorge devenir sèche. Parce que des qu’elle m’avait sourit, j’avais sentit le rouge me monter aux joues. Parce que des qu’elle avait tendue sa main vers moi pour se présenter, j’avais eu envie de ne plus jamais lâcher cette main que je venais de saisir… Elle avait aussitôt accepté l’invitation. Et maintenant, mon regard posé sur elle, maintenant qu’elle se trouvait là, dans ma cuisine, je me demandais à quoi rimer tout ca. A quoi est ce que je jouais ? Dans quelques jours, elle devrait retourner là bas, chez elle, de l’autre coté de la Terre, là où elle avait sa vie et moi, je resterais là. Les relations sans lendemain, ce n’était pas mon genre. J’avais bien trop souvent souffert de la déchirure d’un adieu, bien trop souvent été abandonné… Et pourtant… Un nouveau coup de tonnerre. Je tressaille. « Morgan, ca va ? » Je me force à rire, je ris jaune. Mais quel abrutit je fais. « Ouais, désolé… » Je saisis le plat sur la table et me dirige vers la porte, vers elle. Mais, elle ne s’écarte pas, elle reste là, sur le pas de la porte, encrant son regard couleur azur sur moi. Je détourne le regard. « Il se fait tard, si tu veux manger, on devrait… » D’un ton autoritaire, elle me coupe la parole. « Je n’ai pas faim ! » D’un coup, je me sens assez mal à l’aise, je recule d’un pas avec mon plat entre les mains mais, elle en fait un vers moi. « Ecoutes je sais que… Qu’on ne se reverra peut être plus jamais quand je serais rentrée à Sydney mais… » Elle marqua une pause, hésitante. « Si tu as besoin de parler, saches je suis là et, je vois pertinemment que quelque chose ne va pas en ce moment et, je préfère te savoir mieux que de manger avec quelqu’un que je sais mal à l’aise… » Reposant le plat sur la table, je laisse échapper un nouveau petit rire plein de gène. Je sens alors une main sur mon épaule, je ne relève pas la tète, me contentant de fixer le contenu du plat sur la table puis, d’une voix d’enfant, je finis par parler… « C’est stupide mais, j’ai peur de l’orage. Depuis que je suis gosse… » Attrapant un morceau de plastique qui trainait sur la table en bois, je me mets à jouer avec du bout des doigts, nonchalamment, pour essayer de cacher ma gène, tout en lachant un rire nerveux, honteux. Mais, la jeune femme ne se moque pas, elle se contente de m’écouter, sa main toujours sur mon épaule. Je ne lui laisse alors pas le temps de répliquer, reprenant mon explication. « Petit, les soirs d’orage, j’allais me cacher sous ma couette, je m’y rouler en boule et, j’attendais que ca passe » J’haussais les épaules, essayant de faire croire que j’étais détaché de mon récit, ce qui n’était pas le cas. « Ma mère venait m’y rejoindre pour me prendre dans ses bras et me promettre que ca passerait, que le beau temps reviendrait, qu’il ne s’agissait que d’un bruit, que l’orage ne pouvait rien contre moi » Je grimaçais légèrement afin d’empêcher à mes lèvres de trembler. « Mais, elle se trompait. Il n’y a rien de plus dangereux que l’orage… » Je tournais lentement la tète pour poser un regard triste sur la jeune femme. « Mes parents sont morts dans un accident de voiture, un chauffeur de camion a donné un coup de volant afin d’éviter une chute de pierres du haut de la falaise, du à l’impact de la foudre. Mes parents arrivaient dans le sens inverse… » L’émotion me submergeait. Je réalisais soudainement que je n’avais jamais parlé de la mort de mes parents. Avec personne. Pas même avec Loélia. C’était la toute première fois. Mes lèvres tremblaient, mes poings se serraient tandis que mes yeux devenaient humides… La main de Sora glissa lentement dans mon dos tandis que son autre main me forçait à me détourner de la table pour lui faire face puis, elle me prit dans ses bras, me serrant contre elle, sans dire le moindre mot. A cet instant, je compris ce que je ressentais pour elle, que j’avais besoin d’elle, que je me sentais bien avec elle, en confiance… Plus les secondes passèrent, plus je me sentais bien dans ses bras, plus j’avais l’impression que les miens étaient fait pour elle. Puis, lentement, son visage glissa de mon épaule jusqu’à ma nuque, puis ses lèvres se posèrent sur mon cou, les effleurant légèrement, sensuellement et bientôt, son visage apparut devant le miens, nos regards se croisant. Quelques secondes plus tard, nous échangions notre premier baiser…
FIN DU FLASH BACK
J’avais fini par crier. Perdu, désemparé. Par crier pour me calmer, pour me sentir mieux, pour mettre de l’ordre dans ma tète, pour évacuer ce malaise qui dansait en moi. Ce malaise du à ces étranges retrouvailles qui avaient lieu dans des circonstances bien pires qu’étranges. Ce malaise du à la douleur de ces retrouvailles, la douleur causée par le son de sa voix, par la vue de son visage. Ce malaise du au tonnerre que j’entendais résonner au loin, même dans ma tète. Je voulais que tout cela cesse. Que la pluie cesse de tomber. Que mon cœur cesse de battre. Que mon sang cesse de cogner contre mes tempes… Mais, rien de tout cela ne se réalisa et, je me résignais à accepter la fatalité. Je me résignais à accepter l’ordre des choses. A accepter ces retrouvailles qui me déchiraient les entrailles, à accepter de cesser de lutter contre la haine que je pouvais bien ressentir contre la jeune femme… Car après tout, j’étais coincé ici avec elle. A bout de force et exténué. Après tout, combien de fois avais je prié pour que cet inspecteur de police qui m’avait appelé cette nuit là se soit trompé, combien de fois avais je rêvé que rien de tout ce là ne s’était produit, que je vivais toujours là bas, auprès d’elle, auprès de notre fils… Bien trop souvent pour cracher sur ce moment. Bien trop souvent pour ne pas chercher à apaiser ma conscience, pour ne pas accepter que j’avais peut être là, enfin une chance de pouvoir lui avouer combien je regrettais. Pourtant la rancœur prenait le pas sur tout le reste et, je ne trouvais pas les mots, je ne parvenais pas à formuler les pensées que j’avais enfermées en moi. Si profond qu’il me semblait parfois qu’elle faisait partie intégrante de moi, qu’elle me hantait à longueur de journée, me faisant souffrir à chaque pas que je faisais, à chaque parole que je prononçais, comme une torture infinie… Comme si prononcer ces mots, comme si demander pardon allait m’arracher une partie de moi.
Mes cris, ma rage, avaient décontenancés mon ex femme. Elle semblait encore plus perdue que moi. « Dans ce cas, j'suis sensée t'appeler comment? J'suis sensée réagir comment, j'suis sensé faire quoi pour que ça ne t'exaspère pas, dis moi ». Elle semblait… chercher à me calmer, à m’apaiser. Mais, je devine dans le ton de sa voix qu’elle cherche à étouffer sa douleur, qu’elle cherche à ravaler un sanglot. Je sens alors mon cœur se fendiller d’avantage, je sens cette carapace d’amertume et de colère fondre un peu plus à chaque instant… Je sens mon cœur qui se brise et la culpabilité devenir chaque fois plus intense, plus puissante, me déchirant à chaque fois plus les tripes. J’ai envie de lui répondre avec violence, envie de lui faire mal comme j’ai mal, défense que j’avais adoptée avant de partir, avant de la quitter. J’ai envie qu’elle souffre comme je souffre en cet instant, envie de me défendre contre ce que je ressens en la repoussant d’avantage. J’ai envie de lui répondre qu’elle n’a qu’à se taire, qu’elle n’à qu’à ne pas me parler, ne pas s’adresser à moi… J’ai envie de lui répondre que, tout ce que je veux, c’est ne plus entendre le son de sa voix. Ce qui n’est pas totalement faux après tout. Car cette voix a accompagné chacun de mes rêves, chacun de mes espoirs, comme chacun de mes cauchemars ces deux dernières années… L’entendre est à la fois un supplice me rappelant à cette douleur que j’ai endurée, et une douceur qui me rappelle que non, elle n’est pas morte. Pourtant, je n’en fais rien. Une partie de moi me rappelle l’écho de tristesse dans sa voix. Elle souffre tout autant que je souffre. Comme elle souffrait autant que moi après la mort d’Alec… Je lève alors lentement un regard triste et fatigué vers elle et, me contente de faire un léger mouvement d’épaule, résigné, poussant par la même un léger soupir…
Puis, de nouveau, je laisse mon regard flotter dans le vague, danser sur les gouttes d’eau qui s’échappe des parois de la grotte pour s’écraser sur le sol visqueux… Je l’entends alors d’une oreille distraite quand elle s’adresse de nouveau à moi pour me rappeler à notre passé, à ce que nous étions et, mon cœur se serre dans ma poitrine. « C'est que l'on a jamais réellement communiqué avec des moi, toi et moi » Je repense à toutes ces choses que nous avions partagées, toutes ces choses que nous comprenions sans ne jamais rien nous dire, toutes ces choses que nous sachions lire dans le regard de l’autre… Sa façon de me comprendre quand je faisais la tète dans mon coin, me faisant retrouver le sourire en un rien de temps… C’était peut être cela qui avait disparu après qu’elle ait tué Alec. Cette faculté de nous comprendre en un seul regard. Tout simplement parce que je ne supportais plus de croiser son regard, bien trop occupé à y voir ce que notre vie aurait pu être, bien trop occupé à y imaginer les yeux que notre fils aurait pu avoir, les siens… Non, je ne supportais plus son regard, la peine, la culpabilité et tout ce que j’y lisais. Je ne voulais pas le voir, je ne pouvais pas le voir, bien trop occupé par ma propre douleur, ma propre peine et toute cette colère qui me consumait de l’intérieur. Nous avions ensuite perdu le reste. L’envie de nous parler, l’envie de nous écouter, l’envie de nous supporter. Nous ne savions plus comment communiquer l’un avec l’autre, laissant la peine enfler dans nos cœurs, la rancœur gronder dans nos esprits et surtout, laissant ce fossé se creuser entre nous, faisant ainsi éclater notre mariage. Je pousse un léger soupir puis, un léger rire mauvais, cynique. Un rictus mauvais au coin des lèvres, je relève la tète vers mon ex femme puis, d’un ton froid, je laisse à ma peine le soin de s’exprimer… « Cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus de ‘toi et moi’ je te rappelle… »
A peine avais je prononcé ces quelques mots qu’il y eut un bruit dans la roche, comme un craquement, comme une fissure. Instinctivement, je relevais la tète pour voir apparaitre encore plus d’eau que précédemment à travers la roche, juste à l’endroit d’où quelques gouttes s’échapper quelques instants auparavant. Il semblait que la roche était prête à céder sous le poids d’un amas d’eau s’y infiltrant… Je sentis alors ma gorge devenir sèche, ma claustrophobie devant reprendre le dessus sur moi, ma respiration laissant transparaitre ma nervosité…
I'M NOT ALRIGHT ♣ I'm not alright, I'm broken inside. And all I go through, it leads me to You. Burn away the pride. Bring me to my weakness 'til everything I hide behind is gone. And when I'm open wide with nothing left to cling to, Only You are there to lead me on. 'Cause honestly, I'm not that strong.
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Lun 30 Aoû - 4:12
made by ??? at tumblr i never thought i'd feel this guilty and i'm broken down inside living with myself nothing but lies
J'ai peut-être un tas de défauts, mais je suis réaliste. Ce qui est arrivé entre Morgan et moi, ça a été vrai, ça a été bon, et encore, le mot qui conviendrait serait plus merveilleux que bon. Je n'aurais jamais cru que de me retrouver en Amérique chamboulerait ma vie de cette manière à un point tel que je ne sois plus jamais la même. Je me rappelle que, gosses, on se moquait de l'accent des touristes américains qui débarquaient durant la saison estivale et que nos parents nous racontaient à quel point ce pays était violent et dangereux. J'y croyais parce qu'un enfant croit toujours ce que dit ses parents, jusqu'à ce que c'était pour nous garder en Australie par pur et simple égoïsme. Dans tous les cas, le contexte m'ayant entraîné là-bas avait rapport à mon travail. J'ai réussi à atteindre mon but dans la vie, c'était la seule et unique chose que je demandais au Destin, de pouvoir faire partie de l'équipe de criminalistique en tant que membre à part entière de la police scientifique de Sidney. J'ai d'abord du me coltiner un an de patrouille, mais j'y suis arrivée, parce que y'a que ça qui compte depuis que j'ai quatorze ans. Je n'ai jamais voulu quoi que ce soit d'autres, je préférais étudier dans mes bouquins et manquer les fêtes les plus arrosées de la fac pour être première de ma promotion. J'ai pas eu des relations à la chaîne, pour la simple et bonne raison que d'entretenir des liens sociaux, ça gruge de l'énergie, de l'énergie que je pouvais mettre ailleurs, vu que je ne fréquentais personne. Je faisais la gueule à ma colocataire chaque fois qu'elle ramenait un type dans la chambre et que je pouvais absolument rien faire d'autres que de la maudire intérieurement en enfonçant mon oreiller sur ma tête. La fac, c'est loin. C'est tellement loin dans mon esprit, c'est comme dans une autre vie. Mais l'Amérique... ils avaient besoin d'aide sur une affaire, et nos supérieurs entretenant de bonnes relations, j'ai été dépêché pour donner un coup de main à la brigade américaine. On a collé un procès aux fesses du coupable que toutes les preuves matérielles désignaient. J'étais assise dans la salle durant son plaidoyer et je crevais d'envie de savoir pourquoi il ne coulait pas, c'était si, c'était tellement évident qu'il était coupable. Je ruminais ma colère jusqu'à ce que je pose les yeux sur son avocat, après l'avoir écouté débattre de son talent d'orateur né en s'adressant à un jury conquis par le charisme et le plaidoyer convaincant de celui-ci. Ne pas être experte judiciaire, j'y aurais cru. Je ne l'ai revu qu'une fois au commisariat où j'avais croisé son regard. Je n'aurais jamais du, parce qu'en m'y accrochant une seule et unique fois, je ne l'ai jamais lâché des yeux. Je ne lui aurais jamais permis de partir loin de moi si ce ne serait que je lui avais fait mal...
Je m'étais promis de ne pas le faire, même si je savais qu'il arriverait quelque chose dès le moment où son regard perçant m'a traversé l'âme, happée comme si on venait de me happer avec une camionnette. Je ne me rappelle même pas si j'avais souris ou quoi que ce soit, c'était une réaction en chaîne qui avait rendu ma bouche sèche, causé une arythmie momentanée en beau milieu de ma poitrine et rendu mes mains moites. Puis je m'étais dis sur le coup que ce n'était pas pour moi, que c'était futile et ridicule, que j'étais à des centaines, des milliers de kilomètres de mon chez moi que je ne quitterais pour rien au monde. Puis il m'avait invité. Je n'ai pas su dire non, sachant d'emblée que le quitter serait dur, rien qu'à sa façon particulière de poser les yeux sur moi et me faire sentir spéciale, unique. Je n'ai jamais été le centre de l'attention, je n'ai jamais cherché à l'être, mais comme il a rapidement pris de l'importance et frayer un chemin, accès rapide, pour me devenir aussi indispensable que de respirer, je voulais être le centre de son univers. Je voulais être pour lui ce qu'il était pour moi. Un regard a suffit pour que ma vie soit bouleversée à jamais, jusqu'à ce que je le blesse si cruellement qu'il ne s'en remette pas. Je savais pourtant, je savais qu'il y avait de minces chances, mais des chances quand même. Je croyais que c'était le boulot qui me faisait rayonner et me donnait l'impression de flotter sur un nuage. J'ai su après que c'était ce petit être innocent qui grandissait chaque jour dans mon ventre et la présence de Morgan qui s'émerveillait de chaque petit détail, comme un enfant, à la manière que j'avais l'impression de lui offrir un Noël à tous les jours. Tout ça pour finir par lui donner la nausée et anéantir son rêve d'avoir une famille bien à lui, une famille heureuse et unie, une famille nombreuse, aussi. Avec quelqu'un d'autre, j'aurais sans doute vaciller et pris mes jambes à mon cou, mais non. J'ai jamais voulu fuir, au contraire, je ne l'aimais que plus. Si c'était humainement possible d'aimer plus que l'amour que je portais à Morgan Bratford, évidemment. Y'a un rire sarcastique qui me chatouille la gorge. Je peux pas croire que je me plaigne sur mon sort alors que j'ai volé le droit à la vie à mon enfant. Le mien. Le nôtre. Un petit garçon qui aurait du balbutier, pleurer, sourire, rire et marcher. Un petit garçon qui aurait fait ses premiers pas, dit ses premiers mots, conquis le regard des vieilles dames au supermarché en arborant la bouche en coeur comme arme secrète. Un petit garçon qui aurait eu le charisme et le coeur de son père, et qui aurait tenu quelque chose de moi. En tout cas, je l'espère. C'est beau, rêver. C'est beau, regretter, mais ça ne change rien à rien. Alec Bratford aurait pu naître, mais il n'est qu'un souvenir douloureux comme une lame chauffée à blanc qu'on enfonce dans mon crâne en prenant soin de l'agiter pour faire plus de dégats.
J'ai l'impression d'être dans un rêve et que rien de ce qui se passe là, maintenant, n'est réel. Morgan ne peut tout simplement pas être là, même si chaque fibre qui compose mon être me hurle que c'est le cas vu la manière dont je me sens à l'intérieur, vide et seule. Il me semble qu'échanger des mots avec lui me ramène brusquement deux ans en arrière et ça me serre comme un étau dans la poitrine. Je ne réalise pas que le temps passe si vite et si lentement en même temps. Je ne réalise pas que le Destin a le don de faire des coups vaches comme de nous enfermer dans la même grotte, sur une ile perdue, alors qu'il y a des milliers d'endroits où l'on pourrait être, hormis ici, en ce moment. Je pourrais être en train de jouer avec Effy sur la plage ou de l'écouter parler, parce que depuis qu'elle a agrandi son vocabulaire, elle ne fait que ça et je passerais chaque minute de ma vie à l'écouter. Elle est un baume sur mon coeur rongé par la culpabilité etl a solitude. La nuit tomberait, la petite s'endormirait dans mes bras, et je resterais là à écouter les vagues qui se fracassent sur la plage. Puis des bras m'encercleraient et Jayson s'installerait derrière moi, me - nous - serrant contre lui. Je secoue la tête. Penser à Jayson me prend conscience de ce que je lui refuse parce que j'ai trop peur de ce qui pourrait arriver. Trop peur d'avoir mal de nouveau. Trop peur de décevoir de nouveau. Trop peur de ne pas être à la hauteur à nouveau. De plus, me retrouver devant Morgan me ramène à une réalité qui veut que je n'en aille pas fini avec lui. Que notre histoire n'est pas définitivement close, jusqu'au moment où il me dira clairement que c'est le cas. Je pleurerai sans doute des jours durant, mais je serai libre d'aimer Jayson comme il le mérite, à ce moment-là.
« Cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus de ‘toi et moi’ je te rappelle… ». Ouch, ça me remue l'intérieur. Ça me ronge de l'intérieur, chaque mot, chaque syllabe est comme si je suçotais une lame de rasoir. Son rire qui n'a rien à voir avec ceux qui, aux éclats, me faisait rire à mon tour. Non, maintenant, j'ai envie de me jeter d'en haut d'une falaise. J'ai vraiment, tellement envie de crever. Je soupire en détournant la tête, pour finalement recroiser son regard au pire moment. Lorsqu'il lâche sa bombe, qu'il insiste sur chaque mot pour me faire sentir... je ne sais pas trop. Je n'aurais jamais cru que son talent pour utiliser les mots se retourneraient contre moi, un jour. Avoir su, j'aurais du tomber amoureuse d'un muet, comme ça, je n'aurais pas à endurer ce putain de calvaire. Y'a un sourire douloureux que je tente d'afficher fièrement sur ma gueule « Deux ans, un mois et treize jours, je sais, je le sais, rassure-toi ». Je mords ma lèvre inférieure, parce que j'aurais voulu retenir ça. Vraiment. Il ne peut pas ignorer que j'me sens mal, mais j'veux pas le culpabiliser, j'veux pas que lui, il souffre plus. Je prends sur moi, je vis chaque jour, je suis aussi heureuse que je peux l'être malgré le sentiment d'horreur qui me prend quand j'suis confronté à son souvenir, alors je n'en attends pas moins de lui. Peut-être même était-il en train d'oublier, de passer à autre chose, peut-être même il a sa famille, maintenant. Mon coeur se serre, pourrait-il? Aurait-il pu passer à autre chose si vite, alors que je me raccroche encore à son souvenir à lui? Quand le regard de Morgan se lève vers le plafond rocheux, je remarque à mon tour l'eau qui s'infiltre de plus en plus ainsi que les craquements sonores et inquiétants. Quand je repose les yeux sur lui, il est totalement différent. Le regard perdu, l'air hagard, sa poitrine se soulève rapidement, ses poings se crispent. Je sais. Je sais ce qui se passe. Je sais qu'il est pris de panique et qu'il est figé. Un coup de tonnerre fait vibrer l'endroit, et je n'attends pas une seconde de plus. J'attrape Lapinou et me lève, m'approche de Morgan et m'accroupit devant lui, le forçant à me regarder « Il faut impérativement qu'on sorte d'ici, Morgan. Tu as besoin de moi et j'ai BESOIN de toi, il faut que tu m'aides ». Ça bourdonne dans mes oreilles, j'attrape sa main et réussit à l'entraîner à ma suite. Je cours trop vite. C'est trop glissant. Une fois dehors, je perds pied et glisse jusqu'au bord d'une pente à pic. Un cri sort de ma bouche et je me retiens sur le bord. Un seul cri. C'est tout ce que je suis en mesure de faire, là, maintenant. Y'a Lapinou qui tombe en bas, lui. En molleton, il n'a pas été blessé dans sa chute. Je pense à Effy, je pense à Jayson, je pense à tout ce que je n'ai pas dit à Morgan. Morgan qui se trouve tout près, mais pétrifié. Il tonne, il pleut des cordes, des éclairs se dessinent dans le ciel. J'ai envie de lui dire de se trouve un abri, d'aller se mettre en sécurité, parce qu'il mérite de vivre. Il mérite d'être heureux. Il mériterait d'être ailleurs, et moi je me retrouve physiquement là où mon esprit se retrouve perpétuellement depuis deux ans: au bord du précipice...
BORN TO RUN ◢ SECRETS : j'aime toujours mon ex femme. ◢ DISPONIBILITÉ RP: ✔
Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Mar 31 Aoû - 2:42
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« I was wrong to let you walk right out of my life I was gone to think that I could survive Was a fool to think the grass was Greener on the other side. Now it hurts to know that he means that I'll never love again »
Parfois, je me réveille au beau milieu de la nuit, réveillé par le propre son de ma voix, par mon cri raisonnant dans les profondeurs de la nuit. Par le son de ma voix qui crie son nom. Par ma voix qui l’appelle. Et, l’espace d’un instant, quand j’ouvre les yeux dans le lit de mon appartement et que je sens une présence à mes cotés, je me surprends à espérer que ce soit elle qui est là, étendue tout prêt de moi, je me surprends à espérer qu’enfin je me réveille de ce si long cauchemar qui n’a que trop durer. Mais, le temps de me retourner pour apercevoir les cheveux blonds de ma petite amie, je me souviens déjà que non, il ne s’agissait pas d’un cauchemar… Je me souviens que Sora ne reviendra pas, qu’elle et moi, nous sommes divorcés, qu’elle est morte et que jamais elle ne me pardonnerait. Alors, je reste là, étendu dans mon lit, les yeux grands ouverts, observant le plafond au dessus de moi, et ce pendant des heures. Parfois, je laisse même échapper quelques larmes. Dans les ténèbres de la nuit. Et, le lendemain au réveil, la vie reprend son court…
Ce matin n’avait pas échappé à la règle, des que j’avais ouvert les yeux, l’espace d’une demi seconde, j’avais prié pour que tout cela n’ait été qu’un horrible cauchemar. Mais, une fois encore, j’avais été rattrapé par la réalité et, j’avais continué à survivre. Jusqu’à ce que j’entre dans cette grotte. Jusqu’à ce que je croise son regard. Jusqu’à ce que je comprenne qu’il ne s’agissait pas d’un mirage, qu’elle était bel et bien là, en chair et en os, juste devant moi, juste à quelques pas de moi… Enfin, je me réveillais et, enfin je pouvais me dire que le cauchemar était fini. Mais, ce n’était pas le cas. Tout ce que nous avions vécu avait été réel. Cette douleur était bien là, encrée en nous. Alec n’était pas né et, il ne viendrait jamais au monde. J’avais bien quitté la maison ce matin là, laissant les papiers du divorce sur la table de la cuisine. Comme un rappel de ce qui avait été notre premier baiser. Comme pour boucler la boucle et tourner la page. Ce que je n’avais jamais fait. J’étais bien monté dans cet avion ce matin là. J’avais bien fait tout ce que j’avais fait, ressentis tout ce que j’avais ressentit et, je le ressentais toujours. Cela ne disparaitrait jamais. Cela continuerait d’être une plaie béante en moi. La seule chose qui pourrait alors me rendre le sourire, c’était que j’avais cette seconde chance que j’avais toujours voulu avoir, cette chance de dire pardon mais, les mots ne sortaient pas. Moi qui savais pourtant manier les mots mieux que personne, moi qui avait écrit et narrer des centaines de plaidoiries au cours de ma carrière. Pour défendre les pires criminels. Puis, pour les mettre derrière les barreaux quand j’avais tourné ma veste. Pour eux, trouver les mots avait toujours été si facile. Mais, quand il s’agissait de moi, je n’y arrivais jamais, je ne trouvais jamais les mots. Ou bien, je ne parvenais pas à les extérioriser, les laissant là, enfermés en moi, par peur de leur impact, par peur des conséquences que les prononcer auraient… C’est dingue comme il est facile de faire quelque chose pour autrui, même pour des gens que l’on ne connait pas, mais qu’il est en revanche bien difficile de faire ces mêmes choses pour soit même… J’avais prévu de me rendre sur la tombe de Sora quand Poppy m’avait convaincu de partir faire ce petit séjour en amoureux en Australie, pays où elle rêvait d’aller. J’y pensais d’ailleurs quand l’avion à commencer à trembler. Me rendre sur cette tombe que l’on avait érigée pour elle bien que l’on n’ait jamais réussit à retrouver, ni son corps, ni la carcasse de l’avion… J’avais imaginé des centaines de discours à prononcer, à dire à cette pierre. J’avais imaginé toute sorte de tournure de phrase pour lui demander pardon. Mais, parler à un morceau de caillou me semblait bien plus facile que de prononcer ces mêmes mots que j’avais mainte fois répétés dans ma tète devant une Sora en vie, se tenant juste là, tout près de moi, à portée de ma main… Les mots refusaient de sortir. Je ne parvenais pas à les formuler. Pire que ca, je les avais totalement oubliés, ne me rappelant pas de ce que j’avais prévu de dire, me rappelant simplement de cette sensation, la culpabilité. C’était ce sentiment là que je voulais expier mais, je n’y parvenais pas… Je n’y arriverais pas, jamais. J’en étais à présent persuadé.
Pourquoi aimer pouvait il faire tant de bien, et si mal à la fois ? Comment pouvait-on vouloir en même temps tant de choses d’une seule et même personne ? Je voulais lui demander pardon, ramper à ses pieds pour qu’elle me pardonne de l’avoir si lâchement abandonnée et pourtant, les mots qui sortaient de ma bouche n’avaient rien de tendre. Et, le ton même de ma voix avait ce quelque chose qui n’avait rien à voir avec la façon dont j’avais pu lui parler par le passé. Il n’y avait plus cet amour, ce respect… Ma voix était froide, détaché, dépourvu d’émotion alors que je lui rappelais qu’il n’y avait plus de nous alors qu’elle venait de tendre un pont vers moi, un pont pour me permettre de revenir vers elle, un pont qu’en quelques mots je venais de faire voler en éclats comme si tout cela ne signifiait rien pour moi, comme si elle ne représentait plus rien pour moi… J’avais tout fait voler en éclats, sentant dans l’atmosphère nous entourant que j’avais réussis à la blesser, que mes mots avaient atteint son cœur, atteint leur but, la blessant comme j’étais blessé. « Deux ans, un mois et treize jours, je sais, je le sais, rassure-toi » Instinctivement, je tourne la tète vers elle et la dévisage. Il me sembla alors la voir pour la première fois depuis que j’étais entré dans cette grotte. Et, silencieusement, je contemplais le moindre centimètre de son visage… Ma bouche s’entrouvrit alors mais, ne laissa filtrer aucun son alors, je la refermais aussitôt, ne sachant pas vraiment quoi penser. Elle avait compté chaque jour depuis notre séparation. Je fronçais les sourcils, réalisant soudain que mon départ l’avait peut être blessée plus que je ne l’aurais pensé. Mes yeux se plongèrent alors dans les siens et, pour la première fois depuis que j’étais assis sur ce sol humide, je lisais dans son regard une infinie tristesse. Semblable à la mienne. Je réalisais alors qu’en partant, j’avais détruit plus que je n’aurais voulu. Ce matin là, en choisissant de partir, je pensais qu’il n’y avait plus rien pour moi là bas, auprès d’elle, je pensais que plus rien n’était possible entre nous. Mais en ce moment précis, mes yeux se noyant dans les siens, je comprenais ce que je n’avais pas réussis à voir ce jour là. Des enfants, on aurait pu en avoir d’autre. Il m’aurait suffit de rester. Il m’aurait suffit de saisir cette main qu’elle m’avait tendue. Il m’aurait suffit de reconstruire, avec elle à mes cotés, notre couple… Mes yeux s’embuèrent alors de larmes et, mes lèvres se mirent à trembler. Les mots se formaient, dans ma tète, sur mes lèvres mais, les sons ne sortaient pas. Pardon… Je voulais juste lui demander pardon. Pour mon égoïsme, pour ma lâcheté, pour le mal que je lui avais fait. Parce que j’avais noyé mon chagrin dans l’alcool tandis qu’elle avait compté les jours. Parce que j’étais partit en pensant que plus rien n’était possible entre nous et que je réalisais soudainement que je m’étais trompé… Mon cœur me faisait souffrir le martyr, brulait dans ma poitrine, un feu intérieur consumant peu à peu chacun de mes organes, brulant ma gorge au point que plus aucun son n’acceptait d’en sortir…
Puis, tout était allé très vite. Trop vite. Ce bruit de chute de frottement, ces pierres qui glissent les unes contre les autres, bougeant au sein d’un ensemble qui menaçait de céder à tout moment. L’eau qui s’échappe d’une fissure de plus en plus large. Bien trop large. Mon cœur qui se serre et menace d’éclater. Mon corps tout entier qui semble vouloir me lâcher. Tout mon être qui refuse de m’obéir. Mon esprit lui même qui ne semble plus savoir quelle information donner. Rester ou fuir. La grotte ou l’orage. Question difficile. J’appuis ma tète contre la roche derrière moi. Je sais que cela ne sert strictement à rien. Et pourtant, j’espère que cela calmera mes nerfs, que cela m’apaisera et remettra mes idées en place. Saleté d’orage, connerie de grotte… Je déglutis avec difficulté, oubliant le reste, oubliant la réalité, ma phobie prenant le pas sur le reste. La roche tremblait… La roche cédait sous le poids des années, sous le poids de l’eau qui s’accumulait en son sein. J’allais mourir là, enseveli par des tonnes de terre, d’eau et de roche… Sans avoir eu le courage de dire à Sora combien je regrettais le mal que je lui avais fait, combien je regrettais d’être partit, combien je l’aimais… Alors que j’étais à à peine quelques pas d’elle. J’allais mourir avec ces aveux sur la conscience. J’allais crever comme le lâche que j’avais toujours été… Un nouveau coup de tonnerre retentit. Juste là. Juste au dessus de nous. J’avalais une grande bouchée d’air, étouffant de l’intérieur… Quelques pierres tombèrent, la fissure s’agrandissait de seconde en seconde. Puis soudain, le visage de Sora m’apparait, me ramenant à la réalité. Sa main se posa sur la mienne et soudain, j'oubliais tout. « Il faut impérativement qu'on sorte d'ici, Morgan. Tu as besoin de moi et j'ai BESOIN de toi, il faut que tu m'aides ». J’oubliais ce qui nous avait séparé, la laissant m’entrainer à l’extérieur, me levant pour la suivre , tandis que des pierres tombaient dans un bruit similaire à celui du tonnerre alors que nous courrions vers la lumière du jour, vers l’ouverture dans la falaise, vers la sortie de la grotte, vers l’orage qui grondait toujours au dessus de l’ile, toujours aussi violent… Je courrais derrière Sora, tenant sa main dans la mienne alors que plus rien n’existait. Alors qu’elle était de nouveau la petite amie qui me prenait dans ses bras les soirs d’orage pour ne pas que je pense à ce qui me terrifiait tant. Alors qu’elle redevenait la femme que j’avais tant aimée. Cette femme au fort caractère, cette femme bien plus forte que moi…
Mais, alors que la lumière du jour nous encercle, je sens la main de mon ex femme m’échapper, je la voix perdre l’équilibre et glisser. J’entends quelques pierres continuer de tomber dans la grotte, un éboulis sous lequel je me serais retrouvé si Sora ne s’était pas trouvée là. Si elle ne m’avait pas sauvé la vie. Je sens ses doigts se séparer des miens alors que je réalise à peine que ma main avait tenue la sienne pour la première fois depuis des années et des mois durant, chose dont je n’avais jamais osé rêver. Ses doigts avaient enfin étaient de nouveau scellés au miens mais déjà, ils se séparaient. Dans les pires conditions qui soient. Glissant sur la pierre humide, la jeune femme trébucha depuis le bord du précipice se trouvant sur le coté de la grotte, lâchant la petite chose qu’elle tenait entre ses mains pour s’agripper à la pierre. Je ne pus alors que laisser échapper un cri qui déchira la forêt en même temps que le tonnerre retentissait autour de nous, alors qu’un éclair venait de s’abattre à quelques pas de nous. La pluie n’avait pas cessé. Il me semblait même qu’elle avait redoublé d’intensité tandis que, sans réfléchir je me jetais sur le sol, m’allongeant sur la pierre humide, tendant la main vers Sora pour la retenir, pour qu’elle s’agrippe à moi. Les éclairs n’ont qu’à s’abattre sur moi, je n’y pense même plus, j’oublie jusqu’à leur existence, comme j’ignore les mèches de mes cheveux qui se collent à mon front, qui se posent devant mes yeux, comme j’ignore la pluie qui brouille ma vue… Je m’approche du précipice, j’enserre le bras de Sora dans ma main, je la tiens fermement. Je tiens son bras avec tellement de force que je devine qu’elle aura un bleu des le lendemain… Encore fallait il qu’elle vive assez longtemps pour voir un lendemain arriver. Mais, je comptais bien tout faire que cela soit possible. Son regard croisa le miens alors qu’elle s’agripper à mon bras, un regard paniqué. « Je ne te lâcherais pas. Je ne te laisserais plus, pas maintenant que je t’ai retrouvée… Parce que je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps à t’imaginer morte si c’est pour te voir mourir devant mes yeux aujourd’hui que je t’ai enfin retrouvé alors, accroches toi… »
Alors que je lui faisais cette promesse, tandis que je prononçais ces mots, je cherchais une prise pour me retenir quand je la hisserais. Et bientôt, ma main libre se posa sur une racine, sur la racine d’un arbre que j’espérais assez fort pour retenir nos deux corps. J’enserrais alors ladite racine de ma main, la serrant fermement entre mes doigts, espérant qu’elle ne rompe pas sous le poids puis, mes yeux toujours encrés dans ceux de Sora, j’entrepris de la hisser vers le haut, de la tirer vers moi, raffermissant sans cesse mon emprise sur son bras, serrant toujours d’avantage, par peur qu’elle ne m’échappe. Bientôt, sa tète dépassa et, je pus lâcher la racine pour l’attraper par son haut et l’aider à se hisser jusqu’à moi. Elle fut alors bientôt allongée près de moi, nos vêtements s’imbibant de l’eau boueuse qui jonchait ce sol glissant, nos cheveux se salissant de cette même boue alors que je me laissais rouler sur le sol, soudainement soulagé. Me sentant soudain bien mieux… C’est alors que je réalisais que le ciel s’était éclaircit et que l’on entendait de nouveau des cris d’oiseaux plutôt que le tonnerre au dessus de nous. Un léger sourire se dessina alors sur mes lèvres. La pluie continuait de tomber, bien moins forte mais, elle m’était agréable, nettoyant mon visage, coulant sur ma peau, apaisant mon ame et ma conscience...
I'M NOT ALRIGHT ♣ I'm not alright, I'm broken inside. And all I go through, it leads me to You. Burn away the pride. Bring me to my weakness 'til everything I hide behind is gone. And when I'm open wide with nothing left to cling to, Only You are there to lead me on. 'Cause honestly, I'm not that strong.
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Mar 31 Aoû - 3:55
made by ??? since you've gone away living in a world so cold counting the days since you've gone away you've gone away from me
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours adoré l'eau. Je préférais même les temps pluvieux aux moments ensoleillés, je crois, sauf durant les deux semaines de l'année où j'allais faire du surf de l'autre côté de l'ile chez ma tante, ma marraine qui travaillait comme psychiatre dans un hôpital du coin. J'étais la seule à vouloir y aller, et je respirais un vent de liberté que je ne connaissais pas avec ma ribambelle de frères et soeurs. Elle était devenue veuve à l'âge de trente et un ans, et ne s'était jamais remise de la disparition de son amour perdu. Je me rappelle encore la passion avec laquelle elle le décrivait, sa voix qui tremblait d'émotions, son regard vitreux quand elle posait les yeux sur ce fauteuil dans lequel, me disait-elle, il s'asseyait chaque matin, avalant son café et lisant son journal, alors qu'elle déjeunait face à lui, le regardait, éprise de cet homme terrassé par une crise cardiaque un jour, au travail, alors qu'ils planifiaient enfin de fonder une famille. Du coup, je suis devenue ce qui ressemblait le plus à l'enfant qu'elle aurait eu de l'homme de sa vie, et je suis persuadée qu'elle ne vivait que pour ces deux semaines de l'année où elle m'entraînait partout avec elle, me montrait fièrement aux gens qu'elle connaissait, au boulot comme en ville, et me laissait faire tout ce qui me chantait. Je passais la journée dans l'eau salée, à grimper sur une planche sur laquelle je ne tenais jamais, mais sur laquelle je m'entêtais à remonter, têtue comme une mule, déterminée à maîtriser la planche en soyant certaine qu'elle n'aurait pas raison de moi. Ça m'a pris cinq ans. Cinq ans d'encouragements, d'aide, de soutien, d'applaudissements et de réconfort. Dix semaines déterminantes dans ma vie, parce qu'elles ont fait qui je suis. C'est grâce à elle si j'oeuvre dans la police tout en ayant eu accès à des études supérieures pour atteindre le poste convoité de membre de l'équipe de jour de la police scientifique de Sydney. C'est elle qui m'a accompagné à la remise de mes diplômes, parce que mon plus jeune frère était à l'hôpital, se battant contre une maladie qui le terrassait malheureusement et qui risquait d'avoir raison de sa détermination et de sa force de caractère, malgré notre soutien, malgré tout ce que l'on pouvait faire pour lui. Je serrais la main du recteur de ma fac, un sourire étincelant aux lèvres, car j'avais terminée première de ma promotion, quand mon frère de 15 ans s'est éteint. Enlevé par un mal qui le rongeait depuis toujours de l'intérieur. Je me souviens encore de ma colère quand j'étais rentrée à la maison. Ma colère contre mon frère qui volait la vedette le jour même où je réalisais mon rêve, mon objectif. Je m'en voudrai toute ma vie d'être montée sans un mot pour ma famille, les miens, aux prises avec une jalousie insensée et surtout, déplacée. Je ne me sentais complète qu'aux yeux de ma tante qui ne voyait que moi. Je me suis sentie revivre le jour où j'ai retrouvé cette sensation dans les yeux de Morgan Bratford. Cette merveilleuse, cette divine impression, que l'on est unique et incroyable, tout simplement. Je n'avais rien à lui prouver, à lui, aucune attention à rechercher, parce qu'il se faisait un plaisir de me donner l'impression d'être la seule chose au monde qui comptait pour lui. Je n'ai jamais parlé de Blake à personne. Je n'ai jamais parlé de ma tante Nolween à qui que ce soit. Jamais. Ce serait avoué mes faiblesses, ce serait confirmé le fait que je suis encore plus ignoble, et je ne pouvais pas m'imaginer vivre sans les prunelles de Morgan qui me caressaient doucement comme si j'étais la septième merveille du monde. Je crois que ça explique partiellement pourquoi j'ai sombré encore plus vite à la mort d'Alec, parce qu'instictivement, mon ex-mari a trouvé la solution pour me faire perdre le dernier rempart qui me soutenait et me donnait l'impression de ne pas être complètement, inexorablement condamnée à pleurer toutes les larmes de mon corps en me recroquevillant pour tenter d'étouffer la douleur dans une boule de chair à vif, mon corps, mon âme. J'ai perdu l'importance à ses yeux qui me donnaient la force d'avancer. Je suis devenu la cause de ses malheurs, celle qui lui avait tout volé par pur égoïsme. On croyait à tord que j'étais quelqu'un de bien qui répendait la justice et le bonheur autour d'elle, à partir de ce moment-là, je ne me sentais plus que l'égoïste moins-que-rien qui avait réussi à tuer l'ultime cadeau, la plus précieuse des preuves de l'amour que je portais à l'homme de ma vie, qui me rendait heureuse, qui me faisait sentir vivante comme jamais je ne m'étais senti. J'étais l'idiote qui avait tué son fils. Et le pire dans tout ça, c'est que mon opinion n'a pas changé. Je suis tout ça, je suis même pire.
Je me sens patraque la plupart du temps. J'ai réalisé que, comme ma tante, j'ai vendu mon âme en croyant que ce qu'il me fallait, dans ma vie, c'était une réussite sociale qui se soldait par le travail pour lequel je travaillais corps et âme depuis que j'avais l'âge de raison. Chaque sacrifice, chaque minute, chaque seconde, chaque soupir, j'ai cru longtemps qu'il en valait le coup. Qu'à sueur et à sang, je pourrais enfin me sentir complète en atteignant les sphères de la hiérarchie en plus d'être l'une des rares expertes en la matière à avoir des demandes de consultations dans plusieurs pays, y compris les États-Unis. C'est trop tard que j'ai réalisé que j'avais tord. C'est trop tard que j'ai brusquement pris conscience que c'était un truc qui m'était tombé dessus par hasard qui aurait du primer sur tout le reste, et pas ce pourquoi je croyais être née. C'est un regard qui aurait du éveiller les soupçons. Un regard américain qui s'est plongé dans le mien et qui, quelques mois plus tard, ne le quittait plus que lorsqu'il lui était impossible de faire autrement. Morgan Bratford. J'ai épousé un brillant procureur de la Couronne qui avait laissé sa vie derrière lui pour venir me rejoindre ici, à Sydney, au coeur de l'Australie, par amour. Amour qui avait laissé une trace indélébile dans mon coeur, au creux de mon âme, et qui grandissait sans rien demander à personne dans mon ventre, jusqu'à ce que je découvre le pot-au-rose et que je fasse de Morgan le plus heureux des hommes... le temps de quelques mois. Le temps que notre "nous" s'effondre comme un château de cartes. Que le peu d'estime de moi et de stabilité mentale qui me restait m'abandonne à leur tour. Je n'ai eu qu'une constante dans ma vie, avant, pendant et après la tragédie. Jayson. Rien que l'évocation par la pensée de son prénom force un frisson à me traverser l'échine alors que je mords l'intérieur de ma joue. Jayson O'Toole qui prenait soin de moi à chaque seconde, veillant à ce qu'il ne m'arrive rien au détriment de tout ce qui concerne son bonheur, parce que je sais. Il sait que je sais, je sais aussi qu'il m'en veut de ne pas avoir la force de lui avouer que... que... oui. S'il n'y avait pas l'ombre de Morgan qui planait sur cette stabilité qui m'a sauvé, je l'aimerais. Je serais éperdument et irrévocablement amoureuse de lui. Pour chacun de ses petits gestes, de ses attentions, de ses bottages de cul à mon intention, à sa manière de regarder bébé, de lui sourire et de la serrer contre lui. Je n'ai jamais plus de difficulté à me tenir que lorsque je les regarde, lui et elle, alors qu'elle court devant et qu'il l'attrape pour l'assoir dans son cou, tenant les minuscules mains d'Effy dans les siennes, rugueuses, puissantes, mais douces à la fois. Si le départ de Morgan n'aurait pas consumer mon coeur à n'en laisser que des cendres, je serais libre de l'aimer lui, sans condition aucune. C'est plus compliqué. La vie est toujours compliquée, et quand je m'endors le soir, jouant parfois avec la paume de Jayson qui passe chaque soir son bras autour de moi et Effy, je me mets à penser à Morgan et je me fais horreur. Horreur d'être tenaillée, tenue en haleine par un passé qui me tue chaque jour et un présent qui se déroule comme un rêve éveillé...
Dès que ça m'échappe, je sais. Je le sens jusque dans mes tripes. Les mots ont dépassés mes pensées, et ma retenue légendaire n'a pas eu le temps de retenir ces propos élocatifs qui en laissent percevoir sur cette douleur lascinante que je me coltine depuis deux ans, plus de deux ans, en fait, ce n'est pas comme si je pouvais oublier l'aube où je me suis éveillée pour découvrir l'appartement vide, courant partout, m'effondrant en trouvant sa missive. Ses raisons. Ses adieux. Trop brefs, trop vides, trop... il était plus là. Vraiment, vraiment plus là. Il était parti. Parti loin de moi. Loin de ce que l'on avait été. Loin de cet amour qui me tient à la gorge et que je ressens dans chaque fibre de mon âme pour le seul homme qui aura réussi à me faire vibrer de la sorte. Il était mien dès l'instant où j'ai posé les yeux sur lui. J'ai été sienne dès l'instant où il a bien voulu de moi. Ça aurait du être ainsi. Ça aurait toujours du être ainsi... mais non. Non, parce qu'aujourd'hui, deux ans et des poussières plus tard, je croisais son regard pour la première fois depuis tellement longtemps que j'avais oublié à quel point son regard était beau, qu'il soit triste, heureux, ou furieux. Ses prunelles n'ont pas leurs pareilles, et puis je me suis tellement perdue souvent et longtemps dans celles-ci, couleur océan et ciel à la fois, que ça fait sauter un, voire même plusieurs, battements à mon coeur d'y rester figé, là, maintenant, parce que Morgan me fixe, ayant légèrement détourné la tête à mes propos. Les yeux sont le miroir de l'âme. Je n'ai pas cherché à me dérober, aujourd'hui. Je suis lasse de fuir. Je suis lasse de la douleur. Je suis lasse de m'enfermer dans mes pensées avec ma culpabilité qui me tiraille sans cesse. J'attends des mots, les siens, il sait si bien parler, Morgan, mais rien. Pas un son. Il referme la bouche, son regard me donne l'impression d'être nue, comme s'il pouvait voir à travers moi. C'est troublant, je suis anesthésié par le choc, le souffle coupé, mais je ne me soustraierais à son regard pour rien au monde, si ce n'est de le mettre en péril, lui, et ce qu'il reste de ce que nous avons été, un jour, il y a de ça trop longtemps. Alors je réagis parce que je le peux. Je réagis parce que je sais que lui, il ne peut rien contre ces démons qui le hantent depuis... depuis si longtemps. Je suis consciente qu'il est en proie à des tourments qu'il m'a expliqué, des phobies qui sont plus fortes que lui et que je n'ai pas eu le temps de l'aider à vaincre, malgré ces soirées à glisser mes doigts dans ses cheveux et à me serrer contre lui sous la couette, se cachant comme des enfants, parce qu'il y avait de violents orages qui déchiraient le ciel. Pourtant, ça n'avait rien à voir avec cet orage tropical. Je n'ai plus le choix, et je retiens l'envie de pleurer quand j'glisse ma main dans la sienne, entrelace ses doigts au mien. Je ressens comme une décharge électrique, et il devient brusquement enclin à m'écouter et me suivre. Je ne réfléchis pas, on a pas le temps, on doit sortir d'ici, et vite, plus vite, plus vite. J'ai le souffle coupé par la pluie battante, et je ne vois pas les pierres lisses sous mes pieds. Un hoquet de surprise. C'est le seul bruit qui sort de ma bouche tandis que je m'accroche comme je peux aux rebords de pierre...
Je pourrais pleurer, je pourrais crier, je pourrais geindre, mais ça me mènerait à quoi, de toute façon? Je pense à Jayson brièvement, j'ai peur, j'ai mal pour lui, j'ai mal pour ce lien complexe et qui m'était essentiel comme l'air que j'respire qui nous unissait. J'ai honte de lui avoir fait croire que... penser que... mais c'est idiot de penser à ça, maintenant. Je n'ai même pas peur. Je m'accroche au regard de Morgan comme si c'était ma bouffée de réalité. La réalité choquante où mes pieds s'agitent dans le vide et que je menace de rejoindre Lapinou des mètres plus bas. L'eau m'alourdit, mes vêtements trempés me tirent vers le bas, et j'ai marre de lutter pour garder la tête hors de l'eau. Je n'entends que le cri de Morgan, que son corps qu'il étend sur les rochers pour m'attraper solidement par le bras. Pourtant, il n'y a que ses yeux qui comptent. Ses yeux. Mon repère. Mon univers. Mon chez moi. Mon épiderme me brûle sous la main de Morgan, sous la poigne de Morgan qui aurait la force de m'arracher le bras. Je me redresse péniblement, tentant de pousser pour me redresser, mais j'ai l'impression de faire pire que bien. Alors que j'ouvre la bouche, il se retourne pour prendre appui sur des racines. Sa poigne se resserre comme un étau, et je laisse involontairement échappé un gémissement. C'est la peur, la fascination, la résignation et la douleur, tout ça à la fois...
« Je ne te lâcherais pas. Je ne te laisserais plus, pas maintenant que je t’ai retrouvée… Parce que je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps à t’imaginer morte si c’est pour te voir mourir devant mes yeux aujourd’hui que je t’ai enfin retrouvé alors, accroches toi… ». Les mots résonnent en boucle dans ma tête. Je suis étendue, la tête dans l'eau, couverte de boue, de sang dû aux égratignures sur mes bras et mes jambes ainsi que l'entaille au creux de ma main qui témoigne de ma volonté de survivre, de me battre, de m'en sortir. Tout ça grâce à lui. Lui, Jayson et bébé. Éphigénie. Cette maternité de remplacement pour ne pas laisser une orpheline grandir sans l'amour et l'attention qu'elle mérite, et cette petite, je l'aime comme si elle était de moi, comme si c'était mon sang qui coulait dans ses veines et qu'elle était la chair de ma chair. Je sens encore les paumes de Morgan sur mes cotes alors qu'il me remontait, son regard encré dans le mien, puis on s'était laissé tomber côte à côte. Mon coeur battait sous le coup de l'adrénaline, et je me calmais peu à peu grâce à l'orage qui s'estompait et ces perles tropicales qui dégoulinaient du ciel pour venir agacer mon visage, me faisant grimacer. Je tourne la tête lentement vers Morgan, puis sans réfléchir, je pose ma main sur la sienne. Rien d'autres. Rien que pour m'assurer que c'est réel. Que je suis vivante. J'le sens à la chaleur qui s'dégage de ce geste anodin pourtant « Pourquoi tu es ici? Comment est-ce possible? Pourquoi croyais-tu que j'étais morte? ». Les paroles déferlent, je suis encore étourdie par ses propos. Je suis étourdie par lui, ivre de Bratford, mais ce n'est pas nouveau. L'effet qu'il me fait est toujours apparu avec de drôles de symptômes, en fait...
BORN TO RUN ◢ SECRETS : j'aime toujours mon ex femme. ◢ DISPONIBILITÉ RP: ✔
Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Mar 31 Aoû - 22:46
(c) stace.
« Coz I can't live without ya' I'm sorry I mistreated you pretty lady I'm sorry that I hurt you pretty lady And all I need to know is Can you Take Me Back »
Depuis que j’étais entré dans cette grotte, depuis que mes yeux s’étaient posés sur mon ex femme, je n’avais plus rien contrôlé, ni de mes gestes, ni de mes paroles, ni de mes émotions. J’avais du toutes les ressentir. De la joie de la retrouver à l’amour toujours si vivace en moi, en passant par la rancune, la culpabilité et la colère. Sans oublier la peur. La peur de l’orage. La peur de mourir dans un éboulement. Mais, pas une seule seconde je n’avais pensé à Poppy. Ou si peu. Peut être par simple culpabilité du fait de me sentir comme je me sentais deux ans auparavant, peut être à cause de cette sensation que me faisait ressentir la présence de Sora si près de moi, cette impression que ces deux années qui venaient de s’écouler n’avaient pas existé, qu’elles n’avaient été qu’une triste parenthèse… Cette simple idée me rappelait à cette lourde réalité qui me perçait les tympans depuis quelque temps déjà, peut être même depuis le début. Depuis qu’elle s’était assise là, sur cette chaise, devant moi, dans ce bar. Depuis qu’elle avait posée sa main sur la mienne, tel un ange qui tend la main vers un être à la dérive. Poppy m’avait été d’une aide inestimable et inespéré. Mais, jamais je n’étais parvenu à tomber amoureux d’elle. C’est d’ailleurs ce qui m’avait plu chez elle. Si je ne l’aimais pas alors, je ne souffrirais pas. Si je ne l’aimais pas, elle ne pourrait pas me faire de mal, elle ne pourrait pas bousiller mon cœur comme l’avait fait Sora. Pourtant, elle m’avait donné toutes les raisons du monde de l’aimer. Elle était toujours là pour moi, toujours prête à tous les sacrifices pour moi, se plaint sans cesse en quatre pour m’aider, me tendant la main quand j’avais besoin de soutient, elle était une épaule sur laquelle pleurer, une oreille attentive à mes problèmes de conscience… Elle m’avait sortit la tète de l’eau, m’avait aidé à arrêter de boire, aidé à remonter la pente, elle avait absolument tout fait pour me remettre sur les rails alors que, je n’avais jamais rien fait pour lui rendre la pareille, ni même pour lui donner raison de faire tout cela pour moi. Je ne lui montrais que rarement de la reconnaissance, me contenant de la couvrir de cadeaux plutôt que de l’inonder de ma présence et de ma tendresse. Je n’étais rien d’autre qu’un salaud avec elle. Je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte avant d’arriver sur cette ile. Bien trop préoccupé à me mentir à moi même, à me persuader que j’avais des sentiments pour elle, qu’elle pourrait remplacer Sora dans mon cœur… Mais, j’avais tort. Elle n’arrivait pas à la cheville de l’australienne qui avait su ravir mon cœur. Aucune femme ne lui arrivait à la cheville. Aucune femme n’avait son sourire, son regard, ni même la douceur de sa peau. Aucune femme ne savait m’apaiser comme elle. Aucune femme ne me donnait cette sensation d’avoir une famille… Même quand nous n’étions que deux… Mais quel con j’avais été. Je n’avais pas besoin d’un enfant. Je n’avais besoin de rien d’autre que d’elle… Mais pourquoi avais je mis tant de temps à m’en rendre compte ? Pourquoi avais je mis tant d’années à le comprendre, à enfin ouvrir les yeux ? Je n’avais pas besoin d’un fils, pas besoin d’enfant… Tant que j’étais avec elle, j’étais avec ma famille…
Alors là, allongé sur la pierre glissante, au milieu de ces flaques d’eau jaunies par la terre, je refusais de lâcher le bras de celle que j’avais tant aimée et que je continuais d’éperdument aimer. Je serais son bras avec toute la force dont je me sentais capable. Par peur qu’elle ne m’échappe. Par peur de la perdre pour de vrai cette fois. Par peur de ne la voir mourir sous mes yeux. Et, même quand elle laissa échapper un cri de douleur, je ne relâchais pas la pression, préférant laisser un bleu sur sa peau que de la voir tomber au bas de ce précipice. Car je savais pertinemment que si elle avait du tomber, je me serais jeté à sa suite, je n’aurais pas pu vivre en sachant qu’elle était morte par ma faute, qu’elle était morte parce que je n’avais pas su la retenir… Alors la pression de mes doigts sur sa peau s’accentua et enfin, je parvins à la hisser sur la pierre rugueuse. Alors, je me laissais retomber en arrière, me laissant rouler sur le dos, profitant de cette sensation que je ressentais sans savoir la définir. Une sorte de bonheur, une sorte de réconfort. Elle était en vie. J’étais en vie, et prêt d’elle. Elle était en vie et, pour la première fois depuis deux ans, un mois et treize jours, je me sentais vraiment vivant, pour la première fois depuis deux ans, un mois et treize jours, j’avais l’impression de respirer pleinement, de vivre au lieu de survivre, de gouter la fraicheur de la pluie sur ma peau, de tout redécouvrir. J’étais apaisé. Comme délivré. L’une de mes mains se posa sur mon torse et, je pus sentir mon cœur battre, sous mon tee-shirt trempé, un petit cœur qui battait la chamade, qui exprimait pour la première fois depuis tout ce temps un bonheur retrouvé, une sensation oubliée… Un léger sourire se dessina sur mon visage et, je fermais les yeux alors que la pluie caressait mon visage, si douce contre ma peau. Je me sentais alors enivré, une sensation encore plus forte que toutes les sensations que tous ces verres de vodka et de whisky que j’avais bu ne m’avais jamais permis de ressentir.
C’est alors qu’une main douce et fraiche se pose sur la mienne. C’est alors qu’un doux frisson parcourt mon corps tout entier, que la chair de poule se met à naitre sur mon bras… Je n’ose pas ouvrir les yeux, de peur que cette sensation ne s’envole, je n’ose pas ouvrir les yeux de peur que tout cela ne soit qu’un doux rêve. Un énième rêve de Sora qui, au réveil ne serait plus là. Je n’ose pas bouger, de peur qu’elle n’ôte sa main, de peur que son contact n’échappe à ma peau… Je veux rester là, immobile et ressentir encore le contact de sa peau contre la mienne. Pour toujours. Parce que tout cela me semble si beau, si irréel que je ne parviens pas à tout enregistrer dans mon esprit, je ne parviens pas à réaliser que tout ceci, que ce moment, que ce que je vis, que tout cela est bien réel. Que c’est bien la main de Sora qui frôle la mienne. « Pourquoi tu es ici? Comment est-ce possible? Pourquoi croyais-tu que j'étais morte? ». Mes sourcils se froncent légèrement. Et, lentement, je tourne la tète vers elle tout en ouvrant les yeux. Et, mon regard se plonge dans le siens. Je me sens bien. Je me sens enfin à ma place dans ce monde, j’ai enfin l’impression d’être exactement à ma place dans l’univers. Auprès d’elle. Alors mes doigts se referment autour de la main de Sora. Comme pour l’empêcher de m’échapper. Comme pour l’empêcher d’ôter sa main, pour empêcher que ce contact enfin retrouvé ne se rompe.
Des gouttes de pluie glissent sur mon visage, se prennent dans mes cils, embrouillent ma vue mais, je n’y prête pas attention. Je refuse presque de battre des cils pour ne pas rompre ce lien, pour ne pas la perdre de vue, par crainte qu’elle ne soit plus là quand j’ouvrirais les yeux… « Pourquoi je suis ici ? Parce que j’ai eu le malheur de monter dans ce putain d’avion… » Un léger rire amusé s’échappa de mes lèvres quand je réalisais l’absurdité de mes propos par rapport à la situation. Si je n’étais pas monté dans cet avion, si je n’avais pas écouté Poppy, je ne serais pas là en ce moment, je ne ressentirais pas ce bien être intérieur, cette sensation d’infini soulagement… Un franc sourire se dessina sur mon visage alors que je me reprenais. « Enfin, je crois qu’en ce moment, je pense d’avantage que monter dans cet avion est la meilleure chose que j’ai faite depuis ces deux dernières années… » Sans réfléchir, je tendis mon autre main, celle qui était posée sur mon torse, vers son visage et, en dégageait une mèche de cheveux trempée qui barrait sa joue puis, je continuais de répondre à ses questions… « Comment est ce possible que quoi ? Que je sois là ? A des milliers de kilomètres de l’endroit où je suis supposé être ? Que je sois avec toi ? » Une lueur de tristesse passa dans mon regard et, je finis par répondre avec une infinie tendresse… « C’est peut être simplement un tour de passe-passe du destin qui a décidé de nous donner une seconde chance… qui sait ? » Alors que j’avais laissé ces mots échapper à mes lèvres, je détournais le regard, mal à l’aise. Je réalisais soudain, avec douleur, qu’elle m’avait surement remplacé. Elle en avait eu le temps. Après tout, j’étais bien avec une autre femme moi aujourd’hui. Une femme qui m’attendait surement, inquiète pour moi, prête à panser la moindre de mes plaies, prête à me réchauffer elle même. Mais, je préférais ne pas penser à ca, ne pas penser à elle. Je préférais ne même pas imaginer qu’un autre que moi ai pu ravir le cœur de la seule femme que j’ai jamais aimée. Je n’étais pas sur de pouvoir le supporter… Quoi que ce ne soit qu’un juste retour des choses !
Peu importe, je m’efforçais d’espérer que, si elle avait un autre homme dans sa vie à présent, elle aurait la délicatesse de ne pas me l’avouer maintenant. Je commençais à peine à me sentir revivre, je ne suis pas sur que je supporterais qu’elle m’achève aussi brutalement, aussi tôt. Je tomberais de bien trop haut. C’est pourquoi je m’empressais d’enchainer sur la question suivante, non sans un léger rire ironique… « Sora… Ton avion s’est crashé il y a deux ans de cela je te rappelle, une de tes collègues m’a appelé pour me prévenir. » Le ton de ma voix se brisa, mon regard s’empli de mélancolie et, une nouvelle fois, je fermais les yeux, mes lèvres tremblant à ce si douloureux souvenir, à cette pensée presqu’insoutenable. « Mon Dieu, j’ai prié pour que tu n’ais rien, j’ai prié des heures entières pour qu’ils te ramènent à moi, pour pouvoir te demander pardon, pour pouvoir te quémander une nouvelle chance… » Incapable de prononcer le moindre mot en plus, submergé par l’émotion, je portais ma main à mon visage, la posant devant mes yeux…
I'M NOT ALRIGHT ♣ I'm not alright, I'm broken inside. And all I go through, it leads me to You. Burn away the pride. Bring me to my weakness 'til everything I hide behind is gone. And when I'm open wide with nothing left to cling to, Only You are there to lead me on. 'Cause honestly, I'm not that strong.
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Mer 1 Sep - 3:52
made by ??? at tumblr i know i can't take one more step towards you cause all that's waiting is regret don't you know I'm not your ghost anymore you lost the love I loved the most
Je ne conçois toujours pas ce qui m'arrive, ce qui se passe ici, ce qui se passe aujourd'hui, ce que j'ai fait hier. Pas plus tard que la veille, hier au soir, après avoir réussi à persuader ma toute petite, ma précieuse, ma petite princesse qu'est Effy d'aller s'installer dans le petit lit qu'on lui a installé tout près, mais légèrement en retrait, comme pour lui donner le droit à un avant-goût de liberté et d'indépendance. J'étais contre l'idée, au départ, je crois que le fait que je m'accroche à cette petite, que je suis complètement et irrémédiablement folle de cet être qui répend le bonheur et de l'amour autour d'elle, s'explique par un seul mot. Un mot qu'elle a appris à me dire. Maman. Elle m'appelle maman. J'en ai versé des larmes, des torrents même, la première fois. Je crois que ça l'a traumatisé et qu'elle croyait m'avoir insulter, au départ, jusqu'à ce que Jayson parvienne à lui faire comprendre que je pleurais d'être heureuse. Il l'avait installé sur ses genoux, lui expliquant doucement - un truc impressionnant vu le caractère d'O'Toole, à la base - que sa "maman" l'aimait aussi et qu'il n'y avait rien ni personne qui lui importait plus que son bonheur et sa sécurité. La montagne russe qu'a fait mon coeur en le regardant faire, les bras croisés, les yeux encore brillants de larmes. Elle me rendait heureuse. Il me faisait sentir vivante. Effy avait trottiné jusqu'à sa couchette, nous saluant, définitivement accrochée à Lapinou. Je reste comme ça pendant de longues minutes à la regarder, assise en tailleur, jusqu'à ce que les bras puissants de Jayson se glissent sous les miens et m'attire contre lui. Je suis silencieuse, pensive, paisible. Je bâille doucement, et il me force à m'étendre « Allez, couche-toi. Elle se réveillera bien assez tôt, tu sais ». Je souris doucement, puis me retourne quand son bras se détache de moi, paniquée « Me regarde pas comme ça, j'dois aller faire un tour pour la garde... ». Mes yeux s'ouvrent grands, et lorsque son bras allait devenir hors de portée, je l'attrape, le serre entre mes doigts. Jayson détourne la tête, pose les yeux sur moi, attendant une explication. Ce n'est pas la première fois que j'dois m'endormir seule, seulement ce soir... « Reste ». Une seconde de silence « Quoi? ». Je le tire vers moi, lui faisant poser un genou sur le lit de fortune, mes yeux rivés aux siens « Reste avec moi». Il arque un sourcil. Je ne dis jamais rien. Je ne lui demande jamais rien, mais là, j'ai besoin de lui. J'ai BESOIN qu'il soit là, et tant pis si c'est égoiste. Je mords l'intérieur de ma joue, la lèvre inférieure tremble. Il desserre doucement l'étau de mes doigts sur son avant-bras, puis soupire, sort quelques secondes - j'imagine pour avertir quelqu'un, j'espère - puis revient. Mon coeur se remet à battre. Il se laisse tomber sur le lit, repasse son bras autour de ma taille, et je cale mon dos contre son torse. Je joue avec ses doigts, son souffle dans mon cou « C'est tout? ». Je dis oui de la tête. Je devine qu'il retient un soupir, mais il a la décence de ne pas le faire. Je me retourne légèrement, puis presse mes lèvres sur sa mâchoire, et enfouit mon visage dans son cou. Il baisse la tête, approche son visage du mien que je colle mes doigts sur ses lèvres, puis me retourne, ferme les yeux et puis m'endort, le sourire aux lèvres...
Je secoue la tête parce que je me fais honte. Je devrais pas... je peux pas. C'est inhumain. C'est cruel. Ça fait deux ans que je pense à Morgan quand je suis avec Jayson que le jour, l'instant même où je me retrouve, gracieuseté du Destin, face à l'homme qui me hante depuis le moment où il a disparu de ma vie, je me retrouve à penser à celui qui y est resté depuis la première fois que je l'ai vu. C'est une putain de blague. C'est vraiment un truc ironique, en fait. Je n'ai pas le choix de m'en vouloir, une fois de plus, un tord de plus, une autre tache sur ma conscience. Heureusement, je n'ai plus à penser pendant un moment. Tout ce que je dois faire, c'est m'accrocher. M'accrocher à lui, à cette poigne d'acier qui me retient en haut, me retient à la vie. Ça ne devrait pas être difficile outre mesure, je m'accroche à son souvenir depuis deux ans, un mois et treize jours. Ses yeux. Sa manière de me regarder. J'ai beau me retrouver quelques secondes après avoir lâché un cri de terreur que je ressens une bouffée de chaleur qui me monte dans les joues. La manière dont son regard brille, je n'ai pas vu ça depuis tellement longtemps que ça me frappe de plein fouet. Morgan Bratford me regarde comme il m'avait toujours regardé AVANT le terrible évènement qui avait fait éclaté notre petit bonheur humble et qui ne demandait absolument rien à personne. Il me regarde de la façon qui m'a fait tombé amoureuse de lui. En y mettant du mien, posant le pied, cherchant un appui, me servant de mes avants-bras, déchirant ma peau contre le paroi rocheuse et glissante, je me retrouve pied à terre, me laissant tomber près de Morgan quand celui-ci, sous le mouvement, me relâche de ses paumes brûlantes sur la peau de mes hanches. J'en ressens encore un picotement, il me tenait tellement fort, me retenait avec tellement de détermination, de volonté. Je dois avoir les traces de ses paumes sur celles-ci. Je m'en fiche. Je suis en vie, et Morgan est là, tout près, à portée de main. Je reste immobile pendant quelques minutes, un silence étrange, mais apaisant, comme un baume sur chacune de mes blessures qui ne veulent pas guérir depuis deux longues années. La pluie s'occupe de laver les blessures physiques, inondant mon visage d'une pluie chaude et de plus en plus légère, de moins en moins meurtrière. J'ai les yeux fermés, le souffle court, quand le bout de mes doigts entre en contact avec la main de Morgan. Je pose la mienne dessus, éclectique. Mon coeur se remet à battre comme un fou dans ma poitrine, tandis que j'ouvre les yeux en penchant la tête vers lui, qui fait de même vers moi. Mon coeur fait un saut, bondit, menace de sortir de ma poitrine, alors que ses doigts s'insèrent dans les miens, comme ils avaient habitude de le faire. Ils sont chez eux, à cet endroit. Ma main dans la sienne. Ma main, celle qu'il avait demandé et promis de chérir et de protéger jusqu'à ce que la mort nous sépare. En quelque sorte, la Faucheuse a fait son boulot, mais elle n'a ni pris ma vie ou celle de Morgan, mais un petit bout des deux en nous enlevant Alec...
« Pourquoi je suis ici ? Parce que j’ai eu le malheur de monter dans ce putain d’avion… ». Mon regard est accroché au sien, ma main ne bouge pas, outre des petits soubresauts, ce qui ne fait que resserrer l'étreinte étroite de ses doigts contre les miens. J'esquisse un sourire, le regardant, ne faisant que ça, parce que ça m'avait manqué. Ça m'a tellement manqué de le voir, de l'entendre, de l'écouter rire et de le voir sourire « Enfin, je crois qu’en ce moment, je pense d’avantage que monter dans cet avion est la meilleure chose que j’ai faite depuis ces deux dernières années… ». J'ouvre la bouche, puis la referme. Alors que j'allais dire quelque chose, Morgan franchit la distance qui nous séparait, puis décolle une mèche brune qui me chatouillait la lèvre parce qu'elle était figée sur mon visage par la pluie. J'en ressens une décharge électrique qui me traverse tout entière et, instinctivement, je pose ma main dessus, détourne légèrement la tête pour la frôler du bout des lèvres. Je tremble. Mon corps tout entier est secoué. Je mords ma lèvre inférieure, me forçant à écouter ce qu'il dit, bien que son visage soit si près du mien « Comment est ce possible que quoi ? Que je sois là ? A des milliers de kilomètres de l’endroit où je suis supposé être ? Que je sois avec toi ? ». Je hoche la tête, je m'accroche à son regard pour ne pas perdre conscience, ne pas m'effondrer. Ça tourne autour de moi. Ça tourne autour de nous. J'ai le souffle coupé, le coeur qui souffre d'une arythmie nouvelle et intense. Ses façons. Ses manies. Ces mots qu'il sait si bien utilisé, les phrases qu'il sait dire, les mots qu'il trouve pour panser mes blessures, celles causées par le tord que je lui ai fais et celle de son départ. Une lueur se glisse dans son regard, et comme je le connais, je le connais si bien, je le connais par-coeur, ma main étreint la sienne plus fort au même instant. Je ne sais pas si c'est grace à moi, mais il parvient à continuer. Je lui envie cette capacité d'être capable de s'exprimer « C’est peut être simplement un tour de passe-passe du destin qui a décidé de nous donner une seconde chance… qui sait ? ». Je passe par une gamme d'émotions tellement intense que ça me donne le mal de mer, ça me fait tourner la tête. La surprise, l'incompréhension, la peur, le regret, la peine et l'inconscience. Je réussis à scotcher un sourire sur mes lèvres, je ne sais trop comment, mais je le fais. Je le fais pour lui, pour lui dire sans les mots que je ne saurais dire que.. que je suis bien? Disons que c'est plus compliqué que ça. Je suis... dépassée par les évènements. Je suis abasourdie. Je suis bouleversée, je suis sous le choc « Sora… Ton avion s’est crashé il y a deux ans de cela je te rappelle, une de tes collègues m’a appelé pour me prévenir ». La vie d'avant. L'Australie. Mon travail. Tout me paraît si lointain, maintenant, que ça m'étonne tellement que j'en sursaute « On.. on t'a dit que j'étais morte? ». Puis, sans réfléchir, je me rapproche de lui pour entourer son cou de mes bras. Je n'ai eu qu'à voir le torrent d'émotions qui a traversé son visage d'un trait, sa voix éteinte et ses yeux qui se ferment... Je n'ose pas imaginer si on m'avait fait le coup, à moi aussi. Je ne serais plus là pour pouvoir témoigner. J'aurais pas pu.. j'aurais pas survécu. J'aurais pas eu besoin d'un flingue, de drogues ou d'un immeuble à 50 étages pour me tuer. Le choc aurait suffit. Un départ est une chose, mais la mort c'est... tellement bien. Je me serre contre lui, m'accroche à Morgan pour tenter de réprimer l'envie lascinante de pleurer « Mon Dieu, j’ai prié pour que tu n’ais rien, j’ai prié des heures entières pour qu’ils te ramènent à moi, pour pouvoir te demander pardon, pour pouvoir te quémander une nouvelle chance… ». Je tressaille. Mon corps se tend contre le sien. Sa voix se fait rauque, comme trahie par le choc, les émotions qui nous frappe de plein fouet, lui comme moi. Je me recule légèrement pour pouvoir lui faire face, puis retire doucement sa main de son visage, lui adressant un sourire, faible, mais un sourire quand même. Je passe la main dans ses cheveux, et respire un bon coup avant d'ouvrir la bouche de nouveau « Je suis là, je suis là... j'veux pas partir. J'vais pas partir, c'est promis. Comment je pourrais faire, de toute façon? On a besoin l'un de l'autre, j'ai besoin de toi, moi ».
BORN TO RUN ◢ SECRETS : j'aime toujours mon ex femme. ◢ DISPONIBILITÉ RP: ✔
Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Ven 10 Sep - 1:33
(c) lj.
« The veil of my dreams deceived all I have seen Forgive me for what I have been Forgive me my sins »
Alors que ma main venait se poser sur son visage pour en dégager une mèche de ses cheveux, la main de Sora se pose sur la mienne et, je sens alors une sorte de décharge parcourir mon corps tout entier. Elle m’a tellement manqué que j’ai cru en mourir. Ce contact, le contact de sa peau contre la mienne, le contact de nos mains qui se joignent, instinctivement. Ce contact m’avait manqué plus que je ne l’aurait cru et, jamais je n’avais osé rêver que je pourrais, un jour, le ressentir de nouveau. Mon cœur bat à tout rompre et, j’ai envie de sourire, sans vraiment savoir pourquoi. Peut être parce que je me sens bien. Peut être parce que je sais qu’elle va bien, mieux que je ne l’aurais cru en tout cas. Envie de sourire parce que je suis de nouveau là, avec elle, mes doigts mêlés au sien, ma main sur sa joue, caressant ses cheveux alors qu’elle la saisit pour la porter à ses lèvres. Envie de sourire car j’ai l’impression que ces deux dernières années n’ont été qu’une horrible parenthèse qui, enfin se ferme, comme si elle n’avait jamais existé. Comme si, tout ce que j’avais pu vivre pendant ces deux si longues années n’avait jamais existé. Envie de sourire car j’ai l’impression que plus rien n’existe. Rien à part nous sur ce morceau de roche, comme si la Terre avait cessé de tourner, comme si le monde s’était tut pour nous laisser profiter de ce moment. Envie de sourire car, pour la première fois depuis de nombreuses années, je me sentais enfin vivant, enfin empli d’une joie trop longtemps oublié. Envie de sourire à une sensation que j’avais oublié. Ses lèvres frôlent ma main, je sens alors mon regard glisser jusqu’à sa bouche avec l’envie de l’embrasser qui m’envahit, l’envie de la serrer dans mes bras, d’être plus proche d’elle, de la serrer tout contre moi, pour ne plus jamais qu’elle m’échappe, lui promettre que je ne partirais plus jamais…
Malgré cette envie qui brule en moi, je ne bouge pas, je ne parviens même pas à sourire, je reste là, immobile, concentré sur les mots que je prononce, concentré sur les sensations que je ressens, sur ce bonheur auquel je goute enfin de nouveau alors que j’avais cru que, plus jamais je n’aurais le droit à une chance d’être heureux. Je vois la jeune femme esquisser un faible sourire et mon cœur fait boum. Son sourire, son si magnifique sourire qui fait briller mes yeux de milles étoiles. Son si doux sourire qui fait se dessiner une ébauche de sourire aux coins de mes lèvres. Mais, je poursuis, je continue de dévoiler ce que j’ai à dire, pour lui expliquer ce qui doit être dit. Sur nos crashs respectifs, sur le destin qui semble avoir voulu nous réunir à nouveau, qui semble avoir voulu nous donner une nouvelle chance. Une chance d’être heureux. Ensemble. N’importe où. Tant que c’est ensemble. Je lui parle de la nuit où l’on m’a appris sa mort, elle semble abasourdit. Comme si elle ne se rappelait pas. Comme si le souvenir du crash de son avion remontait à bien trop loin pour qu’elle s’en souvienne. « On.. on t'a dit que j'étais morte? » Mes lèvres tremblent. Mon regard se perd un instant dans le souvenir de cette nuit. Cette nuit où, roulé en boule sur le sol, j’ai cru mourir de douleur, hurlant, frappant le parquet pour espérer calmer la douleur morale par une certaine douleur physique, frappant et hurlant jusqu’à en perdre mes dernières forces. Jusqu’à ce que le sommeil ait enfin raison de moi, me soustrayant à ma douleur l’espace de quelques heures, pour qu’au réveil, la peine soit plus vive encore. Oui, on m’avait dit qu’elle était morte. Les journalistes avaient longuement évoqués le crash de l’avion dans lequel elle était. Le souvenir semblait si vivace dans mon esprit, si récent et si pénible à affronter. Je ne peux soutenir d’avantage le regard de Sora, je ferme les yeux pour sentir bientôt ses bras encadrer mon cou, pour sentir son corps se presser contre le miens, pour enfin la prendre dans mes bras et la serrer contre moi. Mon visage se glisse alors dans son cou tandis que l’émotion prend possession de moi et qu’un torrent de paroles jaillit de ma bouche sans que je ne le veuille vraiment. Toutes ces émotions que j’avais gardées au fond de moi pendant si longtemps, tout ce que j’avais pu ressentir et espérer, la voix tremblante, je les avais exprimées à voix hautes, les offrant à sa destinataire. Ma main se pose devant mon visage. Je ne veux pas qu’elle voit mes yeux se baigner de larmes, je ne veux pas que mes émotions prennent le dessus sur le reste. Et pourtant, je ne peux pas les contenir. Tout est si présent dans mon esprit. La culpabilité, la douleur et ces récentes retrouvailles. Trop d’émotions qui s’entrechoquent dans mon esprit déjà affaiblit par tout ce que j’avais pu vivre ces derniers jours, les reproches de Poppy, les tensions sur le camp, la fatigue, la peine de la perte de ces gens qui étaient morts sur le campement… Tant d’émotions qui ne réclamaient qu’à s’exprimer depuis bien trop longtemps. Comme si le fait de retrouver Sora avait eu pour effet d’appuyer sur l’interrupteur du shaker, pour que toutes ces émotions enfouies depuis mon départ de Sydney se mélangent enfin et me fassent craquer. Ce que je refusais.
La main de la jeune femme se posa sur la mienne, me forçant à l’ôter de mon visage tandis que son autre main se glisse dans mes cheveux. Et, alors que je me décide à replonger mon regard dans le siens, la jeune femme s’adresse à moi, prononçant des mots que je n’aurais jamais espéré entendre. « Je suis là, je suis là... j'veux pas partir. J'vais pas partir, c'est promis. Comment je pourrais faire, de toute façon? On a besoin l'un de l'autre, j'ai besoin de toi, moi » L’une de mes mains se pose sur sa hanche, l’autre glisse le long de son bras, mes doigts effleurant sa peau, jusqu’à atteindre sa nuque, derrière laquelle ils se glissent tandis que mes yeux ne quittent pas les siens. Mon cœur manque un battement. Mes lèvres s’entrouvrent mais, aucun son n’en sort. J’ai tellement de choses à dire mais, aucun mot ne convient à la situation. Je ne trouve pas les mots qui conviendraient le mieux à ce que je ressens en ce moment précis. Il n’y a pas de mots pour exprimer combien je… combien je l’aime. Les mots viennent de se former dans mon esprit. Je viens de formuler des mots sur ce que je ressens mais, je sais pertinemment que je ne pourrais jamais les prononcer. Le matin où j’ai franchis le pas de la porte de notre maison, j’ai fermé mon cœur, je lui ai interdis d’aimer à nouveau, je l’ai forcé à oublier ce que ces mots voulaient dire, pour ne plus jamais souffrir. Pourtant, c’était ces mots là qui correspondaient le mieux, bien qu’ils ne soient pas assez forts. Il n’y avait pas de mots assez forts pour exprimer ce ressentit. Mes doigts caressaient sa nuque. Ma main pressait son corps contre le miens. Mon visage s’approchait dangereusement du siens. Jusqu’à ce que mes lèvres frôlent les siennes, sans toutefois les toucher. « J’aimerais tant pouvoir revenir en arrière, ne jamais être partit, ne jamais t’avoir abandonnée. Parce que… Parce que… » De nouveau, ma voix se brise et, je cherche mes mots. Des mots qui pourraient exprimer au mieux ce que je ressens. Mon amour et ma culpabilité. Des mots qui sauront demander pardon et dire je t’aime, sans pour autant que les larmes ne glissent sur mes joues. « Ce départ à créé un manque au fond de moi… Un manque qui semble ne s’être comblé qu’à l’instant où ta main s’est glissée dans la mienne. » Mes lèvres se posent aux coins des siennes et, dans un murmure à peine audible, j’ajoute. « Tu m’as tellement manqué… »
I'M NOT ALRIGHT ♣ I'm not alright, I'm broken inside. And all I go through, it leads me to You. Burn away the pride. Bring me to my weakness 'til everything I hide behind is gone. And when I'm open wide with nothing left to cling to, Only You are there to lead me on. 'Cause honestly, I'm not that strong.
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Sujet: Re: MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all Ven 10 Sep - 3:19
C'est étrange comme les choses arrivent quand on ne s'y attend plus, quand on était lasses d'espérer un miracle, celui-ci se produit quand on commençait tout juste à s'ajuster à la réalité imposée par le Destin. Deux ans et quatre mois que j'ai perdu Alec, notre fils à naître à Morgan et moi, deux ans et deux mois, treize jours, que Morgan Bratford a quitté son boulot, sa vie, le pays, pour partir loin, loin de moi, ou du moins le peu qu'il restait de moi à ce moment-là. Deux ans que je suis ici, deux ans que mes pas foulent la plage, la jungle, la falaise et les cascades. Deux ans que je me lève chaque matin entre les bras de Jayson O'Toole, deux ans que je fais partie d'une communauté de survivants à un crash d'avion particulièrement éprouvant. Un an que je prends soin d'une toute petite créature, une fillette qui s'appelle Éphigénie, mais que je surnomme Effy ou bébé. Quelques semaines à peine que j'accepte les sentiments qui remontent à la surface quand Jayson dort et que je me trémousse de manière à le regarder, paisible, son bras enroulé autour de ma taille. Quelques semaines à peine que je veux bien admettre que je l'aime pour de vrai et pour de bon à le voir agir avec la petite, le voir tenter d'organiser tout le monde et de rendre service à gauche et à droite sans broncher, rien que pour établir un certain ordre, une certaine hiérarchie, une aura de sécurité et un semblant de société. Une heure à peine que je venais de retrouver l'homme qui hantait mes songes jour et nuit, le seul homme qui aurait décemment eu la moindre chance de me passer la bague au doigt et qui l'avait fait. Quelques minutes à peine que j'avais frôlé la mort parce que j'avais précipité notre sortie de la grotte pour éviter une crise d'angoisse à Morgan qui craignait tout particulièrement les espaces clos et les orages. Quelques secondes à peine que j'avais retrouvé un contact avec son épiderme, avec ses doigts, et voilà que tout le reste vole en éclats tant les sentiments que je ressens, les émotions sont fortes, me bouleversent, me troublent, me font perdre toute notion de temps et d'espace, comme s'il ne restait plus que lui et moi sur cette ile, dans le monde entier, dans tout l'Univers. Mais non, la boule dans ma gorge, le pincement au coeur, la bouche sèche et les tremblements me rappelent que c'est pas le cas. Qu'il s'est bel et bien passé deux ans depuis que je suis ici, un peu plus que lui est parti. J'ai effectivement passé deux ans avec quelqu'un d'autre sans pour autant que... non... pas comme.. je pouvais pas. C'était hors de question, c'était... non, pas après ce que j'avais vécu, ce que j'avais traversé avec Morgan, de notre rencontre à notre "divorce" jusqu'à aujourd'hui, j'aurais pas pu... j'aurais pas imaginé revivre quelque chose comme ça avec quelqu'un. Pourtant, les sourires arrachés, les éclats de rire volés, les moments de douceurs et d'apaisements avec Jayson, ils sont réels, eux aussi, tout comme chacun des instants passés avec Morgan. Si seulement il n'était pas parti, je ne serais jamais tombée amoureuse de mon partenaire, du mec têtu, blasé et orgueilleux que peut être Jayson...
J'ai beau vouloir penser à O'Toole, ses traits s'effacent au fur et à mesure que la distance entre Morgan et moi se raccourcit, qu'à chaque contact, je perds un peu le sens des réalités. C'est comme un rêve éveillé, mais il est si, il paraît si réel... est-ce vraiment lui qui est là? J'en doutais encore jusqu'au moment où il glisse ses doigts entre les miens, entrelaçant nos mains de façon à ne faire qu'une seule et unique. Je reconnais le sentiment que cela m'inspire, le frisson qui me traverse l'échine quand il porte sa main à ma joue pour replacer une mèche, ma main s'empressant de se poser sur la sienne, mes lèvres cherchant leur part, je frôle sa paume de ma bouche légèrement entrouverte. C'est irréel, c'est absolument étourdissant que de se sentir encore renversée par les mêmes sentiments près de trois ans plus tard. Trois ans, un peu moins qu'on s'est marié, encore un peu moins que je suis tombé enceinte et... la suite, cette horrible suite, on la connait. J'en porte la preuve, le souvenir, la brûlure, sur mon ventre. Ce souvenir débute sur mes cotes flottantes du côté gauche jusqu'à disparaître à la chute de mes reins, souvenir heureusement couvert par des étoffes de tissus qui nous permet d'oublier, ne serait-ce un temps, ce qui a tué le nous que l'on formait là-bas, en Australie. Lui, le prometteur procureur de la Couronne, ambitieux, franc, déterminé et particulièrement charismatique avec la prometteuse agente Tarissi, promue à la tête de l'équipe de la brigade de police scientifique particulièrement brillante, douée et passionnée. On aurait du devenir un de ces couples exemplaires à qui tout réussi, mais ça n'a pas été le cas. Une seule décision a tout changé, tout bouleversé. Je remarque la douleur qui le prend là, maintenant, alors qu'il me souffle à demi-voix qu'il a passé des mois à croire que j'étais morte, que j'étais partie dans un endroit où il n'y avait plus possibilité de retour en arrière. Mais j'étais là, vivante, à prendre soin de Jayson qui s'était pris des dommages sérieux lors de l'écrasement du vol en partance de Sydney pour que l'on ait réglé une affaire aux États-unis. Devant l'éloquente, la douloureuse expression de la souffrance de Morgan Bratford, je ne trouve pas les mots, une des seules choses qui demeurent, évidemment, alors je m'approche de lui pour passer doucement mes bras autour de sa nuque, poser mon menton au creux de son épaule et de caler mon corps contre le sien, comme avant... comme avant. Les bras de l'homme avec les plus beaux yeux du monde, yeux que je priais Dieu pour qu'Alec possède les mêmes, m'enferment et me rapprochent de lui aussi près qu'il est humainement possible de l'être. J'inspire son parfum à plein poumon, sentant son visage au creux de mon cou, réprimant un frisson. On reste comme ça pendant... je ne sais pas. Je ne sais plus, et en quoi c'est important, finalement? Quand il se détend un peu, décrispe notre étreinte, je recule légèrement la tête pour le voir, mains au visage, chose que je m'empresse de corriger. Il n'a pas à avoir honte de quoi que ce soit. Jamais. Jamais avec moi, jamais devant moi...
Pour l'encourager à se calmer, je glisse mes doigts de la base de sa nuque jusqu'à sa chevelure, me rappelant l'avoir fait des centaines, non, des milliers de fois avant. Il fermait doucement les yeux, se laissait faire en s'endormant tandis que je jouais dans ses cheveux fins, en bataille constamment peu importe ce qu'il tente. J'embrassais la base de son menton, me retournait et m'enfouissait dans ses bras, m'endormant dos contre son torse, son souffle dans mon cou... exactement comme je fais avec Jayson. J'ai un haut le coeur que je réprime de peine et de misère, parce que je me sens coupable, tellement, tellement coupable. Pour mon fils, pour notre fils. Pour ce bonheur qui m'était interdit que je ressentais chaque fois que je me trouvais avec bébé et Jayson alors que je continuais, je persistais encore à penser à lui. Lui qui se trouve devant moi. Lui que j'aime encore éperdument, comme une folle, autant que la première fois que je l'ai vu, autant que le jour où je lui ai dis oui... seulement, seulement les choses sont différentes. Le temps panse peut-être les blessures, la mienne est toujours à vif, mais si elle n'a pas bouffé toute mon âme, c'est uniquement et exclusivement grâce à O'Toole. La main de Morgan au creux de ma hanche me rappelle à cette réalité rêvée maintes fois, mais qui a un goût de cendre tout à coup. Je pourrais savourer mes retrouvailles avec lui et ne penser à rien, mais je ne peux pas. J'suis pas comme ça. Mon corps pourtant trompe ma morale, parce que je tressaillis, un frisson qui me traverse tout entière, de la base du cou jusqu'en bas de la colonne vertébrale, alors que les doigts de Morgan finissent par atterrir sur ma nuque, après un parcours délicat le long de mon épiderme. Je me mords la lèvre en sentant ses caresses et mon bassin qui se rapprochait inexorablement du sien, tout comme son visage. Je la mords si fort que j'échappe un juron. Pas les mots rêvées, mais j'suis pas un rêve, j'suis pas parfaite, je suis maladroite, maladroite avec les mots, maladroite avec les émotions et les sentiments, aussi. Morgan le sait, oh oui, il le sait plus que tous les autres... « J’aimerais tant pouvoir revenir en arrière, ne jamais être partit, ne jamais t’avoir abandonnée. Parce que… Parce que… ». J'ai arrêté de respirer à ce quasi-goût sucré de ses lèvres qui sont passées si proches des miennes. J'ai arrêté de respirer à ses propos, aussi « Ce départ a créé un manque au fond de moi… Un manque qui semble ne s’être comblé qu’à l’instant où ta main s’est glissée dans la mienne. ». Mon coeur rate un battement. Mon regard s'accroche au sien, des perles d'eau salée s'accroche à mes cils contre mon gré. Je ferme les yeux en le sentant presser ses lèvres à la commisure des miennes « Tu m’as tellement manqué… » que j'entends. Ça y est, ça déborde. Ça glisse sur mes joues alors que je relève la main pour poser mes doigts sur ses lèvres, les miennes tremblent, mon corps aussi. D'ivresse, entre autres « J'aurais du te rattraper, Morgan. J'aurais pu si j'avais eu ta force et ton courage, mais je ne suis que moi. La fragile, l'idiote, l'inconsciente Sora Tarissi et je t'ai laissé me quitter sans te retenir... ». Je respire un coup, ravale un sanglot. Continue, puisque les mots viennent, ils viennent enfin, deux ans plus tard, deux ans TROP tard « Ça a été terrible, ça faisait tellement mal, c'était à peine si j'pouvais respirer, à peine si j'osais bouger. Ça a diminué, mais je me réveille encore en sursaut en cherchant, en te cherchant toi. Pourquoi t'es si dur à oublier, Morgan? Pourquoi tu m'es aussi nécessaire que l'air que j'respire? Pourquoi... ». Ma voix se casse, ma lèvre tremble. Je me demande comment je peux l'aimer encore autant même si je suis AUSSI amoureuse d'un autre...
MORGAN ☆ the brave may not live forever, but the cautious do not live at all